par Barbara Erling et Krisztina Than
VARSOVIE, 20 mai (Reuters) - Le Premier ministre hongrois Peter Magyar pourrait rencontrer le président ukrainien Volodimir Zelensky en juin si un accord sur les droits de la minorité hongroise en Ukraine est conclu, a-t-il déclaré mercredi, se montrant optimiste sur une question cruciale pour les espoirs d'adhésion de Kyiv à l'Union européenne (UE).
Peter Magyar s'est exprimé depuis la Pologne lors de son premier déplacement à l'étranger depuis son entrée en fonction, une visite qui, espère-t-il, contribuera à rétablir les relations avec l'UE, mises à mal par l'hostilité de son prédécesseur, Viktor Orban, envers l'Ukraine et ses relations chaleureuses avec la Russie.
Si Peter Magyar adopte une approche moins conflictuelle envers Kyiv, il estime toutefois que des progrès concernant les droits d'environ 150.000 Hongrois de souche en Ukraine à utiliser leur langue maternelle sont essentiels pour que Budapest accepte l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
"J'espère vivement que ces discussions aboutiront rapidement et avec succès... (alors) nous pourrions rencontrer le président (Volodimir) Zelensky début juin à Beregszasz (Berehove), une ville où les Hongrois sont majoritaires", a déclaré Peter Magyar lors d'une conférence de presse.
Kyiv et Budapest ont entamé des consultations en ligne mercredi, ont indiqué les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
VARSOVIE PROPOSE SON AIDE POUR DIVERSIFIER LES SOURCES D'ÉNERGIE
La réticence de Budapest à se passer de l'énergie russe a été une source majeure de conflit avec Bruxelles sous le règne de Viktor Orban.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré mercredi que Varsovie était prête à aider Budapest à diversifier ses sources d'énergie.
"Je proposerai, si nécessaire, une coopération, une assistance et des investissements dans les infrastructures afin de rendre l’ensemble de la région autonome et aussi indépendante que possible en matière de sources d’énergie", a déclaré Donald Tusk.
Varsovie prévoit d’offrir à Budapest un accès au gaz naturel liquéfié (GNL) américain via un nouveau terminal à Gdansk qui devrait entrer en service en 2028, a déclaré une source proche du dossier avant la visite de Peter Magyar. La société polonaise Orlen vend déjà du GNL américain à l’Ukraine.
La volonté de la Pologne de développer ses infrastructures de GNL ouvre la voie à une nouvelle source potentielle de revenus provenant des marchés d'Europe centrale enclavés, la Hongrie apparaissant comme un acheteur potentiel clé.
Cependant, Peter Magyar a déclaré à la chaîne d'information en continu privée polonaise TVN24, dans une interview diffusée mardi soir, que la Hongrie souhaitait voir baisser les prix du gaz acheminé sous forme de GNL.
"Ce n'est pas encore un prix très compétitif", a-t-il déclaré.
"Nous serions ravis si les frais de transit étaient réduits, ou si l'Union européenne pouvait être convaincue de rendre le gaz acheminé sous forme de GNL plus compétitif", a-t-il ajouté.
(Rédigé par Alan Charlish, Barbara Erling, Pawel Florkiewicz, Anna Wlodarczak-Semczuk à Varsovie, Krisztina Than à Budapest ; version française Coralie Lamarque, édité par Blandine Hénault)
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