par Andrew Osborn et Mark Trevelyan
MOSCOU, 20 mai (Reuters) - La Russie a diffusé mercredi des images ce qu'elle présente comme des soldats en train de charger des ogives nucléaires dans des lanceurs mobiles de missiles Iskander-M dans le cadre d'un exercice de dissuasion nucléaire de grande envergure.
Dans un communiqué transmis aux médias d'État, le ministère de la Défense dit que ses forces se sont entraînées à être "au plus haut niveau de préparation au combat pour l'utilisation d'armes nucléaires".
Cet exercice de trois jours, qui a débuté mardi, se déroulerait en Russie et en Biélorussie sur fond de ce que Moscou qualifie de "lutte existentielle" contre l'Occident en Ukraine.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a souligné mardi le risque d'un affrontement direct avec l'Otan en raison, selon lui, de discours de plus en plus répandus dans les capitales européennes sur la "menace imminente d'une guerre de haute intensité" avec la Russie.
Selon le ministère de la Défense, 64.000 soldats participent à l'exercice nucléaire en cours, qui impliquerait plus de 200 lanceurs de missiles, 140 avions, 73 navires et 13 sous-marins. Il viserait également à roder les procédures de lancement des armes nucléaires tactiques russes basées en Biélorussie.
Le ministère ne précise pas où les images diffusées par ses soins ont été tournées.
Le missile Iskander-M a été utilisé à maintes reprises contre l'Ukraine avec des charges conventionnelles. La Russie l'a également déployé dans l'enclave de Kaliningrad et en Biélorussie, plaçant ainsi plusieurs membres de l'Otan à sa portée.
Pour l'Institute for the Study of War, basé aux États-Unis, cet exercice d'ampleur semble destiné à amplifier la menace nucléaire brandie de longue date par Moscou pour tenter de dissuader les pays occidentaux de soutenir l'Ukraine, et à faire passer au second rang les difficultés croissantes auxquelles est confrontée la Russie dans ce conflit.
(Bureau de Reuters à Moscou et Mark Trevelyan à Londres, rédigé par Andrew Osborn ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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