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L'ambition de la prospérité commune en Chine ne devrait pas dérouter les investisseurs

samedi 4 septembre 2021 à 12h00

(BFM Bourse) - La nouvelle voie de développement empruntée par la Chine vise avant tout à améliorer les revenus disponibles des ménages et à faire grossir les rangs de la classe moyenne, une stratégie qui devrait soutenir la consommation et assainir la croissance à long terme, selon UBS.

Le président Xi Jinping a défini sa vision d'une "prospérité commune" comme celle d'une richesse, tant en termes matériels que culturels, qui soit partagée par tous, mais certainement pas l'égalitarisme. Les dirigeants chinois considèrent désormais avoir achevé la construction d'une société "modérément prospère" à tous égards, une étape largement célébrée, mais l'objectif n'est pas de s'arrêter en si bon chemin. Par rapport à la situation actuelle, des efforts sont nécessaires "pour faire un plus gros gâteau, à partager de manière plus équitable", pour reprendre l'image employée par Han Wenxiu.

Autrement dit, il est attendu de ceux qui ont déjà accédé ou accèdent à la richesse (les premiers de cordée, selon un doctrine énoncée dès l'époque de Deng Xiaping dans les années 1980) qu'ils aident ceux qui restent à la traîne, mais il n'est pas question de décourager leurs efforts. "Nous n'opterons pas pour une approche consistant à voler les riches pour donner aux pauvres" a précisé ce haut responsable du comité central des affaires financières et économiques, signifiant explicitement que "nous ne pouvons pas soutenir les fainéants"

D'un côté, la Chine compte plus de milliardaires que tout autre pays au monde. De l'autre -et même si la "pauvreté absolue", soit le fait de vivre avec moins de 4000 yuans par an, a officiellement été éradiquée l'an dernier- 600 millions de Chinois vivent encore avec de petits moyens, moins de 1000 yuans par mois, soit "à peine assez pour louer une chambre dans une ville moyenne", comme l'a récemment reconnu le Premier ministre Li Keqiang. L'indice (ou coefficient) de Gini des revenus dans le pays est actuellement de 0,47, ce qui dépasse la cote d'alerte établie à 0,40 par l'ONU (le coefficient se situe entre 0, qui supposerait un revenu strictement égal pour tous, et 1, qui représenterait une inégalité complète).

L'objectif est donc d'équilibrer la courbe de distribution des revenus, "en forme d'olive", selon Xi Jinping, en permettant au plus grand nombre d'intégrer une classe moyennement aisée en réduisant donc les inégalités. Ce qui passera par une augmentation du revenu disponible des ménages et une amélioration du système de prévoyance.

À ce stade, les investisseurs ont surtout ressenti de façon négative les effets de l'énonciation de cette doctrine, alors que les autorités ont concrètement choisi de sévir à l'encontre de certains secteurs soupçonnés de ne pas jouer le jeu, comme les cours privés, les médias sociaux et les jeux en ligne. Des mesures destinées à favoriser l'accès au logement en freinant la hausse des prix ont également été lancées en direction de l'immobilier.

Selon UBS, la mise en œuvre de tels changements structurels pourrait maintenir un niveau de volatilité élevé à court terme. Pour autant, le bureau d'études de la banque helvète estime qu'elles devraient aboutir à une croissance économique plus saine et plus équilibrée pour la Chine.

La stratégie de prospérité commune devrait s'appuyer sur trois piliers. Le premier est l'amélioration des conditions de travail et des rémunérations. Il s'agit de faire passer un tiers de la population actuelle à faible revenus (principalement habitants des campagnes, travailleurs migrants dans les grandes villes, et personnes âgées dépourvues de pensions) dans la classe moyenne. Le second levier repose effectivement sur davantage de transferts, via de potentielles taxes sur des profits échappant jusqu'ici à l'assiette (sur les plus-values ou les successions, mais aussi en faisant plus durement la chasse aux revenus non déclarés, en provenance de l'étranger notamment). Enfin, la Chine veut encourager la philanthropie de la part des personnes, physiques ou morales, dotées de grandes fortunes.

Aux yeux d'UBS, la priorité donnée à l'amélioration des revenus, à l'enrichissement de la classe moyenne et à l'emploi est positive pour la croissance à long terme du pays. Malgré les soubresauts au niveau du secteur du luxe, l'orientation stratégique est bien de nature à soutenir la consommation dans le pays (notamment les biens durables).

La banque considère en outre que l'innovation technologique demeure essentielle pour le pays, et que les initiatives antitrust et réglementaires récentes ne visent aucunement à déstabiliser l'industrie numérique, au contraire, et considère que les plate-forme internet conservent un important potentiel à moyen et long terme.

En revanche, l'immobilier est actuellement le secteur le moins apprécié d'UBS compte tenu de l'attention accrue vis-à-vis du crédit et des prix immobiliers.

G. B. - ©2021 BFM Bourse
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