(BFM Bourse) - La société souffre en Bourse ce mardi après avoir livré une baisse de ses revenus au troisième trimestre de son exercice 2025-2026.
La descente aux enfers boursiers se poursuit pour Dr.Martens. La célèbre marque de bottes connue pour ses liens étroits avec la mouvance punk s'était introduite en 2021 à la Bourse de Londres, à un prix de 370 pence (3,7 livres).
Un peu plus de cinq ans plus tard, l'action s'échange autour de 66 pence, traduisant une plongeon de 82% depuis l'entrée en Bourse de la marque.
Dr Martens a enchaîné les déconvenues et a multiplié les avertissements sur résultats, notamment en avril 2024. L'action avait sombré, perdant 29% sur une séance. L'entreprise avait alors annoncé que son bénéfice pourrait fondre de 66% sur l'exercice 2024-2025, en raison de ventes catastrophiques aux États-Unis. Cet accroc avait coûté sa place au directeur général, Kenny Wilson, remplacé par Ije Nwokorie.
Si Dr Martens a dû composer avec un environnement de consommation difficile, la société a aussi manqué de rigueur dans la gestion des stocks, ces dernières années, avec des niveaux excessifs chez les vendeurs américains, les États-Unis représentant autour de 40% des revenus de la société.
"Année charnière"
Si le groupe a cassé les prix pour remédier à ce problème, Ije Nwokorie a décidé de freiner le virage en réduisant le bradage, de sorte à préserver la valeur de la marque.
Ce qui pèse toutefois sur son activité et son cours de Bourse. L'action Dr.Martens plonge ainsi de 12,8% à Londres en fin de matinée après que le groupe a communiqué des chiffres décevants.
Le fabricant des célèbres bottines aux épaisses semelles caoutchoutées a vu son chiffre d'affaires reculer de plus de 3%, à 251 millions de livres (290 millions d'euros) pour son troisième trimestre décalé, achevé fin décembre.
Les ventes directes aux consommateurs (par opposition aux ventes en gros) ont même baissé de 7% sur un an.
Pour Ije Nwokorie, le groupe est "dans une année charnière" et il préfère viser des ventes "de qualité", en réduisant les opérations de déstockage et les promotions.
Cette stratégie, il est vrai, "représente un frein à la croissance du chiffre d'affaires global, notamment dans les ventes en ligne", reconnaît le patron dans un communiqué. Mais le groupe "reste en bonne voie pour réaliser une croissance significative" de son résultat sur l'année complète, affirme-t-il.
Pour Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell, "préserver l'intégrité de la marque plutôt que de vendre ses chaussures au rabais est une approche judicieuse à long terme". Mais les investisseurs ont du mal à y croire et s'inquiètent plutôt dans l'immédiat "de l'ampleur de la chute des ventes en Europe".
Dr. Martens avait annoncé en juin dernier un fort recul de son bénéfice annuel, mais la dynamique amorcée par son plan de redressement avait initialement semblé convaincre les investisseurs.
Le groupe avait cependant déjà pris un coup à la Bourse de Londres fin novembre après avoir prévenu que les droits de douane imposés par Donald Trump lui coûteraient plusieurs millions de livres.
"Nous prévoyons de compenser pleinement l'impact de la hausse des droits de douane" à partir de l'exercice prochain "grâce à un contrôle rigoureux des coûts, à un approvisionnement flexible en produits et à des ajustements ciblés de notre politique de prix aux États-Unis", avait promis le groupe.
Les investisseurs attendront avec impatience les résultats annuels. Si Dr. Martens "parvient réellement à réaliser la croissance 'significative' des bénéfices promise, il pourrait commencer à gagner en crédibilité auprès du marché".
(Avec AFP)
