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Quelles sont les actions les plus chères de la Bourse de Paris en 2020?

samedi 5 décembre 2020 à 07h00
Kering devient l'une des actions les plus chères du marché parisien en cours nominal

(BFM Bourse) - Le secteur du luxe poursuit sa progression au sein du classement des actions au cours nominal le plus élevé, dépassant 1.000 euros l’unité pour beaucoup d’entre elles. Après Hermès, Kering entre dans notre palmarès - et LVMH n’est plus très loin. Mais les premières places sont toujours trustées par des holdings, extrêmement peu liquides, de la galaxie Bolloré.

Dans ce classement des 15 actions les plus chères de la Bourse de Paris, les valeurs du marché libre d'Euronext ne sont pas prises en compte. Rappelons que le cours nominal ne dit rien de la valorisation des entreprises considérées (et donc de leur "cherté" intrinsèque), puisqu’il faut multiplier par le nombre d’actions composant le capital de chaque société pour obtenir la capitalisation, qu’on peut ensuite comparer par exemple au bénéfice net pour obtenir le PER, pour ne citer que le plus connu des nombreux ratios utilisés en analyse financière.

N.B.: ce classement ne tient compte que des titres évoluant sur le marché réglementé, à l'exclusion d'Euronext Access et Euronext Growth

N°15. Kering : 601,90 euros

Après Hermès (entré en 2019 et qui progresse cette année à la 8e place), Kering intègre à son tour notre top 15 des valeurs facialement les plus chères. En dépit du ralentissement des ventes dû à la pandémie, l'action a en effet réussi à progresser en Bourse depuis le début de l'année. Si l'action du groupe dirigé par la famille Pinault conserve son avance d’ici la fin du mois, 2020 marquera le cinquième exercice consécutif de hausse en Bourse.

N°14. EPC Groupe (parts de fondateurs) : 635 euros

La Société Anonyme d’Explosifs et de Produits Chimiques a été créée à la fin du XIXe siècle, ce qui en fait l'une des doyennes de la cote. Fait remarquable, elle n'a connu depuis 1893 que quatre dirigeants, en comptant l'actuel PDG ! Le mandat d’Olivier Obst a d'ailleurs été renouvelé cet été pour trois ans. Le capital de l'entreprise, spécialiste mondial des explosifs industriels, est constitué d'actions ordinaires (code EXPL, actuellement un peu moins cher) et de parts de fondateurs (EPCP), les deux titres affichant un cours nominal important.

N°13 Malteries Franco-Belges : 645 euros

Filiale des Malteries Soufflet, la société a subi au titre de son exercice 2019/2020, clos au 30 juin, un repli de 7% de son chiffre d'affaires compte tenu de la chute de la consommation de bière hors foyer et de l'annulation des grands événements, habituellement très générateurs de consommation de bière. Néanmoins, grâce à la quote-part des sociétés mises en équivalence (Compagnie Internationale de Malteries et ses filiales), le résultat net de l'exercice est resté stable par rapport au précédent.

Alors que le marché de la bière dans son ensemble pourrait enregistrer globalement une baisse de 10 à 15% en 2020, le groupe se tient prêt à ajuster sa production en fonction de la demande - tout en poursuivant sa stratégie de montée en gamme afin de répondre à l’évolution du marché vers les bières premiums. Une tendance favorisant l’utilisation de malts et notamment de malts spéciaux. Le titre Malteries Franco-Belges fait l'objet d'échanges presque tous les jours, les volumes ont même dépassé les 100 titres quelques fois cette année.

Etonnant : Soufflet, qui détient plus de 90% des parts, avait évoqué la possibilité d’un retrait de la cote en lançant en 2019 une OPA sur le solde du capital. La législation l'y autorise... Mais pour l'instant aucun retrait n'est annoncé. Autre bizarrerie, l'absence totale de rémunération versée aux mandataires sociaux (dont le PDG Jean-Christophe Figueroa, ancien vice-président de Faurecia, qui a succédé à Christophe Passelande). C’est a priori la maison-mère qui le rémunère. Mais dans ce genre de situation on a plus souvent l'habitude de voir les salaires imputés sur la filiale cotée que l'inverse.

N°12. Forestière Equatoriale : 680 euros

La Forestière Equatoriale est une des sociétés du groupe Bolloré. Comme souvent dans la galaxie Bolloré –laquelle compte actuellement pas moins de 9 entités cotées, Vivendi comprise- l'entreprise prend à la fois la place d'une des poupées russes dans la cascade de holdings (entre Compagnie du Cambodge, Financière du Champ de Mars et Société Bordelaise Africaine), tout en détenant une activité propre, ici sa participation dans la société ivoirienne Sitarail, exploitant le réseau ferroviaire reliant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Siégeant à Abidjan, l'entreprise réalise ainsi la totalité de son chiffre d'affaires en Afrique. Les échanges sur le titre sont très rares: depuis le 1er janvier, 60 actions ont changé de mains.

N°11. Financière de l'Odet : 736 euros

Il s'agit de la holding cotée située la plus en haut dans la galaxie Bolloré, et celle sur laquelle il y a le plus d'échanges. Les chasseurs de décote sont actuellement particulièrement à l'affût, au vu de l'appétit pour le titre manifesté par l'actionnaire de référence, via Bolloré Participations notamment.

N°10. Robertet (certificat d'investissement) : 780 euros

Voir N°6

N°9. Burelle : 794 euros

La holding de la famille fondatrice détient 58,78% du capital de l'équipementier automobile Plastic Omnium. Burelle SA détient aussi une société immobilière, la Sofiparc, et une entité dédiée au private equity et à la dette high yield, Burelle Participations. La décote de la holding par rapport à la valeur théorique de ses parts dans Plastic Omnium s'est quelque peu accrue en 2020, Burelle affichant un parcours légèrement négatif depuis le 1er janvier alors que Plastic Omnium est désormais nettement dans le vert.

N°8. Hermès International : 826,40 euros

Surperformant le marché mais aussi son secteur d'appartenance, Hermès progresse encore au sein de ce classement. Perpétuellement décrite comme une valeur chèrement valorisée, l'action devrait enregistrer une huitième année consécutive de hausse… Autant dire que les descendants de Thierry Hermès (familles Guerrand, Puech, Dumas, Rédélé, de Seyne, etc.) qui contrôlent la majorité du capital ne sont pas prêts de renoncer à leur indépendance.

N°7. Robertet (action ordinaire) : 890 euros

Créée en 1850 et établie en 1883 à Grasse, Robertet est l'une de ces sociétés familiales relativement discrètes, mais qui connaît un rayonnement international. La firme est en effet le numéro 1 mondial des ingrédients naturels, notamment les produits aromatiques, destinés à la parfumerie. Après l'acquisition d'une participation minoritaire par le suisse Firmenich, qui s'est dit prêt à étudier une prise de contrôle, un autre concurrent helvète, le géant Givaudan, s'est invité au capital cette année. Mais le groupe familial Maubert (le PDG Philippe Maubert représentant la 4e génération aux commandes de l'entreprise) reste intraitable sur l'indépendance du groupe.

N°6. Dassault Aviation : 946 euros

Le cours de Dassault Aviation est repassé cette année sous la barre des 1.000 euros dans un contexte économique pénalisant pour les perspectives de l'aviation d'affaires. Néanmoins, le titre conserve pratiquement son rang au sein du palmarès, soutenu notamment par les nouveaux contrats du Rafale à l'export (Grèce et Indonésie).

N°5. Société Fermière du Casino Municipal de Cannes : 1170 euros

Dans cette acception, une société fermière (des jeux) est une société qui a obtenu de l'État le droit de tenir une maison de jeux. Sans faire juridiquement partie du groupe casinotier Lucien Barrière, SFCMC bénéficie d'un accord commercial qui lui permet d'exploiter le Casino Barrière de Cannes Croisette (à l'origine casino municipal de Cannes) et le Barrière Les Princes. Outre ces deux casino, SFCMC est active dans l'hôtellerie de luxe et la restauration, avec trois hôtels (le Gray d'Albion, le Majestic et le Carl Gustaf à Saint-Barth), huit restaurants, un spa et neuf bars. La famille Desseigne-Barrière possède la majorité du tour de table, qui comprend également des investisseurs comme Marc Ladreit de Lacharrière. Le flottant se réduit à 6,15%.

N°4. Sofragi : 1560 euros

Mondoblig, Frandev, Domanial… Les moins jeunes de nos lecteurs ont peut-être connu ces sociétés constituant un type de placement qui étaient encore cotées dans le dernier quart du XXe siècle. Mais les Sicaf, ou sociétés d'investissement à capital fixe (contrairement à une Sicav dont le capital varie en fonction des souscriptions et des rachats, les actionnaires n'ont pas la possibilité de faire reprendre leurs parts à tout moment) sont en voie d'extinction. Sofragi, dernière représentante de l'espèce en Bourse, va être transformée en Sicav et retirée de la cote. Les cotations seront suspendues le 28 décembre et la radiation interviendra le 4 janvier prochain. Les rares détenteurs qui n'auraient pas vendu pourront alors conserver des parts de la Sicav, ou demander leur rachat à la société comme le prévoit ce nouveau statut.

N°3. Financière de l'Artois : 3800 euros

La Société Industrielle et Financière de l'Artois est une des holdings de l'ancienne galaxie de la banque Rivaud, aujourd'hui contrôlée par Bolloré. Dotée d'une activité propre, autour de la fabrication et de la commercialisation de terminaux spécialisés, la financière de l'Artois détient surtout des participations dans des entités apparentées comme la Financière du Loch, les Plantations des Terres Rouges et d'autres sociétés issues de la banque Rivaud. En retour, son capital est réparti entre le Groupe Bolloré, la Financière Moncey ou la Compagnie du Cambodge. On vous rassure, même avec un croquis sous les yeux, démêler l'écheveau n'est pas chose aisée.

N°2. Financière Moncey : 4320 euros

La Financière Moncey est un autre rouage clé de dans l'imbrication de holdings financières constituant l'empire Bolloré. Elle est détenue par la Compagnie du Cambodge, la Société des Chemins de Fer et Tramways du Var et du Gard, Plantations des Terres Rouges et d'autres sociétés du groupe Bolloré, ne laissant que des miettes entre les mains du public. L'essentiel de ses actifs sont constitués de ses participations dans la Société Industrielle et Financière de l'Artois ainsi que la Compagnie des Tramways de Rouen. Moncey contrôle par ailleurs IER, une entreprise qui produit des bornes de recharge et des équipements de contrôle des passages piétons.

N°1. Compagnie du Cambodge : 5150 euros

La société complète le trio de l'ancienne galaxie Rivaud désormais intégrée au groupe Bolloré. Le système de participations croisées rend encore une fois difficile de situer précisément sa place parmi l'enchevêtrement de sociétés du groupe. Jusqu'à l'apport de Havas à Vivendi, elle portait la participation de Bolloré dans le groupe de publicité. Aujourd'hui elle détient une majorité du capital de la Forestière Equatoriale, une participation dans IER et 11,5% de Socfin. En novembre, l'actionnaire de référence a racheté 604 actions (via Plantations des Terres Rouges SA).

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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