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Acticor et son traitement prometteur de l'AVC débarquent bientôt sur le marché parisien

dimanche 24 octobre 2021 à 17h00
Acticor et son traitement contre l'AVC arrivent sur le marché parisien

(BFM Bourse) - Fondée en 2013 à l'Inserm, la société de biotechnologies vise à lever plus de 20 millions d'euros à l'occasion de son introduction en Bourse afin de financer les derniers essais cliniques d'un traitement de l’AVC.

Spin-off de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), au sein duquel il a vu le jour en novembre 2013, cofondé par les chercheurs en biologie Martine Jandrot-Perrus et en biochimie Philippe Billiald, Acticor Biotech vise à traiter les accidents vasculaires cérébraux ischémiques (qui représentent 85% des AVC) à l’aide d’un anticorps éliminant la formation des caillots sans pour autant créer d’hémorragie.

"Aujourd’hui, le traitement repose sur un seul médicament, l'alteplase (commercialisé sous le nom "Actilyse" par l'allemand Boehringer Ingelheim), un antithrombotique qui va dissoudre le caillot dans une artère, mais son efficacité est relativement faible, de l'ordre de 30% à 40% (l'altéplase ne permet une recanalisation complète avec restauration du flux sanguin que dans 38% des cas selon une étude publiée dans The Lancet en 2012, NDLR)" constate le PDG d'Acticor Biotech Gilles Avenard, qui avait auparavant fondé BioAlliance (devenu Onxeo). "La majorité des patients traités avec l'alteplase gardent un handicap, et ce traitement entraîne par ailleurs un risque hémorragique" développe-t-il. L'autre traitement existant, la thrombectomie (permettant de retirer le caillot à l'origine de l'AVC à l'aide d'un cathéter) n'est possible que dans un nombre très réduit de cas, en fonction de la localisation du caillot.

D'où l'intérêt du candidat-médicament "first-in-class" développé par Acticor, le glenzocimab, un fragment d’anticorps monoclonal humanisé (Fab) qui cible une glycoprotéine plaquettaire spécifique, la GPVI, dont l’inhibition n’entraine pas de risque de saignement. "Ce médicament, qui fait actuellement l’objet de deux études cliniques de phase 2, a d’ores et déjà démontré sa bonne tolérance en association avec les traitements de référence" souligne Gilles Avenard.

Le développement du glenzocimab est aujourd’hui envisagé en association avec l’alteplase avec ou sans thrombectomie. "Tous les anticoagulants ont été essayés (en combinaison avec l'alteplase) et provoquent des saignements, ce qui n'est pas le cas de notre candidat-médicament" insiste le dirigeant, qui précise que le "glenzocimab a pour vocation d’être administré par voie intraveineuse en perfusion pour couvrir la phase aigüe de l’AVC", correspondant aux 4h suivant l'apparition des premiers symptômes. "À terme, la société pourrait également envisager son développement clinique dans le traitement de la phase post-aiguë, soit 6h à 24h après l’apparition des symptômes, pour laquelle aucun traitement pharmacologique n’est actuellement approuvé" précise le communiqué.

Acticor vient d’achever le recrutement d’un essai clinique de phase 2a (ACTIMIS) dans six pays européens, avec glenzocimab dans l’AVC ischémique en association avec le traitement de référence. Les 160 patients de l’étude ont été inclus et les résultats finaux sont attendus au 1er trimestre 2022. Dans la même indication, Acticor a également démarré une étude adaptative de phase 2/3 (ACTISAVE) en Europe au cours du 3e trimestre 2021, pour évaluer l’efficacité du glenzocimab en association avec le traitement de référence dans les 4h et demi après le début des symptômes. Le premier patient de cette étude de phase 2/3 a été recruté le mois dernier en France, et Acticor prévoit de réaliser ses premiers recrutements aux Etats-Unis au premier semestre 2022. Cette vaste étude inclura 1000 patients.

Après avoir déjà levé 44 millions d'euros depuis sa création "dont 34 millions en private equity, mais aussi via le crowdfunding au tout début" détaille Gilles Avenard, les fonds récoltés à l'occasion de l'introduction en Bourse doivent permettre à Acticor de poursuivre le développement clinique de son candidat-médicament. L'idée est de "jouir d'une visibilité financière jusqu'à fin 2023 et les résultats intermédiaires de l'étude de phase 2/3, avant de nouer des accords de licence avec des groupes pharmaceutiques", confie le dirigeant.

Il estime le potentiel de marché à un milliard d'euros par an, en considérant qu'il y a 4 millions d'AVC ischémiques par an dans les principaux pays développés, que 20% seulement des victimes arrivent à l'hôpital suffisamment vite, et sur la base du prix moyen du traitement actuel (l'alteplase est vendu environ 500 euros en Europe et... 5000 dollars aux Etats-Unis).

Concernant les modalités de l'opération, l’offre d'Acticor porte sur près de 2,4 millions d'actions ordinaires nouvelles à émettre dans le cadre d’une augmentation de capital en numéraire et par compensation de créances avec suppression du droit préférentiel de souscription par voie d’offre au public, correspondant, à titre indicatif, à un montant d’environ 20 millions d'euros, prime d’émission incluse, pouvant être porté à environ 26,5 millions en cas d’exercice de la clause d’extension et de l’option de surallocation. La fourchette indicative de prix va de 7,12 à 9,62 euros par action, et Acticor a déjà reçu des engagements de souscription de la part de ses actionnaires historiques (des fonds français mais aussi le belge Newton BioCapital qui avait mené le tour de table de 2018 ou encore des fonds coréen et chinois, également entrés au capital à cette occasion) pour un montant total de 10,3 millions d'euros, soit 51,5% de la taille nominale de l’opération (au point médian de la fourchette de prix). La fixation du prix de l'offre est prévue pour le 27 octobre, avant le règlement-livraison du placement global le 29 octobre puis le début de la négociation des actions Acticor le 1er novembre sur le compartiment Growth d'Euronext.

Le produit net de l'offre sera affecté: hauteur de 62% des fonds levés à la recherche clinique, et notamment la poursuite du développement clinique du produit, à hauteur de 20% pour la production, le développement pharmaceutique et non clinique du glenzocimab (Acticor a d’ores et déjà anticipé la production du glenzocimab, dont la durée de conservation est longue (36 mois de stabilité) et le stockage aisé (entre 2 et 8°C), en vue de sa future commercialisation) et les 18% restants seront consacrés aux dépenses de fonctionnement.

Outre l'AVC ischémique, qui constitue l’une des premières causes d’invalidité acquise chez l’adulte et la 2e cause de décès dans le monde, Acticor nourrit également des ambitions dans d'autres indications telles que l’embolie pulmonaire et l’infarctus du myocarde pour lesquelles le lancement d’essais cliniques (du glenzocimab, en combinaison avec les traitements existants) est envisagé courant 2022. Un essai clinique de phase 2, en France et au Brésil, a enfin été mené chez 60 patients présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) lié au Covid-19 et dont les résultats sont attendus au 1er trimestre 2022. "Sur le Covid-19, si les résultats sont positifs, nous irons chercher de l'argent soit de la part d'un Etat soit d'un groupe pharmaceutique" annonce Gilles Avenard.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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