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L'irrésistible ascension de Logitech relègue l'horloger Swatch hors de l'indice boursier SMI

dimanche 11 juillet 2021 à 07h00
Logitech, le fabricant de périphériques et accessoire, remplace Swatch au SMI

(BFM Bourse) - Symbole s'il en est de l'industrie suisse, le Swatch Group (maison mère d'Omega, Blancpain, Longines et bien sûr Swatch) va quitter l'indice phare suisse en septembre prochain, sur fond de lente érosion des ventes accélérée l'an dernier par la pandémie. Au contraire, Logitech a su se réinventer depuis 2013 pour devenir une monumentale success story.

La tradition helvétique est sauve, puisque via Richemont (propriétaire de Jaeger-LeCoultre, Cartier, Panerai...) le maintien d'une composante horlogère au sein de l'indice phare suisse est assuré.

Mais l'exclusion de Swatch Group du Swiss Market Index (SMI) marque tout de même un tournant, et pas pour le meilleur, pour le premier producteur de montres suisses avec ses pas moins de 18 marques couvrant tous les segments, de Breguet et Omega à... Flik Flak en passant par Tissot.

S’appuyant sur les recommandations de la commission des indices (équivalent de notre conseil scientifique des indices) et en conformité avec le règlement du SMI, le Swiss Index Committee de l'opérateur boursier helvète, SIX, a décidé mercredi d'exclure l'action "Swatch Group I" de l'échantillon des 20 valeurs phares, représentant à elles seules près de 80% de la capitalisation du marché suisse.

Un pilier de l'indice phare depuis 23 ans

Le groupe bâti par Nicholas Hayek en 1983 en fusionnant deux groupes horlogers suisses historiques, ASUAG et SSIH, était en effet un pilier du SMI depuis 23 ans. Par avance en 2019, alors que le titre était déjà menacé de relégation, son directeur général Nick Hayek (le fils de Nicolas, mort en 2010) avait assuré au Temps qu'une telle péripétie n'aurait aucune conséquence pour la marche de l'entreprise. Considérant son groupe comme le plus grand industriel suisse, cette éventuelle exclusion lui semblait plutôt problématique pour l'indice!

"Cela ne va rien changer pour nous, comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises", a répété un porte-parole de Swatch Group, interrogé par le quotidien francophone de référence.

Néanmoins, la sortie de l'indice SMI s'inscrit bel et bien dans un contexte de graduel déclin pour l'entreprise. À la fois en Bourse -le titre accuse près de 45% de baisse par rapport à un sommet historique proche de 600 francs suisses en 2013- mais aussi au niveau des ventes. En 2011, Swatch Group franchissait pour la première fois le cap de 7 milliards de francs suisses de chiffre d'affaires, et atteignait en 2014 pas moins de 8,7 milliards, un niveau plus atteint depuis. La période bénie pour l'horlogerie suisse entamée dans les années 2000 (avec l'ouverture du marché chinois) semble en partie révolue, notamment avec la concurrence des montres connectées des géants de la tech. Pour beaucoup, l'Apple Watch est devenue le symbole de réussite à afficher au poignet plutôt qu'une montre mécanique finalement peu reconnaissable en dehors du cercle des amateurs d'horlogerie.

Un chiffre d'affaires en chute libre

Et le groupe a été particulièrement affecté l'an dernier par la pandémie. "Partout, il a fallu fermer des boutiques, interrompre ou réduire massivement la production en suivant les ordonnances des Etats", déplore Nayla Hayek, présidente du conseil d'administration (et sœur de Nick). À l'arrivée, une chute de 32% du chiffre d'affaires à 5,595 milliards de francs suisses, du jamais-vu depuis plus d'une décennie, et un résultat net légèrement déficitaire. Même si le groupe, fort d'une importante trésorerie accumulée depuis des années, a tout de même maintenu (en le réduisant fortement) un dividende.

Mais la Commission des indices considère désormais que Logitech est une société plus représentative de la vigueur du marché suisse. Le futur nouveau locataire de l'indice SMI (la modification sera effective au 20 septembre prochain) a opéré depuis 2013 une transformation couronnée de succès pour étoffer son portefeuille de marques (de une seule à sept !) ,développer de nouvelles gammes de produits pour l'informatique et faire croître son activité et ses bénéfices.

Diversification dans les casques et les équipements de jeu vidéo

Alors qu'au début de la décennie le groupe sous-traitait intégralement le design de ses produits, il comprend aujourd'hui une équipe mondiale de designers, reconnu comme un leader dans son domaine par Forbes et McKinsey. "Nous remportons davantage de récompenses en matière de design pour chaque dollar de revenus que quiconque dans notre industrie", se félicite Logitech. Connu à l'origine pour ses claviers et souris, périphériques peu glamour, le groupe s'est diversifié dans les casques, les équipements de jeu vidéo, les enceintes ou encore la maison connectée. Fondée en 1983, la firme, désormais cotée au Nasdaq aussi bien qu'en Suisse, a aussi su développer des accessoires malins s'adaptant et complétant les produits phares de la tech, comme ceux d'Apple.

Enfin, Logitech continue d'innover en visant notamment à répondre aux nouveaux besoins de collaboration du travail à distance. Par exemple, la firme a récemment présenté son Logitech Scribe, qui permet une expérience de réunion à distance harmonisée pour les collaborateurs et les élèves à distance. Il s'agit d'une caméra pour tableau blanc dotée d'une intelligence artificielle, compatible avec les principaux services de vidéoconférence tels que Microsoft Teams et Zoom, permettant de retransmettre le contenu écrit sur le tableau blanc dans des réunions vidéo, avec clarté, permettant à chacun de se retrouver virtuellement dans la même pièce.

Ce développement s'est traduit par une expansion considérable des ventes, en hausse à deux chiffres ou pratiquement (+9% l'an dernier) depuis cinq ans. Et une progression considérable de la valorisation: Logitech capitalise aujourd'hui onze fois ce qu'il valait en 2013 au début de sa mue. Surperformant nombre de grands noms de la tech, le titre a même grimpé de 87% l'an dernier, avec des ventes de près de 3 milliards de dollars (devise de consolidation) assortie d'une confortable génération de trésorerie opérationnelle de 450 millions de dollars.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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