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Mégalo et affabulateur, le patron d'une biotech américaine écope de sept ans de prison

samedi 22 février 2020 à 07h30
Le patron d'une biotech américaine écope de sept ans de prison

(BFM Bourse) - Le fondateur de la biotech PixarBio, brièvement cotée sur le segment de gré-à-gré du Nasdaq, a été condamné par la justice américaine pour avoir extorqué 7,5 millions de dollars à des investisseurs qui avaient cru à ses promesses de mettre au point un antidouleur susceptible de remplacer les opioïdes.

Apparaissant déconnecté du réel face aux juges, qui ont plusieurs fois souligné sa "grandiosity" -ou folie des grandeurs, manifestation littérale de la mégalomanie- l'américain Frank Reynolds a pourtant réussi à entraîner dans son délire près d'une centaine d'investisseurs. Ces derniers ont perdu 7,5 millions de dollars entre 2013 et 2016 sur l'action de sa société PixarBio, qui prétendait révolutionner le marché des analgésiques avec une molécule aussi efficace que dépourvue de l'effet d'accoutumance des opioïdes, un argument déterminant alors que les Etats-Unis connaissent une crise sanitaire à cause de ces produits (provoquant davantage d'overdoses chaque année que la cocaïne et l'héroïne réunies).

Par son attitude au tribunal, Reynolds a montré qu'il n'avait aucune notion des torts causés aux investisseurs. Il avait notamment brandi un flacon de son prétendu traitement en affirmant que "malgré ce que vous dit le gouvernement" la molécule avait un grand potentiel, alors que l'enquête a démontré qu'il ne s'agissait que de carbamazépine (une molécule bien connue de la famille des benzodiazépines, commercialisée depuis les année 1960).

Au final, le jury a prononcé une peine de sept ans de prison à son encontre, et l'a condamné à rembourser les 7,5 millions de dollars aux investisseurs floués. Le procureure avait requis dix ans de prison à son encontre pour avoir notamment fait obstruction à l'enquête du gendarme américain des marchés financiers, sans jamais manifester de remords. Les actifs de la société ont été saisis en 2018 à la suite de l'intervention de la SEC.

Deux associés, dont le responsable des relations investisseurs de PixarBio, ont témoigné contre Reynolds après avoir plaidé coupable de leur côté.

Mais l'enquête judiciaire a révélé qu'en fait, tous les accomplissements présumés de l'accusé reposaient sur du vent, selon un reportage du Boston Globe. Reynolds racontait notamment avoir mis au point un dispositif médical lui permettant de retrouver la validité après être sorti paralysé d'un accident de voiture survenu en 1992. Invité lors d'un TED talk, il avait détaillé comment InVivo comptait mettre sur le marché ce dispositif capable de guérir les lésions de la moelle épinière, et distribuait à ses nouvelles recrues des photos dédicacées des dalles du plafond de la chambre qu'il contemplait depuis son lit après l'accident, ce qui l'avait selon lui aiguillonné pour trouver un traitement.

En réalité, l'enquête a montré qu'il n'avait jamais été paralysé, n'ayant jamais subi d'accident de la route.

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