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Quelles sont les actions les plus chères de la Bourse de Paris?

samedi 24 novembre 2018 à 08h00
Compagnie du Cambodge fait partie aujourd'hui du groupe Bolloré

(BFM Bourse) - La cote parisienne comprend quelques curieux spécimens d'actions dont le prix unitaire compte jusqu'à quatre chiffres. Théoriquement négociables, ces "gros titres" pâtissent souvent d'une très faible liquidité, ce qui peut provoquer d'importants décalages du cours. Mais ils peuvent aussi réserver de bonnes surprises à leurs actionnaires minoritaires.

Dans ce classement des 15 actions les plus chères de la Bourse de Paris, nous avons décidé d'exclure les valeurs du marché libre d'Euronext qui n'est pas réglementé.

N°15. Robertet : 538 euros

Créée en 1850 et établie en 1883 à Grasse, berceau français de la parfumerie, Robertet est l'une de ces sociétés familiales relativement discètes, mais qui connaît un rayonnement international. La firme est en effet le numéro 1 mondial des ingrédients naturels, notamment les produits aromatiques destinés à la parfumerie. Actuellement dirigée par la quatrième et cinquième génération de la famille Maubert, Robertet réalise plus de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, avec des implantations sur les cinq continents. Le groupe familial Maubert contrôle l'entreprise avec une majorité des droits de vote et 46,92% du capital. A ses côtés figurent de longue date deux sociétés de gestion résolument axées sur l'investissement "value", First Eagle et International Value advisors. Conjointement, ils détiennent plus des trois quarts du capital.

N°14. Malteries Franco-Belges : 610 euros

Depuis 1994, les Malteries Franco-Belges appartiennent à un géant agroalimentaire méconnu, le Groupe Soufflet. L'entreprise est l'un des plus gros producteurs de malt, ingrédient indispensable de la production de whisky et surtout de bière. Avec 253 milliers de tonnes produites l'an dernier, les Malteries Franco-Belges jouent ainsi un rôle majeur dans cette filière où la France est particulièrement en pointe, puisque l'hexagone est le premier exportateur mondial de malt (80% de la production nationale est exportée, soit 1,2 million de tonnes par an). Mais le parcours boursier de la société touche peut-être à sa fin : Soufflet a en effet annoncé début novembre son projet de racheter les 7,93% du capital qu'il ne détient pas encore, au prix de 600 euros par action - un niveau jamais atteint précédemment par le titre, représentant une prime de 22% par rapport au cours précédent l'annonce. "La faible liquidité du titre ainsi que la relative complexité des structures juridiques de l'initiateur " ont conduit celui-ci à s'interroger sur l'intérêt de maintenir cette cotation, a expliqué Soufflet, qui compte retirer Malteries Franco-Belges de la cote s'il obtient au moins 95% du capital à l'issue de l'offre.

N°13. Société des Brasseries de l'Ouest Africain : 690 euros

Filiale de la société des Brasseries et Glacières Internationales (BGI, ex-Brasseries et Glacières d'Indochine), la SOBOA appartient au géant vinicole Groupe Castel, n°1 des vins français et n°3 des vins au niveau mondial. Via BGI, qui est partenaire notamment de SABMiller et d'Heineken suivant les régions, le groupe est aussi n°2 de la bière et des boissons gazeuses en Afrique. Présente au Sénégal depuis 1929, la Société des Brasseries de l'Ouest Africain produit la marque de bière légère La Gazelle, la plus populaire du Sénégal, ainsi que la Flag Spéciale, originaire du Maroc et la Panther... Longtemps hégémonique sur ce marché, la SOBOA est cependant désormais concurrencée par Heineken avec son Ivoire. SOBOA est aussi le licencié local de Coca-Cola et produit ses propres soft-drinks comme Vimto et Judor.

N°12. Unibel :705 euros

A ne surtout pas confondre avec Unibail, le géant de l'immobilier commercial (aujourd'hui Unibail-Rodamco-Westfield), Unibel est la holding animatrice du groupe coté Fromageries Bel, le propriétaire de la Vache qui rit, Boursin, Leerdammer ou Port Salut, récemment diversifié dans les desserts avec le rachat de Mont-Blanc-Materne. Cet ensemble réalise plus de 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Créée dans les années 1920 par la famille Fiévet sous le nom de "La Carbonique" (pour fabriquer du dioxyde de carbone industriel, utilisé notamment dans la réfrigération et... l'adjonction de bulles dans les boissons pétillantes), la société est devenue l'actionnaire majoritaire de Bel en 1987, ayant entre-temps cédé sa branche gaz. Les descendants des fondateurs possèdent 80% du capital d'Unibel, qui détient 67,7% des Fromageries Bel (Lactalis en possédant 24,1% de son côté).

N°11. Forestière équatoriale :750 euros

La Forestière Equatoriale est une des société du groupe Bolloré. Comme souvent dans ce conglomérat, l'entreprise prend à la fois la place d'une des poupées russes dans la cascade de holdings (entre Compagnie du Cambodge, Financière du Champ de Mars et Société Bordelaise Africaine), tout en détenant une activité propre, ici sa participation dans la société ivoirienne Sitarail, exploitant le réseau ferroviaire reliant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Siégeant à Abidjan, l'entreprise réalise ainsi la totalité de son chiffre d'affaires en Afrique. Les échanges sur le titre sont pratiquement inexistants, il arrive qu'une année s'écoule sans aucune transaction.

N°10. Financière de l'Odet : 780 euros

Autre émanation de l'empire Bolloré, la Financière de l'Odet est sans doute la holding la plus animée de la galaxie en dehors du groupe éponyme. Odet est le nom du fleuve breton qu'on retrouve également dans les initiales du papier à rouler OCB (Odet-Cascadec-Bolloré), qui n'appartient plus à Bolloré aujoud'hui. La société chapeaute directement 64,1% du capital de Bolloré. Son propre tour de table est en retour contrôlé par une série de holdings aux sonorités exotiques (une des marques de fabrique du groupe) : Sofibol, Compagnie du Cambodge, Artois, Moncey, Imperial Mediterranean et Nord-Sumatra Investissements. Comme cela est fréquemment le cas pour une holding, Odet tend à être moins valorisé en bourse que la valeur théorique de sa participation dans Bolloré.

N°9. EPC Groupe via EXPL : 865 euros et EPCP 840 euros

La Société Anonyme d’Explosifs et de Produits Chimiques a été créée à la fin du XIXe siècle, ce qui en fait l'une des doyennes de la cote. Fait remarquable, elle n'a connu depuis 1893 que quatre dirigeants, en comptant l'actuel PDG Oliver Obst ! Son capital est constitué d'actions ordinaires (code EXPL) et de parts de fondateurs (EPCP). Pionnier dans la technologie des explosifs industriels, ce métier reste aujourd'hui la première activité de l'entreprise avec pour principaux débouchés le forage-minage et la démolition. EPC a aussi développé une activité de logistique spécialisée, dédiée au transport de marchandises dangereuses et d'explosifs, produit des additifs pour carburant, et offre aussi des services de déconstruction (que ce soit par foudroyage ou par moyens mécaniques) et de désamiantage de bâtiments.

N°8. Burelle : 910 euros

Cette société anonyme n'est autre que la holding dans laquelle est logée la participation de la famille fondatrice de Plastic Omnium. Créé en 1946 par Pierre Burelle (disparu en 2011 à 98 ans), dirigé aujourd'hui par son fils Laurent Burelle, le plasturgiste est devenu l'un des principaux équipementiers automobile mondiaux. Le principal actif de Burelle SA est donc sa participation de 58,5% dans la compagnie Plastic Omnium, mais détient aussi une société immobilière, la Sofiparc, et une entité dédiée au private equity et à la dette high yield, Burelle Participations. Comme dans le cas d'Odet vis-à-vis de Bolloré, Burelle est moins valorisé en bourse que la valeur théorique de sa participation dans POM, ce qui a amené la famille à se renforcer au capital de la société faîtière.

N°7. Dassault Aviation : 1381 euros

Lorsqu'on cite Dassault en Bourse, on pense généralement à Dassault Systèmes, qui a d'ailleurs récemment fait son retour au CAC 40, mais on évoque plus rarement Dassault Aviation - qui a pourtant donné naissance à l'éditeur de logiciel. Sans atteindre la valeur de Dassault Systèmes (plus de 26 milliards d'euros), la capitalisation de l'avionneur est pourtant loin d'être négligeable (11 milliards d'euros, soit davantage que des entreprises telles que Veolia, Klepierre ou Alstom). Le prix à quatre chiffres du titre peu décourager les petits porteurs, cependant l'action fait l'objet d'échanges nettement plus soutenus que la plupart des autres valeurs de la présente liste.

N°6. Sofragi : 1430 euros

La Sofragi (Société française de gestion et d'investissement) est une société d'investissement à capital fixe (Sicaf) : cela signifie que contrairement à une Sicav (dont le capital varie en fonction des souscriptions et des rachats) les actionnaires n'ont pas la possibilité de faire reprendre leurs parts à tout moment. L'objectif est donc un placement à long, voire très long terme. La totalité des revenus perçus et des plus-values nettes sont réparties entre les actionnaires, la Sicaf étant elle-même exonérée d'impôt. Ses principaux actionnaires sont des institutionnels comme Aviva et le groupe de prévoyance Agrica. D'après le dernier dividende versé, Le rendement théorique atteint près de 10% mais attention : la rémunération varie fortement en fonction de la santé des marchés.

N°5. Fermière du Casino Municipal de Cannes : 1470 euros

Sans faire littéralement partie du groupe casinotier Lucien Barrière, le groupe SFCMC bénéficie d'un accord commercial qui lui permet d'exploiter le Casino Barrière de Cannes Croisette (à l'origine casino municipal de Cannes) et le Barrière Les Princes. Outre ces deux casino, SFCMC est active dans l'hôtellerie de luxe et la restauration, avec trois hôtels (le Gray d'Albion, le Majestic et désormais Le Carl Gustaf à St-Barth), huit restaurants, un spa et neuf bars. La famille Desseigne-Barrière possède la majorité du tour de table, qui comprend également des investisseurs comme Marc Ladreit de Lacharrière. Le flottant se réduit à 6,15%.

N°4. Artois : 5350 euros

La Société Industrielle et Financière de l'Artois est une des holdings de l'ancienne galaxie de la banque Rivaud, aujourd'hui contrôlée par Bolloré via sa holding luxembourgeoise Socfin. Dotée d'une activité propre, autour de la fabrication et de la commercialisation de terminaux spécialisés, la financière de l'Artois détient surtout des participations dans des entités apparentées comme la Financière du Loch, la Plantations des Terres Rouges et d'autres sociétés issues de la banque Rivaud. En retour son capital est réparti entre le Groupe Bolloré, la Financière Moncey ou la Compagnie du Cambodge.

N°3. Financière Moncey : 5450 euros

La Financière Moncey est un autre rouage clé de dans l'imbrication de holdings financières constituant l'empire Bolloré. Elle est détenue par la Compagnie du Cambodge, la Société des Chemins de Fer et Tramways du Var et du Gard, Plantations des Terres Rouges et d'autres sociétés du groupe Bolloré, ne laissant que 3,74% entre les mains du public. L'essentiel de ses actifs sont constitués de ses participations dans la Société Industrielle et Financière de l'Artois ainsi que la Compagnie des Tramways de Rouen. Moncey contrôle par ailleurs IER, une entreprise qui produit des bornes de recharge (pour Autolib’ et les autres réseaux de véhicules électriques proposés par Bolloré) et qui opère également dans le contrôle du passage piéton. Ce titre est très peu liquide, plusieurs semaines pouvant s'écouler sans aucune transaction.

N°2. Compagnie du Cambodge : 5700 euros

La société complète le trio de l'ancienne galaxie Rivaud désormais intégrée à Bolloré. Le système de participations croisées rend encore une fois difficile de situer précisément sa place parmi l'enchevêtrement de sociétés du groupe. Jusqu'à l'apport de Havas à Vivendi, elle portait la participation de Bolloré dans le groupe de publicité. Aujourd'hui elle détient une majorité du capital de la Forestière Equatoriale, une participation dans IER et 11,5% de Socfin. Quelques transactions mensuelles interviennent sur le titre.

N° 1. Eurofins Cerep : 6100 euros

L'action n'est arrivée dans cette énumération des actions les plus chères que l'année dernière, à la faveur d'un regroupement par 50 du nominal du titre. Les actionnaires se sont automatiquement retrouvés avec cinquante fois moins de titres en portefeuille, mais d'une valeur multipliée instantanément par 50. Ce qui ne devrait rien faire pour améliorer la liquidité du titre, alors qu'Eurofins détient maintenant 95,78% du tour de table. Partenaire de l’industrie pharmaceutique, l'entreprise procède aux tests de nouvelles molécules destinées à devenir des traitements expérimentaux, ce à un niveau très en amont des essais chez l'homme et même chez l'animal, pour déterminer les propriétés pharmacologiques, le métabolisme et la toxicité potentielle des candidats-médicaments. Cette activité vise à réduire le temps et le coût de développement des médicaments en décelant très tôt les plus prometteurs tout en éliminant les molécules qui ont le plus de risques d'échouer en développement. Introduite au Nouveau Marché en 1998, la société a connu l’euphorie des années 2000 avant de nombreuses années de vaches maigres jusqu'à la prise de contrôle par Eurofins en 2013.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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