(BFM Bourse) - Le groupe a atteint mercredi une capitalisation boursière de 674 milliards de dollars, dépassant le précédent plus haut enregistré par le laboratoire danois Novo Nordisk, il y a deux ans.
Le groupe néerlandais ASML trône plus que jamais au firmament de la Bourse européenne.
Le groupe basé à Veldhoven, dans le Brabant-Septentrional, a enregistré une hausse de 1,6% mercredi 4 juin, atteignant une capitalisation boursière (la valeur de la totalité des actions) de 674 milliards de dollars au plus haut de la séance, selon Bloomberg.
D'après les données de l'agence, la société néerlandaise a battu le précédent record pour un groupe européen coté en Bourse qui était détenu par le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk (659 milliards de dollars, fin juin 2024), spécialiste des médicaments anti-obésité et antidiabétiques.
L'action ASML prend 56,4% depuis le 1er janvier et 121% sur un an. Ce jeudi 4 juin, le titre perd toutefois 3%, l'ensemble des groupes de semi-conducteurs étant plombés par les perspectives décevantes de l'américain Broadcom.
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Forte demande
La société batave tire pleinement profit de la forte demande pour ses technologies. ASML conçoit des machines utilisées pour la photolithographie, une technologie indispensable à la création de semi-conducteurs.
Comme l'explique Morningstar, il s'agit d'un "processus dans lequel une source de lumière est utilisée pour exposer les motifs d’un circuit intégré sur une tranche de silicium ("wafer") à partir d'un photomasque". Ces faisceaux de lumière permettent ainsi de créer des minuscules circuits sur les puces informatiques.
"ASML occupe une position dominante dans une étape cruciale de la fabrication des semi-conducteurs", résume Barclays.
Les outils de lithographie "EUV" (par rayonnement ultra-violet extrême) constituent la nouvelle génération de produits de la société. Selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ce procédé permet de tracer des motifs plus fins pour traiter toujours plus d'informations, avec une longueur d'onde réduite. Et donc, in fine, de permettre la production de puces plus puissantes.
Les grands clients de l'entreprise néerlandaise restent les fondeurs de puces, c'est-à-dire le taïwanais TSMC, l'américain Intel ou encore le coréen Samsung. Or ces derniers voient leur activité exploser en raison de l'essor de l'intelligence artificielle, ce qui les pousse à produire davantage. Notamment les puces mémoire, indispensables au bon fonctionnement des data centers. Et sur lesquelles une pénurie s'observe actuellement.
À titre d'exemple, Samsung Electronics a vu ses revenus bondir de 69% sur un an au premier trimestre et son bénéfice opérationnel de 756% à 57.200 milliards de wons soit 32,1 milliards d'euros.
Les défis des capacités de production
Si bien que, comme l'explique Barclays dans une note publiée ce jeudi 4 avril, le défi pour ASML ne vient pas d'une demande qui ne cesse de progresser, mais de sa faculté à étendre ses capacités de production pour y répondre. La banque britannique note toutefois que les récentes données d'embauche chez l'allemand Zeiss, un fournisseur clef du groupe, s'avèrent encourageantes.
"Les commentaires d'autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement indiquent également que celle-ci commence à s'accélérer de manière significative", ajoute Barclays.
"Les inquiétudes concernant les capacités de production ont pris de l'ampleur, certains craignant qu'ASML ne vienne restreindre l'offre de semi-conducteurs, mais nous estimons que ces craintes sont exagérées", considère pour sa part UBS.
La banque suisse a un objectif de cours de 1.900 euros, qui accorde un potentiel de plus de 30% au titre.
"Notre analyse indique que la capacité d'ASML en 2027 permettra de soutenir une croissance supérieure à 50% en glissement annuel de la production de plaquettes de pointe (logique et mémoire), contre une demande estimée à environ 25-30%", souligne la banque suisse.
ASML est, en outre, le groupe européen de semi-conducteurs européens le plus exposé aux puces mémoire, qui représentent entre 30 et 35% de ses revenus.
Bank of America écrit de son côté, dans une note publiée ce jeudi, que le groupe hollandais devrait parvenir à atteindre un rythme de production de plus de 90 machines EUV lors de l'année 2027, en améliorant la rapidité du processus de production et recherchant des sources d'efficience sur sa chaîne d'assemblage.
La banque américaine, qui s'est entretenu avec la société, a "une confiance accrue dans le fait que la croissance s'étendra jusqu'en 2028".
