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Après l'euphorie, le mauvais trip du secteur du cannabis en Bourse en 2019

dimanche 5 janvier 2020 à 11h30

(BFM Bourse) - Les entreprises nord-américaines spécialisées dans le cannabis avaient suscité l'euphorie en 2018 à Wall Street... mais le marché canadien n'a pas grossi aussi vite que prévu tandis qu'aux Etats-Unis la réglementation reste indécise. Résultat, les principaux producteurs cotés ont connu une sévère correction l'an dernier.

Les plus principaux représentants cotés de l'industrie du cannabis (pour la plupart des producteurs canadiens de marijuana cotés à la Bourse de New York) ont déchanté en 2019. Canopy Growth Corporation a baissé de 21,5%, Tilray s'est effondré de 75,7%, Cronos de 26,2% tandis que l'action Aurora Cannabis a décroché de 56,5%.

Les actionnaires ayant misé sur les fonds indiciels (ETF) pour tenter de diversifier leur risques via ces produits permettant d'investir en une fois sur diverses entreprises du secteur, n'ont pas échappé à la baisse, à l'image de l'ETFMG Alternative Harvest (-31,4%). À comparer à une hausse de 28,8% du S&P 500, considéré comme le meilleur baromètre du marché d'actions américain.

Des investisseurs avaient massivement spéculé sur l'engouement croissant pour la plante alors que plusieurs Etats américains en autorisaient l'usage à visée médicale, et pour quelques uns récréatif, et qu'Ottawa se préparait à légaliser, en octobre 2018, l'usage récréatif du cannabis dans l'ensemble du pays.

Un marché noir qui résiste au Canada

Mais au Canada, "la première année a pâti de la lente ouverture des magasins, des difficultés à concurrencer le marché noir, d'un manque d'approvisionnement, de réglementations différentes en fonction des provinces et de restrictions sur le type de produits pouvant être légalement vendus", remarque Jessica Rabe du cabinet DataTrek dans une récente note.

Par la suite, les opérateurs canadiens ont fait face à "une demande décevante et une offre trop abondante", observe Bobby Burleson de Canaccord Genuity.

Parallèlement aux Etats-Unis, l'espoir d'une envolée des ventes de la plante -à fumer, à vapoter, à manger sous forme de bonbons ou à appliquer en crème- a déçu. "Les ventes de marijuana récréative continuent à croître fortement au Colorado", le premier Etat américain à l'avoir autorisé en 2014, relève Jessica Rabe de DataTrek. Et cette progression robuste du secteur au Colorado plus de cinq ans après ses débuts "explique pourquoi l'enthousiasme des investisseurs était initialement aussi enjoué."

"Le problème est qu'ils se sont un peu emballés, ne comprenant par vraiment tous les enjeux réglementaires entre le patchwork des lois au niveau de chaque Etat (ayant déjà autorisé le cannabis) et une légalisation plus lente qu'anticipé" dans le pays, ajoute la spécialiste.

Des banques toujours frileuses

La loi fédérale considère par ailleurs toujours le cannabis comme une drogue dure, au même titre que la cocaïne, et les grandes banques, par crainte de poursuites pour blanchiment d'argent, rechignent à financer le secteur.

L'agence chargée des médicaments aux Etats-Unis, la FDA, a par ailleurs encore souligné en novembre qu'elle ne pouvait pas garantir que la consommation du cannabidiol ou CBD, le principe non psychoactif du cannabis censé avoir des effets relaxants et anti-douleurs, était sans danger.

Divers scrutins en 2020, des référendums sur la légalisation du cannabis dans divers Etats et l'élection présidentielle en novembre, devraient influencer l'avenir du secteur.

(Avec AFP)

G. B. - ©2020 BFM Bourse
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