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Avec 572.000 euros de revenus par auto vendue et des perspectives encourageantes, Ferrari se rachète une conduite en Bourse et son action prend près de 10%

Aujourd'hui à 15:53
La F80 de Ferrari

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile italien de luxe a livré des résultats et des objectifs supérieurs aux prévisions des analystes. Bernstein évoque "un ouf de soulagement collectif" qui permet au groupe de mettre dans le rétroviseur une journée investisseurs catastrophique à l'automne dernier.

Un peu à l'image de ses (tristes) résultats en F1 l'an passé, Ferrari a connu une année boursière bien décevante en 2025 avec une baisse de 13%.

Ce qui constitue une sérieuse entaille à la réputation d'un groupe apprécié pour la grande élasticité de sa demande et sa clientèle ultra-fortunée. Rappelons que les analystes financiers comparent davantage Ferrari à Hermès qu'à Mercedes-Benz ou Porsche.

Le groupe transalpin a surtout connu une violente sortie de route en octobre dernier, lorsqu'une journée investisseurs a viré au cauchemar boursier, avec un plongeon du titre de plus de 15% sur une séance. Le groupe avait alors dévoilé des objectifs de moyen terme à des années lumières des attentes du marché.

Bernstein qualifiait cet évènement de "traumatisant". "Le marché s'attendait à un récit confiant sur le développement des marges et s'est vu servir une maigre soupe en ce qui concerne les prévisions pour 2030", résumait le bureau d'études.

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La F80 en question

Ferrari doit, depuis, rebâtir sa crédibilité auprès des investisseurs. Le constructeur automobile a, ce mardi, posé une étape importante de sa reconquête boursière.

Le titre s'envole de 8% à New York et à Milan après que le groupe a publié des résultats et des perspectives supérieurs aux attentes.

Sur le seul quatrième trimestre, la société transalpine a vendu 3.152 véhicules, soit un chiffre inférieur au consensus (la prévision moyenne des analystes) de 3.230 unités cité par Citi.

Mais les revenus, eux, ont excédé les attentes, à 1,8 milliard d'euros contre 1,75 milliard d'euros attendus. Comment l'expliquer? La réponse est simple: le prix moyen ("average selling price") par véhicule vendu a grimpé.

Citi l'estime à 470.000 euros en hausse de 6% par an, alors que la banque américaine attendait un chiffre de 454.000 euros.

Royal Bank of Canada, de son côté, calcule des revenus par unités de 572.000 euros contre un consensus de 542.000 euros.

"Une explication possible pourrait être un démarrage plus fort que prévu au quatrième trimestre pour les livraisons de F80", explique Citi. Berstein estime que 28 unités de ce modèle au plus ont été vendues au quatrième trimestre.

Le F80 est un élégant (et très rentable) "hypercar" (avec un moteur très puissant) dont la production a débuté cette année en série limitée. C'est-à-dire que 799 exemplaires seront produits et pas un de plus.

"Étant donné que la F80 est la première Ferrari à intégrer en interne des composants électriques, nous pourrions voir des marges opérationnelles pour le véhicule au niveau de 40%-50% (toujours bien au-dessus de la moyenne de 30% de l'entreprise)", soulignait l'an passé Royal Bank of Canada.

Le calendrier de livraisons de ces modèles du F80 joue beaucoup sur les prévisions des analystes. Pour donner un ordre d'idée, Royal Bank of Canada calcule que les livraisons 2026 de F80 devraient apporter à elles seules un gain de 470 millions d'euros de résultat opérationnel, en supposant que 190 unités soient vendues cette année.

Un "ouf de soulagement" sur les perspectives

Pour revenir aux comptes de Ferrari, le résultat brut d'exploitation (Ebitda) ajusté s'est établi à 700 millions d'euros au quatrième trimestre, contre 658 millions d'euros attendus, le résultat opérationnel ajusté s'est inscrit à 513 millions contre 479 millions d'euros attendu. Le bénéfice par action s'est élevé à 2,14 euros contre un consensus logé à 2,13 euros.

Sur l'ensemble de 2025, Ferrari a vendu 13.640 véhicules, généré 7,15 milliards d'euros de revenus et 1,6 milliard d'euros de bénéfices (soit grosso modo 117.650 euros de bénéfices par véhicule vendu).

Surtout, les perspectives pour 2026 rassurent et semblent démontrer que Ferrari a fait preuve d'une grande prudence en octobre dernier.

Le groupe compte dégager cette année des revenus d'environ 7,5 milliards d'euros, un Ebitda ajusté d'au moins 2,93 milliards d'euros, un résultat opérationnel ajusté d'au moins 2,22 milliards, pour une marge correspondante d'au moins 29,5% et un bénéfice par action d'au moins 9,45 euros.

Bernstein explique que ces perspectives prennent à revers les "bearish markets whispers", ces bruits de marché pessimistes, qui redoutaient des cibles décevantes, et anticipaient un taux de marge opérationnel ajusté de seulement 28,5%.

L'intermédiaire financier écrit que la copie rendue par la société est, à première vue, "très encourageante" et remarque, au vu de la hausse de l'action, qu'"un ouf de soulagement général" se produit sur le marché.

"De nombreux investisseurs attendaient la publication des prévisions pour 2026 aujourd'hui comme un événement décisif. Nous pourrions assister à un rallye boursier continu, même au-delà du mouvement d'aujourd'hui", écrit de son côté Royal Bank of Canada.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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