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«Le début du chemin vers la guérison»… BMW mise sur l'IA et la régionalisation pour redorer son blason boursier (l'action plonge de 40% cette année et la rentabilité est au plus bas depuis 25 ans)

Aujourd'hui à 16:11
BMW monte en Bourse

(BFM Bourse) - Le constructeur auto allemand premium a dévoilé ses objectifs de moyen terme pour redresser sa rentabilité.

À l'image de l'ensemble des constructeurs automobiles européens, BMW souffre en Bourse cette année.

Le groupe premium allemand plonge de près de 40% en 2026, après avoir notamment émis un avertissement sur résultats retentissant en juin, allant à rebours des prévisions même les plus grisâtres.

La société invoquait la faiblesse du marché chinois, où les immatriculations ont encore chuté de plus de 20% en août, pour justifier cet abaissement de prévisions. Selon Citi, les ventes de BMW en Chine ont atteint 30.000 unités par mois sur la période avril-mai alors que le "niveau de stabilisation" de la société se situe à 50.000.

"De plus, les répercussions du conflit au Moyen-Orient ont dépassé nos prévisions initiales. D’une part, les prix de l’énergie restent élevés et pèsent sur la structure des coûts de notre entreprise, d’autre part, l’instabilité liée au conflit a un impact négatif sur le moral des consommateurs sur l’ensemble des marchés mondiaux", expliquait par ailleurs BMW.

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Revenir à 8% à 10% de marge

Ce n'était pas le premier "profit warning" du groupe d'outre-Rhin, qui en avait également passé un à l'automne 2025 tout comme en septembre 2024.

"Est-ce que BMW peut regagner la confiance [du marché] ?", s'interrogeait UBS dans une note publiée la semaine dernière.

Le groupe allemand tient en tout cas une journée dédiée aux investisseurs ce mercredi 30 septembre, avec pour but de retrouver une crédibilité entaillée par les multiples avertissements sur résultats.

La société a indiqué vouloir renouer avec une marge opérationnelle des activités automobiles allant de 8% à 10% d'ici "au début de la nouvelle décennie" donc entre 2030 et 2032, avec un flux de trésorerie libre qui devrait alors atteindre "au moins" 7 milliards d'euros. Pour 2028, le groupe s'est fixé une cible "intermédiaire" allant de 3% à 5% pour un flux de trésorerie de plus de 5 milliards d'euros.

À titre de comparaison, pour 2026, le groupe compte atteindre une marge de l'automobile allant de seulement 1% à 3% pour un flux de trésorerie de plus de 2,5 milliards d'euros.

À la Bourse de Francfort, l'action BMW grimpe de 2,8% en milieu d'après-midi ce mercredi.

Pour redresser sa rentabilité et sa génération de cash, la société a annoncé vouloir "régionaliser" davantage son offre, en fonction des préférences des clients.

"Cela passe notamment par un élargissement et un renforcement ciblés de la gamme de produits, ainsi que par des ajustements significatifs de son portefeuille de motorisations, en mettant l’accent sur les modèles capables d’offrir la meilleure valeur ajoutée aux clients et les marges contributives les plus élevées à long terme sur chaque marché", explique l'entreprise.

"Dans le haut de gamme, les marques BMW, BMW M et Rolls-Royce seront affinées afin de tirer parti de leurs atouts respectifs et de libérer un potentiel de rentabilité supplémentaire", ajoute l'entreprise.

"Business as usual"

En Chine, épicentre de ses avertissements sur résultats, le groupe compte davantage produire localement, avec moins de recours aux importations.

"L'objectif est de porter à au moins 95% d'ici à 2030 la part des véhicules fabriqués localement et spécialement conçus pour répondre aux préférences des clients chinois", a expliqué l'entreprise.

BMW envisage également d'étendre les exportations de véhicules fabriqués en Chine vers les marchés d'Asie du Sud-Est.

Le groupe va aussi déployer l'intelligence artificielle (IA) pour développer ses véhicules et, plus largement, sur l'ensemble de sa "chaîne de valeur". Le groupe donne l'exemple d'une collaboration avec Mistral IA dans les simulations d'accident pour améliorer les fonctionnalités de sécurité des véhicules.

L'entreprise compte serrer davantage les coûts via l'utilisation de l'IA. "D'ici le milieu de l'année prochaine, le groupe BMW réduira de 20% le nombre de divisions et de postes de direction associés, avec une réduction comparable aux niveaux hiérarchiques inférieurs", annonce l'entreprise. Rappelons que fin juillet, la société munichoise avait annoncé un programme de départs de volontaires de 8.000 postes.

Citi se montre assez sceptique à la vue de ce plan. "Bien que BMW nous montre que sa rentabilité a atteint son plus bas niveau depuis 25 ans, alors même que la demande mondiale (hors Chine) reste solide, ses prévisions tablent sur une stratégie 'business as usual' (un statu quo, NDLR), ne nécessitant qu’une meilleure maîtrise des coûts", déplore la banque américaine.

"Les investisseurs s’inquiètent manifestement d’une détérioration bien plus structurelle du secteur, qui exigerait en retour une réponse bien plus structurelle de la part de BMW – comme l’a notamment détaillé Volkswagen ces derniers mois", ajoute Citi.

La banque américaine estime que le groupe n'a pas assez détaillé sa réponse aux risques concurrentiels, ni donné suffisamment d'indications quant à une potentielle réduction de capacités en Europe ou en Allemagne.

Bernstein de son côté évoque "le début du chemin vers la guérison". Le nouveau directeur général "Milan Nedeljković a présenté une réponse pragmatique face à un marché automobile plus instable et structurellement plus difficile", explique la banque.

"BMW compte réduire la diversité de son offre, qu’elle a reconnue comme étant devenue trop complexe, raccourcir les délais de livraison, renforcer ses partenariats avec les fournisseurs et rationaliser son réseau de concessionnaires en Chine. La poursuite de la localisation contribuera également à réduire les coûts (la standardisation des composants chinois pourrait permettre de réduire les coûts des pièces concernées de 20% à 30%). Ces mesures contribueront à améliorer les marges", énumère Bernstein.

La banque ajoute que BMW est conscient que la solution ne réside pas uniquement dans la réduction des coûts.

"Le constructeur poursuit également sa croissance grâce à des produits innovants. La gamme Neue Klasse (des nouveaux modèles électriques, NDLR) est au cœur de cette reprise. Le premier modèle de la gamme Neue Klasse est l’iX3, qui a reçu un accueil très favorable avec plus de 100.000 commandes en Europe", écrit Bernstein.

Dans une récente note, UBS jugeait que BMW "n'a(vait) pas besoin de se réinventer sur le plan stratégique : la 'Neue Klasse' connaît un démarrage très prometteur (même en Chine, les premiers signes sont encourageants), et la grande flexibilité de BMW en matière de production et de motorisations reste un atout stratégique".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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