(BFM Bourse) - Le constructeur automobile premium a divisé par plus de deux sa cible de marge opérationnelle, invoquant la concurrence en Chine et l'impact du conflit au Moyen-Orient sur la confiance des consommateurs.
Manifestement, la Bourse est prise de court. L'action BMW plonge de 6,6% à Francfort après que le groupe a émis un lourd avertissement sur résultats, qui surprend mêmes les analystes les plus pessimistes.
Le constructeur allemand premium a annoncé mardi soir qu'il abaissait drastiquement ses prévisions pour 2026. BMW a indiqué attendre "une légère baisse" de ses livraisons automobiles, alors qu'il espérait précédemment un chiffre stable.
La société d'outre-Rhin prévoit une marge opérationnelle de l'automobile comprise entre 1 et 3%, contre 4 à 6% précédemment. La rentabilité des capitaux employés de l'automobile, est, elle, attendue entre 1 et 5%, contre 6 à 10% précédemment.
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Dégradation en Chine
BMW prévient par ailleurs que son bénéfice avant impôts accusera "une baisse importante" sur un an, alors qu'il prévoyait "un repli modéré".
Le constructeur a également abaissé sa prévision de génération de trésorerie libre, attendue à plus de 2,5 milliards d'euros contre plus de 4,5 milliards auparavant.
Pour expliquer ces annonces, le groupe allemand invoque les difficultés en Chine qui se sont accentuées au deuxième trimestre. L'association professionnelle des constructeurs chinois s'attend à ce que le marché plonge de 14,3% sur un an en 2026.
"Cela a entraîné un durcissement de la concurrence en Chine et dans d'autres pays de la région Asie-Pacifique", souligne le constructeur.
Selon Citi, les ventes de BMW en Chine ont atteint 30.000 unités par mois sur la période avril-mai alors que le "niveau de stabilisation" de la société se situe à 50.000.
La hausse des volumes de la société aux États-Unis et en Europe ne permet pas de compenser ces difficultés.
"De plus, les répercussions du conflit au Moyen-Orient ont dépassé nos prévisions initiales. D’une part, les prix de l’énergie restent élevés et pèsent sur la structure des coûts de notre entreprise, d’autre part, l’instabilité liée au conflit a un impact négatif sur le moral des consommateurs sur l’ensemble des marchés mondiaux", a également expliqué BMW.
Cet avertissement sur résultats survient par ailleurs alors que le groupe vient de changer de pilote. Olivier Zipse a cédé, en mai, la main à Milan Nedeljković qui tiendra une journée dédiée aux investisseurs en septembre prochain.
"Davantage de questions que de réponses"
"L'annonce faite hier (mardi) confirme les inquiétudes des investisseurs quant à la pérennité des activités de BMW en Chine", pointe Citi. Deutsche Bank évoque "un avertissement sur résultats retentissant" et plus important que redouté.
"Nous sommes également quelque peu perplexes quant à l'ampleur de cet avertissement, et nous pensons ne pas être les seuls dans ce cas", déplore l'établissement d'outre-Rhin.
La banque allemande écrit également que la conférence téléphonique tenue par la direction dans la foulée de l'annonce l'a laissée "avec davantage de questions que de réponses".
UBS, pour sa part, déconseille de profiter de l'accès de faiblesse de l'action pour se positionner sur le titre.
BMW est le premier constructeur automobile européen à livrer un avertissement sur résultats pour l'exercice 2026. Est-ce que d'autres suivront?
"Les difficultés rencontrées en Chine et dans la région Asie-Pacifique sont en grande partie d'ordre macroéconomique, ce qui laisse présager des répercussions négatives pour les constructeurs automobiles européens tels que Mercedes et Volkswagen, qui pourraient publier des avertissements sur résultats similaires avant la publication de leurs résultats du deuxième trimestre", prévient Royal Bank of Canada.
A contrario, Stellantis et Renault sont peu (Stellantis) ou pas (Renault) sur le marché chinois.
Toutefois, Morgan Stanley jugeait fin mars que les constructeurs automobiles européens seraient contraints d'abaisser leurs prévisions, en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient.
Par exemple, pour Renault, Morgan Stanley s'attend à ce que le groupe au losange sabre ses ambitions. Le constructeur anticipe un taux de marge opérationnelle autour de 5,5% et un flux de trésorerie autour de 1 milliard d'euros pour 2026. La banque pense que le constructeur abaissera ses perspectives, pour arriver à une fourchette de 5 à 5,5% pour la marge, et de 500 millions à 1 milliard d'euros pour la trésorerie.
Pour Stellantis, Morgan Stanley estime que le constructeur changera ses indications pour passer d'une progression de revenus "mid-single digit" (4 à 6%) en 2026, à un intervalle de 0 à 5%.
