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Alexandre Baradez : Une baisse exagérée de l'euro face au dollar ?

mardi 16 novembre 2021 à 18h37
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - L’euro a touché cette semaine son plus bas niveau depuis juillet 2020 face au billet vert à près de 1,13 dollar, alors que la devise européenne avoisinait encore 1,23 dollar en mai dernier.

Hausse de l’inflation aux Etats-Unis à 6.2%, soit son plus haut niveau en 30 ans, hausse des anticipations d’inflation US à moyen-terme (5 ans dans 5 ans) à des niveaux non vus depuis 2014, rebond des taux longs nominaux américains depuis le début de l’année et évolution du discours de la Fed vers un ralentissement des achats d’actifs, les motifs de la progression du dollar sont nombreux.

Mais les arguments en faveur de l’euro ne sont pas inexistants, bien au contraire. Tout d’abord la situation économique actuelle et à venir de la zone euro : les conseillers économiques du gouvernement allemand anticipent 4,3% de croissance pour la zone l’année prochaine avec une croissance de 4,6% pour l’Allemagne, prévision rehaussée par rapport à la dernière publiée en mars (4%). Ensuite le niveau d’inflation en zone euro, certes inférieur à celui des Etats-Unis mais ressorti quand même à 4,1% en octobre, soit le niveau le plus élevé depuis 2008.

On peut attribuer la force du dollar à la nécessité pour la Fed de normaliser plus vite sa politique monétaire que la BCE, mais les anticipations d’inflation moyen-terme pour la zone euro sont revenues au contact des 2% (mesure de marché très surveillée par la BCE) et ont même fait une incursion au-dessus de ce niveau pour la première fois depuis 2014, signe que la mission de la BCE est déjà bien remplie. Le recalibrage de la politique monétaire annoncé par Christine Lagarde en est un signe.

La faiblesse de l’euro face au dollar peut également sembler exagérée ces dernières semaines alors que les actifs financiers européens progressent, signe que les investisseurs ont de l’appétit et achètent les perspectives économiques favorables en zone euro. La hausse des rendements nominaux, même s’il restent faibles d’un point de vue historique, ne sont pas non plus à exclure quand on mesure les dynamiques sur l’euro face au dollar.

Enfin l’enveloppe moins importante que prévue du plan Biden a également pu jouer en faveur du dollar, car diminuant la perspective d’endettement, mais il y a probablement eu un peu d’excès spéculatif sur le dollar. On observe depuis un mois environ, un rebond des positions spéculatives sur l’euro selon les données de la CFTC (donc une baisse des positions spéculatives sur le dollar).

Pour revenir à la différence de perception du marché des vitesse de normalisation respectives de la Fed et de la BCE, il est important de rappeler que le bilan de la BCE a grossi de 3650 milliards d’euros depuis le début de la crise Covid, soit une hausse de 78%. C’est moins que la Fed qui a vu le sien croître de 106% au cours de la même période, mais cela nécessitera quand même des ajustements importants qui auront un impact haussier sur les rendements.

Une stratégie durablement baissière sur l’euro semble donc dangereuse dans le contexte macroéconomique et financier actuel.

©2021 BFM Bourse
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