Connexion

Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Jean-François Faure : Où stocker ses cryptoactifs en toute sécurité?

vendredi 18 janvier 2019 à 11h04
Jean-François Faure

Jean-François Faure Président d'AuCoffre.com

Jean-François Faure est le président d'AuCoffre.com, la première plateforme en ligne 100% sécurisée pour l’achat et la vente de matières précieuses (or, argent métal). Jean-François Faure a créé et promeut le label Clean Extraction afin de développer une exploitation aurifère …

(BFM Bourse) - Dix ans après l'arrivée du bitcoin, les cryptoactifs poursuivent leur parcours mouvementé. Mais avant de se lancer, il faut réfléchir à la manière de les stocker.

L’année 2018 a marqué le dixième anniversaire de la publication du fameux livre blanc de Satoshi Nakamoto sur le bitcoin, présenté comme un nouveau système de paiement électronique pair-à-pair. Les cryptoactifs se sont faits depuis une place dans notre quotidien : en avril 2017, la valeur marchande combinée de toutes les cryptomonnaies existantes dépassait 27 milliards de dollars, tandis que le nombre de détenteurs actifs (toutes cryptomonnaies confondues) s’élevait à 5.8 millions, selon une étude de l'Université de Cambridge.

Cependant, en investissant dans les cryptoactifs, les épargnants risquent de se retrouver en danger par méconnaissance : il s’agit, en effet, d’un investissement technique et complexe à appréhender, contrairement au mythe véhiculé sur le bitcoin notamment. Initialement conçue comme un instrument d’échange réservé au monde numérique, les crypto-devises nécessitent une connaissance minimale de leur nature et des technologies liées à un tel investissement, dont la principale : la blockchain. Cette "chaîne de blocks" assure le stockage et la transmission d’informations, a priori transparente et sécurisée, sans organe de contrôle extérieur. Elle constitue une base de données contenant l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Grâce à la technologie blockchain, dans l'univers crypto, les transactions sont anonymes, irréversibles et immuables : pour les épargnants commençant à découvrir les cryptoactifs, cet atout constitue également son principal danger à connaître.

Malgré la nature des crypto-devises, qui s’avère être complexe pour le novice, les cryptomonnaies sont devenues aujourd’hui, pour certains, à l’instar de l’or, des actifs de diversification. Néanmoins, la question reste en suspens sur la manière la plus sécurisée possible de les stocker. Alors que les histoires de piratages inondent les médias, la menace constante, sous forme d’un hacker, plane au-dessus de portefeuilles des particuliers.

Des plateformes d’exchange dont la sécurité laisse à désirer

Il existe aujourd’hui de multiples plateformes qui permettent de vendre et d’acheter des cryptomonnaies. Mais celles-ci sont devenues la cible préférée des pirates : même les plus sécurisées d’entre elles ont connu des piratages conséquents depuis 2011. Parmi les plus impressionnants, le hack de la crypto-plateforme japonaise Zaif, qui a subi un vol d’une somme colossale de 60 millions de dollars, ou encore l’attaque sur Coincheck, qui restera dans l’histoire comme l’un des plus grands crypto-hacks avec 530 millions de dollars disparus sur le web.

En dépit des piratages quasi-systématiques des plateformes d’exchange, les particuliers continuent à y stocker leurs cryptoactifs via des portefeuilles en ligne. En gardant ses cryptomonnaies sur une plateforme d’exchange, un particulier fait confiance à un tiers, qui est censé protéger ses actifs. Bien que les plateformes restent l’un des moyens les moins complexes pour commencer à trader les cryptomonnaies, la sécurité de leurs comptes laisse à désirer.

D’après Icorating, la moitié des plateformes d’exchange ne respectent pas les 4 points fondamentaux de sécurité : 41% autorisent les mots de passe comportant moins de 8 caractères, 37% acceptent les mots de passe comportant uniquement des chiffres ou des lettres, 5% permettent la création de comptes dans vérification par courrier électronique et 3% des exchanges n’utilisent pas de système à Double authentification. Seulement 46% des plateformes existantes à ce jour respectent ces quatre paramètres. Il n’est donc guère surprenant que les exchanges fassent couler beaucoup d’encre, les cryptoactifs qui y sont stockés filant entre les doigts de leurs propriétaires, faute de conformité minimale de la plupart d’elles aux protocoles de sécurité.

Dispositif physique pour garder les crypto-devises chez soi

Un hardware wallet – un portefeuille physique contenant les cryptoactifs – est considéré comme une alternative de garde plus sûre que le stockage sur une plateforme d’exchanges. Que vos cryptoactifs soient stockés sur un Ledger ou un Trezor, il est rassurant de pouvoir le toucher, contrairement aux portefeuilles en ligne. L’avoir à portée de mains induit un sentiment de contrôle. Un Ledger plein à craquer de bitcoins sur la table de chevet peut permettre à certains de mieux dormir.

C’est une fois que le dispositif s’avère introuvable que l’idée de la garde du Ledger à domicile pose problème. Perdu, volé ou jeté par accident, son contenu peut être reconstitué à l’aide de la phrase de récupération. S’il est impossible de mettre la main sur le document avec le mot en texte brut qui donne accès au wallet, les cryptoactifs seront très probablement perdus à jamais. L’histoire du malchanceux James Howells est un exemple flagrant. Ayant été l’un des premiers à parier sur la crypto-monnaie en 2009, il a jeté le disque dur de son ordinateur, contenant la clé de son portefeuille physique par mégarde. La clé USB, avec un montant de Bitcoin qui avoisinerait 63 millions d’euros aujourd’hui, est inutilisable, alors que Howell continue à fouiller dans une montagne d’ordures dans ses recherches de la clé du paradis perdu.

La garde froide externalisée pour une sécurité maximale

Bien qu’à ce jour, le hard wallet représente le type de portefeuille de crypto-devises le plus sécurisé, ses propres conditions de garde revêtent une importance toute particulière. Imaginez avoir acheté un lingot d’or, par exemple, et de l’avoir directement posé sur la commode de votre salon. Aussi impensable que cela puisse paraître, certains s’exposent volontairement à tous les risques que ce genre de geste implique, en laissant leurs hard wallets non-protégés et à portée de tous. Le portefeuille physique contenant les crypto-actifs représente un bien de valeur et doit être conservé comme tel.

Première option : opter pour un coffre-fort physique chez soi. Il faut tout de même savoir qu’un bon coffre constitue un investissement majeur et n’est pas toujours rentable par rapport aux biens qu’on compte y stocker. De plus, lors d’un cambriolage, c’est justement le coffre qui attirera l’attention des malfaiteurs une fois identifié.

La deuxième option consiste à mettre votre portefeuille physique et son "recovery sheet" dans un coffre-fort à la banque, voire même en dehors du système bancaire. Car en effet, là aussi, même si on décide de stocker son hard wallet en garde froide à la banque, on prend le risque de ne pas pouvoir y accéder au moment voulu, et ainsi de rater l’occasion d’acheter ou de vendre ses cryptoactifs. A l’époque de la crise financière chypriote en 2013, par exemple, les banques sont restées fermées pendant 12 jours. Les particuliers, qui y détenaient leurs actifs et restaient toujours leurs propriétaires, ne pouvaient ni y accéder, ni les revendre. Il existe des solutions de garde froide en dehors des systèmes bancaires, qui permettent de continuer les transactions et d’accéder à ses actifs, même par temps de crise.

En effet, stocker son portefeuille physique, accompagné de sa documentation de récupération dans un coffre-fort privé, géré par un organisme fiable et sécurisé, présente des avantages. Premièrement, le Ledger et son recovery sheet sont conservés sous un régime de haute sécurité, ce qui élimine le risque de perte ou de vol. Deuxièmement, ces établissements permettent d’effectuer des transactions avec les crypto-actifs à tout moment, grâce à la tokenisation. Ainsi, lors d’une vente, le propriétaire n’a pas besoin de manipuler physiquement son portefeuille : il a accès aux copies numériques de ses actifs et pourra donc effectuer une transaction quand bon lui semble, et ceci sur une blockchain semi-privée. Ce genre de blockchain "de deuxième niveau" lie les utilisateurs dont l’identité est connue par l’organisme privé. Son fonctionnement autorise donc le traçage, voire l’annulation de la transaction en cas d’erreur. Qui plus est, chaque opération sur la blockchain semi-privée est certifiée, ce qui contribue à la lutte contre le blanchiment d’argent, et le financement du terrorisme. Un tel système est même assurable, ce qui n’est pas le cas des cryptoactifs stockés à domicile, dans une banque ou sur une plateforme d’exchange.

Quel que soit le choix de stockage des cryptoactifs, il est primordial de sécuriser non seulement le support sur lequel ils sont conservés, mais aussi les conditions de garde de ce dernier. Même si, en définitive, la garde froide est le moyen le plus sécurisé pour protéger ses avoirs numériques, leur propriétaire doit rester vigilant. In fine, c’est lui le responsable de la sécurité de ses biens, qu’ils soient numériques ou non.

©2019 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+284.40 % vs +3.66 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat