(BFM Bourse) - Les actions des banques et des sociétés émettrices de cartes de crédit souffrent ce lundi 12 janvier à Wall Street, en réaction à la proposition de Donald Trump de plafonner à 10% les taux d'intérêt des cartes de crédit.
Donald Trump lance les grandes manœuvres en amont des élections de mi-mandat prévues en novembre 2026. Pour flatter un électorat soucieux de son pouvoir d'achat, le président américain multiplie les annonces en ce sens.
En novembre dernier, il avait évoqué l'idée d'émettre des chèques de 2.000 dollars aux bénéfices de la plupart des ménages, pour compenser les surcoûts induits par les droits de douane. Avant que Scott Bessent ne tempère cette promesse de Donald Trump destinée à adoucir le coût de la vie aux États-Unis.
Vendredi 9 janvier, Donald Trump a cette fois pris pour cible les banques et autres sociétés émettrices de cartes de crédit estimant que "les Américains se font arnaquer par les entreprises de crédit qui imposent des taux de 20% à 30%, parfois plus", dans un message posté sur son réseau social Truth Social.
"J'appelle à la limitation, pour un an, des taux à 10%", a-t-il ajouté. Cette décision serait appliquée à compter du 20 janvier, mais le président américain n'a, pour l'instant, pas précisé les modalités de cette mesure.
À Wall Street, les entreprises spécialisées dans le crédit à la consommation, qui sont donc concernées en premier chef par cette potentielle mesure souffrent. Les actions Bread Financial Holding chutent de 11%, celles de Synchrony Financial, Capital One lâchent près de 10%, tandis qu'American Express plie de 4,4% dans les premiers échanges ce lundi 12 janvier à la Bourse de New York. Visa et Mastercard reculent pour leur part leur part de 2,6%, quand Citigroup trébuche de 2,9%, JPMorgan Chase, de 1,3% et Bank of America de 0,7%.
Les cinq organisations regroupant les banques du pays ont réagi à ces annonces alertant dans un communiqué commun, sur un risque d'assèchement" du marché du crédit.
Un potentiel coup de frein à la consommation
Les analystes suggèrent également qu'un plafonnement des taux entraînerait un resserrement des conditions de crédit, et par ricochet, un coup de frein sur la consommation, le grand moteur de l'économie américaine.
Cité par Marketwatch, John Hecht analyste chez Jefferies explique que ces sociétés seraient plutôt amenées à resserrer leurs critères d'octroi de crédit, excluant ainsi les emprunteurs ayant des cotes de crédit plus faibles. Ce qui entraînerait, "une baisse des ventes au détail et de la consommation dans l'ensemble de l'économie, ce qui nuirait au PIB", a-t-il aussi fait remarquer.
Aux États-Unis, les ménages ont beaucoup recours au crédit à la consommation. Selon les données de la Réserve fédérale (Fed), l'encours total des cartes de crédits aux États-Unis dépassait les 1.300 milliards de dollars fin novembre, et représentait la quatrième source d'endettement des foyers.
Les taux moyens appliqués sur les cartes de crédit étaient proches de 21% fin novembre, selon les données de la Fed de Saint-Louis.
John Hecht ajoute que même si American Express dispose d'une clientèle plus haut de gamme, "à première vue", un plafond de 10% pourrait tout de même réduire sa marge d'intérêt nette de 9,2% à environ 5,7%.
Cette annonce ne fait cependant pas que des perdants. Les entreprises spécialisées dans le "pay now buy later", soit le paiement fractionné, progressent car elles représentent une alternative au crédit à la consommation. C'est le cas, par exemple, de la fintech Klarna qui prend 3,5%.
