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Fiat refuse toute négociation sur les conditions financières du mariage, le cours de Renault fait la grimace

jeudi 30 mai 2019 à 15h29
L'action Renault rétrograde nettement jeudi

(BFM Bourse) - Le groupe Fiat Chrysler Automobiles laisse entendre que son offre de fusion est à prendre ou à laisser. Le camp français juge qu'elle sous-estime la valeur de Renault. De quoi faire capoter le projet.

À contre-courant du CAC 40, en légère progression au même moment, le titre Renault flanche de 1,9% à 55,77 euros jeudi vers 14h45 après n'avoir cessé de progresser depuis l'annonce le week-end dernier de la proposition de fusion formulée par Fiat Chrysler Automobiles (FCA). En effet, le groupe italo-américain laisse entendre que son offre actuelle n'est pas négociable, rapporte Les Echos.

Or, pour beaucoup d'observateurs côté français, la parité de fusion proposée est beaucoup trop désavantageuse pour Renault, dont le cours a chuté de 24% depuis l'arrestation de Carlos Ghosn et de près de 50% par rapport à son meilleur niveau de 2018. La veille de l'annonce de l'intérêt de FCA, le titre était même tombé à un plus bas depuis octobre 2014: difficile d'imaginer que les actionnaires de référence du constructeur français acceptent une transaction à un tel niveau de cours, assimilé à un "hold up" de la part du camp italien, selon un ancien dirigeant du secteur automobile cité par le quotidien économique.

Sans surprise, les propres actionnaires de FCA quant à eux estimeraient que c'est la valorisation du Turinois qui est plutôt basse. Sur un an, le titre Fiat Chrysler a aussi nettement reculé (-35%), moins fortement que celui de Renault toutefois.

Pour Patrick Pélata ancien directeur général de Renault, le projet proposé constitue "assurément un très bon deal... pour Fiat Chrysler". Dans un entretien avec Hedwige Chrevrillon sur BFM Business, l'ex-DG (il fut licencié en 2011 lors d'une rocambolesque fausse affaire d'espionnage industriel dont les retombées avaient miraculeusement évité Carlos Ghosn, lequel en avait profité pour renforcer sa main-mise sur la direction).

Patrick Pélata, aujourd'hui chargé de mission sur les véhicules autonomes et les nouvelles mobilités, a jugé à cette occasion que Fiat Chrysler Automobiles avait beaucoup plus besoin d'un partenariat que Renault déjà associé à Nissan (même l'envie de travailler ensemble est largement à reconstruire après le scandale Ghosn). Le dirigeant a souligné que FCA avait fortement réduit la voilure sur les investissements et ainsi omis de préparer l'avenir (sans plate-forme de véhicule électrique ni développements du côté du véhicule autonome), en concentrant tous ses efforts sur deux marques prisées avant tout aux Etats-Unis, Ram et Jeep, qui font l'essentiel de ses profits, aux dépens de Fiat très affaiblie en Europe. Le groupe italo-américain n'est en outre présent dans aucun des marchés porteurs que sont la Chine, l'Inde ou la Russie.

De plus, la valorisation proposée par FCA est en soi "déjà un problème et je pense que les actionnaires, dont l'Etat, vont à un moment ou à un autre s'en préoccuper", selon Patrick Pélata.

Déduction faite de la valeur des 43% du capital de Nissan et de sa petite participation dans Daimler (2% environ en comptant la quote-part de Nissan) et de la filiale de crédit RCI, très lucrative, le cours actuel de Renault attribue en fait une valorisation négative au coeur de métier automobile de Renault, a-t-il rappelé. Entamer une transaction sur ces bases ne serait "pas raisonnable", selon lui.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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