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La Bourse de Londres repousse l'offre de Hong Kong, le prix est loin d'être le seul obstacle

vendredi 13 septembre 2019 à 16h00
LSEG rejette sans grande surprise l'offre de rachat par la Bourse de Hong Kong

(BFM Bourse) - Sans beaucoup de surprise aux yeux des opérateurs, le conseil d'administration du London Stock Exchange Group -opérateur de la Bourse de Londres mais aussi celle de Milan- a fait part de son rejet de la proposition de rachat présentée par Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX). LSEG considère que cela ne correspond pas à ses ambitions stratégiques et que la valorisation n'est pas attrayante, mais cite également les liens étroits qu'entretient HKEX avec le gouvernement de l'île, proche des autorités chinoises.

Ce n'est pas véritable surprise aux yeux de opérateurs. En témoigne le fait que le cours de LSEG n'a jamais depuis l'annonce de la proposition rejoint le prix suggéré par Hong Kong Exchanges and Clearing, soit 8.361 pence (indicatif car en grande majorité payé en actions HKEX au cours fluctuant). Mais la réponse de l'opérateur de la Bourse de Londres a le mérite de la clarté et de la rapidité. Deux jours après l'étonnante ouverture faite par HKEX, le troisième centre financier d'Asie en termes de capitalisation, pour fusionner avec London Stock Exchange Group, numéro un en Europe, le conseil d'administration de ce dernier a rendu sa copie en des termes dépourvus d’ambiguïté.

De concert avec ses conseils financiers et juridiques, le conseil de LSEG (présidé par Don Robert, son ancien directeur général) a examiné "la proposition non sollicitée, préliminaire et hautement conditionnelle de Hong Kong Exchanges and Clearing Limited visant à acquérir la totalité du capital-actions de LSEG". Après cet examen attentif, les administrateurs expriment des "préoccupations fondamentales concernant les aspects clés: stratégie, capacité de mise en oeuvre, forme de l'offre et prix". En conséquence, ils ont décidé à l'unanimité de rejeter la proposition. qui plus est au vu des "défauts fondamentaux" de cette proposition, le conseil ne voit "aucun intérêt à poursuivre" toute discussion.

Détaillant plus avant ses préoccupations, le conseil d'administration du LSEG se dit d'abord "très étonné et déçu" que Hong Kong Exchanges and Clearing ait choisi de rendre publique son approche non sollicitée seulement deux jours après l'avoir adressée aux intéressés.

Tout d'abord, alors que Hong Kong conditionne sa proposition à l'abandon par Londres de son projet de rachat de Refinitiv, LSEG défend vigoureusement cette initiative susceptible de transformer son profil, aboutissement de plusieurs mois de développement stratégique et de discussions approfondies avec les propriétaires de Refinitiv (issu du groupe Reuters). Projet qui a d'ailleurs reçu un accueil "exceptionnel" du marché, puisque le cours de LSEG a grimpé de 29% (soit un accroissement de 5,8 milliards de livres de sa capitalisation) depuis son annonce le 1er août dernier. Pour Londres, l'expertise de Refinitiv en matières de données financières est appelée à devenir un atout essentiel pour un opérateur d'infrastructures de marché à l'avenir.

Si Londres reconnaît par ailleurs tout l'intérêt d'un développement en Chine, le groupe ne considère pas que Hong Kong apporte le meilleur positionnement, et préfère cultiver son partenariat actuel (non capitalistique) avec le Shanghai Stock Exchange.

LSEG identifie également de sérieux risques de mise en oeuvre. "Votre proposition serait soumise à un examen approfondi de la part d’un certain nombre d’organismes de réglementation financière, ainsi que d’entités gouvernementales régies, par exemple, par la loi britannique sur les entreprises, le processus CFIUS (Comité pour l'investissement étranger) aux États-Unis et le régime des "golden vote" en Italie. Il ne fait aucun doute que la structure inhabituelle de votre conseil d'administration et vos relations avec le gouvernement de Hong Kong compliqueront les choses". L'assentiment et le soutien de nombre d'instances concernées est "très incertain", et il ne peut être question d'abandonner un projet bien parti tel que le rachat de Refinitiv pour s'engager dans une fusion dont l'issue est loin d'être garantie.

Enfin, le compte n'y est pas. D'une part, les trois quarts du prix proposé seraient versés aux actionnaires de LSEG non pas en numéraire mais sous forme d'actions HKEX, ce qui est "fondamentalement différent et bien moins attrayant" que des liquidités. La valorisation boursière de HKEX est par nature fluctuante, et "la situation en cours à Hong Kong ne fait qu'ajouter à cette incertitude". En dehors de la structure de l'offre majoritairement en titres, et même en supposant que tous les attendus énoncés par HKEG soient atteints (on a compris combien les administrateurs en doutaient), la valorisation -un prix de 29,6 milliards de livres (environ 33 milliards d'euros) pour la totalité du capital, valorisant LSEG 31,6 milliards de livres en intégrant sa dette- "est nettement inférieure à une valorisation appropriée à une prise de contrôle de LSEG, en particulier en regard de l'importante création de valeur que nous prévoyons grâce à notre projet d'acquisition de Refinitiv", conclut le LSEG.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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