par Yousef Saba
DUBAÏ, 10 mai (Reuters) - Saudi Aramco a fait état dimanche d'une hausse de 25% de son bénéfice au titre du premier trimestre, malgré les tensions entre les États-Unis et l'Iran qui entravent le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, alors que l'oléoduc est-ouest du géant pétrolier public fonctionne à pleine capacité pour atténuer l'impact sur l'approvisionnement.
Le premier exportateur mondial de pétrole a enregistré un bénéfice net de 32,5 milliards de dollars (27,56 milliards d'euros) sur le trimestre clos au 31 mars, dépassant le consensus établi par LSEG qui s'élevait à 30,95 milliards de dollars.
Le chiffre d'affaires total de Saudi Aramco a bondi de près de 7% sur un an pour atteindre 115,49 milliards de dollars, grâce à la hausse des prix et des volumes, tant pour le pétrole brut que pour les produits raffinés et chimiques.
Le blocage de facto du détroit d'Ormuz imposé par l'Iran dans sa guerre avec les Etats-Unis a réduit l'approvisionnement en énergie et fait grimper les prix, poussant Aramco à accroître ses flux de brut depuis sa côte est vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge.
UN APPROVISIONNEMENT FIABLE JUGÉ ESSENTIEL
"Notre oléoduc est-ouest, qui a atteint sa capacité maximale de 7,0 millions de barils de pétrole par jour, s'est révélé être une artère d'approvisionnement cruciale, contribuant à atténuer l'impact d'un choc énergétique mondial", a déclaré Amin Nasser, directeur général d'Aramco, ajoutant qu'un "approvisionnement énergétique fiable est essentiel".
L'oléoduc peut fournir environ deux millions de barils par jour aux raffineries de la côte ouest de l'Arabie saoudite, tandis que cinq millions de barils par jour sont réservés pour les exportations.
Avec la guerre israélo-américaine contre l'Iran, l'Arabie saoudite a réduit sa production de deux millions de barils par jour.
Le bénéfice net trimestriel ajusté d'Aramco s'est élevé à 33,6 milliards de dollars, dépassant la prévision médiane des analystes fournie par le groupe, qui était de 31,16 milliards de dollars. Ce chiffre exclut 1,06 milliard de dollars d'éléments comptables non opérationnels.
Les dépenses d'investissement ont légèrement reculé à 12,1 milliards de dollars au cours du trimestre, après 12,5 milliards engagés un an plus tôt, ce qui représente une forte baisse par rapport aux 13,4 milliards du quatrième trimestre. Aramco avait prévu entre 50 et 55 milliards de dollars de dépenses d'investissement pour cette année.
HAUSSE DU DIVIDENDE POUR T1
Aramco a annoncé un dividende de base de 21,9 milliards de dollars pour le premier trimestre, en hausse de 3,5% par rapport à l'année précédente et payable au deuxième trimestre, conformément aux prévisions de dividendes totaux de 87,6 milliards de dollars pour 2026.
Le groupe a également initié en 2023 un dividende lié à la performance, indexé sur le flux de trésorerie disponible.
L'État saoudien dépend fortement des versements d'Aramco pour financer les dépenses intérieures et combler les déficits budgétaires. L'Etat détient directement près de 81,5% de la société, tandis que le Fonds d'investissement public contrôle 16% du capital.
Le flux de trésorerie disponible a reculé à 18,6 milliards de dollars, contre 19,2 milliards un an plus tôt, sous l'effet d'une hausse de 15,8 milliards de dollars du fonds de roulement. Le ratio d'endettement d'Aramco, mesure de la dette par rapport à ses capitaux propres, est passé à 4,8% au 31 mars, contre 3,8% à la fin de 2025.
(Rédigé par Yousef Saba; version française Claude Chendjou)
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