(Zonebourse.com) - Le groupe aérien allemand a réduit sa perte opérationnelle au premier trimestre 2026 grâce à une forte demande dans le transport de passagers et le fret, malgré l'impact de la crise au Moyen-Orient sur les coûts du carburant. Lufthansa maintient sa prévision d'un EBIT ajusté annuel "significativement supérieur" à celui de 2025. Les marchés apprécient : le titre s'adjuge plus de 6% à Francfort.
Lufthansa Group est parvenu à réduire ses pertes au 1er trimestre 2026, celles-ci ressortant à 665 MEUR contre 885 MEUR un an plus tôt. Le consensus était quand même bien plus optimiste et tablait sur une perte encore plus contenue, à 317 MEUR.
En revanche, le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 8% sur un an pour atteindre 8,7 MdsEUR, un niveau record pour un premier trimestre. Cette fois, le consensus (8,48 MdsEUR) est battu. Selon Yi Zhong, analyste chez AlphaValue, cette performance est imputable à l'augmentation des capacités long-courrier du groupe et à la forte rentabilité de son segment premium.
Enfin, l'EBIT ajusté ressort à -612 MEUR (consensus : -617 MEUR selon S&P, -659 MEUR selon AlphaValue) contre -722 MEUR un an plus tôt. La marge d'EBIT ajusté s'est établie à -7%, contre -8,9% un an plus tôt.
Cargo et maintenance compensent la faiblesse du low cost
Dans le détail, les compagnies du réseau traditionnel soit Lufthansa Airlines, SWISS, Austrian Airlines et Brussels Airlines) ont bénéficié d'une forte demande, notamment en mars, après des réductions de capacités via les hubs du Moyen-Orient. Le coefficient de remplissage a atteint 81,9%, tandis que les recettes unitaires ont augmenté de 3,3%. L'EBIT ajusté des compagnies réseau s'est amélioré de 135 MEUR sur un an, à -605 MEUR.
Chez Eurowings (compagnie low cost du groupe) les recettes unitaires ont progressé de 6,8%, mais l'EBIT ajusté du segment a reculé de 14 MEUR à -215 MEUR, pénalisé notamment par des coûts de maintenance plus élevés et par la suspension temporaire de certaines liaisons vers le Golfe.
Lufthansa Technik (filiale de maintenance aéronautique) a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 12% à 2,3 MdsEUR, porté par une croissance de 19% des revenus issus des clients externes. Son EBIT ajusté est resté quasiment stable à 158 MEUR, contre 161 MEUR un an plus tôt, en raison de pénuries de matériaux et de tensions sur les effectifs.
Enfin, Lufthansa Cargo (la branche fret du groupe) a poursuivi sa dynamique positive avec un EBIT ajusté de 83 MEUR, en hausse de 34%. Le groupe a notamment bénéficié d'une amélioration des rendements dans le fret aérien et d'une baisse de 4% des coûts unitaires hors carburant.
Le Moyen-Orient pèse
Le free cash-flow ajusté du groupe a bondi de 65% à 1,4 MdEUR, contre 835 MEUR un an auparavant, soutenu par une hausse des flux de trésorerie opérationnels et par une baisse des investissements nets grâce à des ventes d'avions.
"Nous avons significativement amélioré nos résultats financiers par rapport à l'an dernier", a déclaré Carsten Spohr, directeur général de Deutsche Lufthansa AG. "Nous réalisons ce que nous avions prévu et tenons nos promesses", a-t-il ajouté, tout en soulignant que la crise persistante au Moyen-Orient et la hausse des coûts du kérosène représentaient "d'énormes défis" pour le secteur aérien.
Le groupe a également réduit sa dette nette à 5,3 MdsEUR fin mars 2026, contre 6,4 MdsEUR fin décembre 2025. Sa liquidité disponible atteignait 10,3 MdsEUR à la fin du trimestre.
Le directeur financier Till Streichert a toutefois averti que "le bénéfice annuel sera probablement inférieur à ce qui était initialement anticipé" en raison de la flambée des prix du kérosène. Lufthansa estime que cette hausse des coûts pourrait représenter une charge supplémentaire de 1,7 MdEUR en 2026, sur la base d'un taux de couverture d'environ 80%.
Les perspectives rassurent les analystes
Du côté des perspectives, le groupe vise un EBIT ajusté annuel "significativement supérieur" au niveau de 2025, qui s'élevait à 1,96 MdEUR.
Lufthansa Group cible en revanche une croissance de la capacité passagers comprise entre 0 et 2 % (vs 4% précédemment) mais maintient une cible de flux de trésorerie disponible ajusté de 0,9 milliard d'euros, ce qui témoigne, selon Yi Zhong (AlphaValue), de la confiance du groupe dans sa capacité à compenser la hausse des coûts de carburant par une meilleure rentabilité.
De son côté, Oddo BHF confirme son conseil "surperformance" sur le titre, avec un objectif de cours inchangé à 9,50 EUR. Le broker considère que la confirmation des objectifs 2026 constitue un signal "rassurant" dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la hausse des coûts du carburant. Oddo BHF estime que la baisse de 18% du titre depuis le début du conflit iranien reflète déjà les conséquences temporaires de cette crise.
Selon la note, Lufthansa conserve des atouts importants grâce à la solidité de la demande internationale, à la dynamique du cargo et aux effets attendus du plan de redressement. Le bureau d'études juge ainsi que le groupe devrait être capable d'absorber une part significative de l'inflation.
Chez UBS, les analystes confirment leur note d'achat sur le titre avec un objectif de cours inchangé à 9,40 EUR. Le broker considère lui aussi que le maintien des objectifs annuels constitue le principal élément positif de la publication, dans un contexte pourtant marqué par la hausse du carburant et un environnement géopolitique plus tendu.
L'analyste rappelle que malgré une hausse attendue de la facture kérosène à 8,9 MdEUR en 2026, le groupe pense pouvoir compenser intégralement cet impact au second semestre.
Enfin, DZ Bank confirme son conseil "conserver" sur le titre, assorti d'un objectif de cours inchangé à 8 EUR. Le broker met en avant l'EBIT ajusté moins dégradé que prévu et la bonne tenue des activités Network Airlines et Cargo. Le sentiment de marché est ainsi qualifié de "légèrement positif à neutre".
La note adopte toutefois un ton prudent sur les perspectives annuelles. DZ Bank estime que les risques pesant sur le dossier se sont nettement accrus avec la guerre en Iran, en particulier via la hausse des prix du kérosène, les tensions d'approvisionnement et les risques de grèves. Le bureau d'études considère que la visibilité sur l'exercice 2026 s'est détériorée malgré la confirmation des objectifs du groupe. D'après DZ Bank, la capacité du groupe à compenser ces coûts via les hausses tarifaires, l'optimisation du réseau et les économies supplémentaires reste possible, mais comporte un risque d'exécution élevé dans un contexte de demande et de concurrence encore incertain.
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