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Plus que jamais au sommet de la Bourse européenne, le champion des semi-conducteurs ASML voit encore la demande pour ses machines exploser et relève ses objectifs

Aujourd'hui à 13:23

(BFM Bourse) - La société néerlandaise a publié ses résultats du troisième trimestre ce mercredi 14 octobre, avec une marge et un bénéfice par action supérieurs aux attentes. Le groupe a relevé ses objectifs pour l'année en cours.

ASML est désormais confortablement installé dans son fauteuil de première capitalisation européenne. Le groupe néerlandais pèse actuellement un peu moins de 600 milliards d'euros en Bourse, ce qui lui confère une très large avance face à son dauphin, le laboratoire suisse Roche (318 milliards d'euros).

L'entreprise basée à Veldhoven, dans le Brabant-Septentrional, a consolidé sa position de numéro un européen grâce à un rallye boursier de 67% sur l'ensemble de 2026.

ASML a tiré partie de la forte demande pour ses technologies. ASML conçoit des machines utilisées pour la photolithographie, une technologie indispensable à la création de semi-conducteurs.

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Nécessité de hausser la production

Comme l'explique Morningstar, il s'agit d'un "processus dans lequel une source de lumière est utilisée pour exposer les motifs d’un circuit intégré sur une tranche de silicium ("wafer") à partir d'un photomasque". Ces faisceaux de lumière permettent ainsi de créer des minuscules circuits sur les puces informatiques.

Les outils de lithographie "EUV" (par rayonnement ultra-violet extrême) constituent la nouvelle génération de produits de la société. Selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ce procédé permet de tracer des motifs plus fins pour traiter toujours plus d'informations, avec une longueur d'onde réduite. Et donc, in fine, de permettre la production de puces plus puissantes.

La société possède une part de marché de 90% sur le marché des outils de photolithographie et compte parmi ses clients TSMC, Samsung, SK Hynix, Intel ou encore Micron.

Or ces derniers groupes voient leur activité exploser en raison de l'essor de l'intelligence artificielle, ce qui les pousse à produire davantage. Notamment les puces mémoire, indispensables au bon fonctionnement des data centers. Et sur lesquelles une pénurie s'observe actuellement. Le groupe représente donc un maillage essentiel dans le développement des technologies d'intelligence artificielle (IA).

La demande pour ses produits ne cesse de s'amplifier au point que sa production a du mal à suivre. Le groupe avait annoncé en juillet vouloir augmenter ses capacités de 30% cette année et puis de 30% supplémentaires en 2028.

Toutefois cela ne suffira pas. "Compte tenu de (l')excellente visibilité et d’une dynamique du carnet de commandes qui ne cesse de s’accélérer d’un trimestre à l’autre cette année, nous estimons désormais que notre offre, telle qu’elle est actuellement prévue pour 2027 et 2028, ne suffira pas à satisfaire pleinement la demande de nos clients", a déclaré ce mercredi Christophe Fouquet, le directeur général d'ASML, cité dans un communiqué.

"Dans ce contexte, nous étudions les moyens d’augmenter notre capacité pour 2028 au-delà de la hausse de 30% que nous avions précédemment annoncée", a-t-il ajouté.

Christophe Fouquet a par ailleurs indiqué qu'en raison de l'ampleur de leurs investissements dans l'intelligence artificielle, les clients du groupe ont manifesté leur intérêt pour passer des commandes à horizon 2029 voire 2030.

Résultats supérieurs aux attentes

Les commentaires du dirigeant ont accompagné la publication des résultats du troisième trimestre d'ASML qui sont globalement ressortis au-dessus des attentes.

Sur la période allant de juillet à fin septembre, l'entreprise a dégagé des revenus de 11,67 milliards d'euros, en hausse de 25% sur un an, tandis que la marge brute, très scrutée par les analystes, a augmenté de 3,5 points de pourcentage, à 57,5%. Le bénéfice a grimpé de 70% à 4,96 milliards d'euros et le bénéfice a atteint 12,95 euros contre 7,59 euros.

Selon un consensus cité par Oddo BHF, les analystes tablaient sur des revenus de 11,72 milliards d'euros, une marge brute de 56% et un bénéfice par action de 10,87 euros.

Le groupe a publié ses objectifs pour le quatrième trimestre, tablant sur des revenus situés entre 14,2 milliards d'euros et 15,2 milliards d'euros ainsi que sur une marge brute d'environ 57%. La société a dépassé les attentes puisque le consensus était logé à 14,3 milliards d'euros pour le chiffre d'affaires et à 56,7% pour ma marge.

La société a également relevé ses objectifs pour 2026, tablant désormais sur des revenus compris entre 44 et 45 milliards d'euros, avec une marge brute d'environ 56%, contre 43 à 45 milliards d'euros précédemment pour le chiffre d'affaires, et entre 54% et 56% pour la marge brute.

Citi estime que les points les plus critiques de la publication restent les commentaires concernant l'augmentation de capacité prévue vers 2028 et la demande des clients qui devrait se prolonger jusqu'en 2029-2030.

UBS estime que les résultats sont globalement conformes aux anticipations, "ce qui pourrait s'avérer quelque peu décevant compte tenu des attentes élevées qui pesaient sur cette publication".

"Néanmoins, ces résultats laissent entrevoir un carnet de commandes bien rempli pour le prochain trimestre et renforcent la confiance dans une évolution favorable de la marge brute", ajoute la banque suisse.

Victime de la géopolitique

À la Bourse d'Amsterdam, la réaction reste mesurée. Le titre prend 1,1% vers 13h après avoir gagné jusqu'à 3,5% dans la matinée.

Le groupe néerlandais pâtit en parallèle des incertitudes provoquées par le "Match Act", une proposition de loi américaine qui viserait à restreindre l'accès à la Chine des technologies de puces les plus avancées – dont les machines parmi les plus avancées d'ASML, les DUV - tout en empêchant la maintenance pour les installations déjà présentes.

Cité par Reuters, le directeur financier d'ASML, Roger Dassen, a qualifié le "Match Act" de mauvaise idée et a déclaré à des journalistes que si ce texte était adopté après les élections de mi-mandat aux États-Unis, cela accélérerait le développement par la Chine d’une technologie concurrente sur son propre territoire.

Dans une récente note, Bank of America s'attendait à ce que cette épée de Damoclès soit levée d'ici à la fin de l'année.

"Les incertitudes concernant la capacité d'ASML à livrer des équipements DUV en Chine restent un sujet brûlant parmi les investisseurs. Nous estimons toutefois que ce facteur est probablement déjà largement pris en compte dans le cours de l'action et nous nous attendons à ce que des éclaircissements sur les modalités et la mise en œuvre de cette situation soient apportés après les élections de mi-mandat aux États-Unis et les négociations sur le budget de la Défense américain", écrivait Bank of America.

"La Chine n'a pas aujourd'hui la capacité de produire ses propres outils de lithographie ; ainsi, sans les outils à immersion d'ASML (comme les DUV), les fonderies et les fabricants de puces mémoire les plus avancés du pays verraient leur capacité à accroître leur production limitée", expliquait de son côté Citi en avril.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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