(BFM Bourse) - La banque américaine a abaissé sa prévision de volumes pour le marché européen cette année et pense que les constructeurs chinois vont se rapprocher des 10% de parts de marché cette année contre 7% en 2025.
L'automobile est resté un secteur à éviter en Europe, en 2025. Dans une note publiée mercredi, Bernstein remarquait que l'indice paneuropéen Stoxx Europe 600 Automobiles & Parts avait reculé de 4% l'an passé, sous-performant largement l'indice global Stoxx Europe 600 (+16% en 2025).
"2025 a encore été une année difficile pour les actions automobiles", soulignait sobrement l'intermédiaire de marché.
À Paris, Renault (-24,72%) et Stellantis (-25,66%) ont accusé les quatrième et troisième plus forts replis du CAC 40 en 2025.
Le secteur a évidemment été pénalisé par l'impact des droits de douane américains. À titre d'exemple, Stellantis a évalué le coût de ces surtaxes douanières à environ 1 milliard d'euros au titre de 2025. La forte concurrence en Europe, et, pour les constructeurs allemands, sur le marché chinois, a également pesé.
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Pression sur les prix
L'année 2026 a tout juste débuté, mais le secteur souffre déjà. Le Stoxx Europe 600 Automobile & Parts perd 5,4% depuis le 1er janvier, le marché redoutant que la pression concurrentielle se poursuive voire s'intensifie en Europe.
Citi ne livre pas vraiment un message rassurant sur ce point, ce vendredi 16 janvier. La banque américaine a, dans une note, abaissé de 2% sa prévision 2026 de ventes automobiles en Europe, pour la ramener à 12,7 millions de véhicules.
Surtout, Citi voit les constructeurs chinois continuer à tailler des croupières à leurs concurrents européens sur le Vieux continent.
L'établissement estime que les groupes chinois verront leur part de marché se rapprocher de la barre des 10% contre 7% en 2025. L'établissement explique notamment que la baisse de la demande dans leur pays domestique incitera les constructeurs chinois à augmenter les exportations.
Avec cette concurrence chinoise accrue, les tarifs des véhicules se retrouveront sous pression. Dans ses prévisions pour 2026, Citi retient un impact négatif de 1 point de pourcentage sur les prix pour Volkswagen et Stellantis, et de 1,2 point pour Renault. Précédemment, elle tablait sur 0 point pour Stellantis et 0,5 point pour Renault.
À la Bourse de Paris, Renault baisse de 2,5% et Stellantis de 2% tandis qu'à Francfort Volkswagen cède 2,1%.
Une part de marché qui résiste pour Renault
Citi a d'ailleurs ajusté son objectif de cours sur Renault à 38 euros contre 42 euros précédemment.
En décembre, la banque américaine notait que le groupe au losange était traité en Bourse comme un "China proxy", c'est-à-dire que les investisseurs avaient tendance à se positionner sur le groupe français en fonction du degré d'intensité de la menace chinoise en Europe.
Toutefois, la banque américaine expliquait que ces craintes étaient exagérées, car Renault a démontré sa faculté à résister commercialement à la concurrence, grâce à des lancements réussis.
Citi confirme d'ailleurs sa recommandation à l'achat sur le groupe, ce vendredi, et note que la société a vu sa part de marché en Europe (70% des ventes de Renault) progresser de 0,5 point sur les douze derniers mois. Citi pense que Renault parviendra à maintenir cette part autour de 10% en 2026.
Pour Stellantis, Citi rappelle que le groupe franco-italo-américain a perdu des parts de marché et a été l'un des grands "donneurs" de clients aux groupes chinois. La banque n'anticipe pas de réelle amélioration sur ce front en 2026. Chez Volkswagen, l'établissement s'attend à ce que les marques Seat et Audi souffrent plus particulièrement.
Au-delà de Citi, UBS notait en décembre que la percée des groupes chinois demeurait "le plus important défi pour les constructeurs et équipementiers automobiles européens".
"Notre analyse du marché automobile mondial hors Chine, Japon, États-Unis et Corée du Sud montre que depuis 2019, la majeure partie des gains de parts de marché réalisés par les constructeurs chinois s'est faite au détriment des constructeurs européens", écrivait la banque.
"L'essor mondial des équipementiers chinois menace avant tout la rentabilité et les parts de marché de Stellantis et Renault, mais Volkswagen n'est pas non plus à l'abri", cinglait UBS.
