(BFM Bourse) - Le plus important groupe de distribution au monde a franchi la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière ce mardi 3 février.
Walmart rejoint un club "select" (quoiqu'un peu moins que par le passé). Le groupe qui emploie 2,1 millions de personnes (c'est-à-dire grosso modo la population de la ville de Paris) a franchi ce mardi 3 février le cap des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Ce qui signifie que la totalité de ses actions vaut plus de 1.000 milliards de dollars.
Le grand distributeur vient rejoindre une quinzaine de groupes qui ont déjà dépassé cette barre par le passé, à savoir Petrochina, Apple, Amazon, Microsoft, Nvidia, Alphabet, Meta, Tesla, Berkshire Hathaway, TSMC, Saudi Aramco, Broadcom, et Eli Lilly.
Outre la publication de résultats régulièrement supérieurs aux attentes, Walmart est porté par son accélération dans les ventes en ligne.
Le groupe connaît une forte croissance dans le e-commerce, dont les ventes ont encore progressé de 27% au troisième trimestre de son exercice décalé, selon les derniers résultats publiés.
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Des activités de e-commerce rentables
Aux États-Unis, cette croissance a atteint 28%, marquant le septième trimestre consécutif au-delà de 20%. Selon le dernier rapport annuel de la société, l'e-commerce a contribué pour 60% de la croissance de la société aux États-Unis sur le dernier exercice complet (2,9% sur un total de 4,8%).
Ce canal monte en puissance: il représentait 17% des ventes nettes aux États-Unis lors de l'exercice clos fin janvier 2025, contre 14,7% sur le précédent et 12,6% sur celui clos fin janvier 2023.
À l'ensemble de l'échelle du groupe, la part du e-commerce atteint un peu moins de 18%. Précisons que Walmart range dans le e-commerce les ventes dont les commandes ont été passées en ligne et qui sont ensuite réalisées en magasins.
Selon Morningsar, ce taux n'était que de 5% sur l'exercice clos en janvier 2019. "L'entreprise ne dispose pas seulement d'un réseau de magasins physiques, mais aussi d'un écosystème numérique axé sur l'épicerie, la logistique, la publicité et l'adhésion", explique l'intermédiaire financier.
"Si sa part de 67% du marché des hypermarchés et des clubs-entrepôts reflète une position dominante qui devrait se maintenir, nous estimons que la part de 32% de Walmart dans le secteur de l'épicerie en ligne et sa pénétration numérique de 18% soulignent la conversion efficace de la taille de ses magasins en traction numérique", ajoute-t-il.
Selon Bank of America, ces activités de e-commerce sont désormais rentables aux États-Unis, et depuis le premier trimestre de l'exercice en cours.
Walmart possède par ailleurs sa propre place de marché en ligne et offre un service publicitaire renforcé par la récente acquisition de Vizio, spécialiste en la matière. Cette activité a progressé de plus 50% au dernier trimestre.
"La plus grande menace qu'Amazon a jamais connue"
Pour le Wall Street Journal, Walmart aurait même "bâti la plus grande menace qu'Amazon n'a jamais connu" en développant un réseau de livraison le jour même d'articles achetés en ligne. Le quotidien des affaires expliquait en mars que le groupe pouvait accomplir ce type de livraisons chez 93% des ménages américains.
Jared Mason, vice-président du commerce électronique chez Pattern, le plus grand vendeur tiers sur Amazon, a lui déclaré au Financial Times que son entreprise accordait davantage d'importance et d'attention à la plateforme Walmart.
Signe de cette mue, Walmart a transféré sa cotation le 9 décembre au Nasdaq, à Times Square, alors que la société était auparavant cotée à la Bourse de New York, à Wall Street.
"Walmart a connu une transformation numérique massive au cours des dernières années", a affirmé à Bloomberg Eric Clark, directeur des investissements chez Accuvest Global Advisors. "L'entreprise s'est éloignée de son statut de simple distributeur physique pour utiliser la technologie afin de susciter davantage d'engagement", a-t-il ajouté . Walmart a, par ailleurs, profité de l'engouement des investisseurs pour l'IA, en concluant des partenariats avec OpenAI et Google afin d'intégrer les achats en ligne dans leurs chatbots de recherche, explique le Financial Times.
David Schick, associé directeur du cabinet d'études Optimal Advisory, a déclaré au Financial Times que le "mélange de main-d'œuvre, d'approvisionnement et de technologie" de Walmart était à la base de son succès. Ce dernier ajoute que l'entreprise avait tiré profit de ses "investissements en période d'incertitude" tout en rivalisant avec des concurrents "redoutables" tels qu'Amazon et Costco.
