(BFM Bourse) - Le spécialiste du streaming musical a livré des perspectives légèrement inférieures aux attentes pour le deuxième trimestre, ce qui accentue le parcours boursier cabossé de la société, cette année.
Spotify souffre à Wall Street. Le service de streaming musical suédois, qui célèbre cette année ses 20 ans, plonge de 14% en début de séance ce mardi 28 avril, après avoir livré ses comptes trimestriels et des prévisions décevantes.
Sur les trois premiers mois de 2026, la société a totalisé 761 millions d'utilisateurs mensuels, en hausse de 12% sur un an. Les abonnées premium ont enregistré une croissance de 9% à 293 millions d'unités.
Les revenus de la société ont, eux, progressé de 8% sur le trimestre à 4,53 milliards d'euros tandis que le revenu moyen par utilisateur premium a augmenté de 5,7% à 4,76 euros.
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Prévisions décevantes
Le résultat opérationnel a bondi de 40% sur un an à 715 millions d'euros. Le bénéfice par action a lui été multiplié par plus de trois à 3,45 dollars.
Citi remarque que l'ensemble de ses chiffres s'avèrent en ligne ou légèrement supérieurs aux attentes.
Le problème se situe plutôt au niveau des perspectives. Pour le trimestre en cours, la société a indiqué tabler sur des revenus de 4,8 milliards d'euros, un résultat opérationnel de 630 millions d'euros et des abonnés premium de 299 millions d'unités.
Le groupe a manqué le coche sur les abonnés, le consensus (la prévision moyenne des analystes) se situant à 300 millions d'utilisateurs. La prévision de résultat opérationnel s'avère, elle, 8% en dessous des attentes.
"Compte tenu des résultats inférieurs aux prévisions concernant les abonnements premium et les perspectives de résultat d'exploitation, nous ne sommes pas surpris de voir l'action reculer", commente Citi.
L'IA menace
Ces prévisions décevantes risquent d'alimenter les craintes qui pèsent sur l'action Spotify depuis le début de l'année.
L'action du groupe suédois abandonne 14,6% en 2026. Le mastodonte du streaming (31% de part de marché, loin devant Apple Music et ses 15%) a souffert des craintes autour d'une dislocation de son modèle par l'intelligence artificielle (IA).
"L'essor des outils de création musicale basés sur l'IA a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle désintermédiation pour des plateformes telles que Spotify", rappelle Bank of America.
"Au départ, les plateformes de distribution numérique (DSP) comme Spotify étaient considérées comme neutres par rapport aux bénéficiaires potentiels, surtout par rapport aux détenteurs de droits de propriété intellectuelle (par exemple, les maisons de disques), qui étaient perçus comme étant davantage exposés au risque. La crainte actuelle est que ces technologies permettent aux artistes, voire aux consommateurs, de créer et de diffuser de la musique sans passer par les intermédiaires traditionnels et de concurrencer les DSP", développe la banque américaine.
"À notre avis, Spotify a répondu de front à cette préoccupation, en faisant valoir que l'IA soutient sa position stratégique plutôt que de la compromettre. En misant sur la personnalisation, l'innovation produit et les avantages sur sa taille, Spotify semble bien placé pour utiliser l'IA afin de renforcer sa plateforme, même si le rythme d'adoption et l'alignement du secteur resteront des variables clés", conclut Bank of America.
Wall Street reste toutefois sceptique pour l'heure alors que la société risque également d'être vivement concurrencées par ses rivaux Youtube, Amazon ou encore Meta qui proposent des plateformes complètes avec davantage de contenus que seulement de la musique et des podcasts.
