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Cours de l'euro dollar : Les défis de la rentrée et le risque baissier

mardi 20 août 2019 à 16h55
Vincent Ganne

Vincent Ganne Business Development Manager chez Tradingview France

Stratégiste de marché, analyse technique des marchés financiers, formateur, intervenant sur BFM Business.
Diplômé d’Audencia Nantes, l’école supérieure de commerce de Nantes, et du diplôme international d’analyse technique des marchés financiers (CFTe 2). Approche globale des …

(BFM Bourse) - Le cours de l’euro/dollar (EUR/USD) revient actuellement au contact de ses plus bas annuels, qui correspondent au niveau de cours de l’année 2017, sur fond de taux d’intérêt largement négatif au sein de la zone euro et d’un risque grandissant de récession pour l’Allemagne.

Officiellement et dans ses statuts, la Banque Centrale Européenne (BCE) n’a pas d’objectif lié au taux de change de la monnaie unique européenne. Mais dans le contexte actuel de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, la "guerre des changes" est devenue une des dimensions de l’affrontement, devenant presque vitale pour le secteur manufacturier des deux côtés de l’Atlantique.

Il faut bien comprendre que le cours de l’euro dollar serait déjà largement sous les 1.10$ si la baisse du taux EUR/USD n’était pas « freinée » par la Réserve Fédérale (FED), qui a diminué son taux d’intérêt de refinancement de 25 bps le mercredi 31 juillet dernier. L’économie des Etats-Unis est actuellement la seule économie occidentale à se maintenir en haut de cycle, alors que la guerre commerciale a clairement rompu le rythme de croissance de la Chine, de l’Allemagne et du Japon. Logiquement, le dollar US se maintient tout en haut face à un panier de devises majeures, ce qui déplaît fermement à Donald Trump qui veut apporter de la compétitivité change à ses entreprises.

Rappelons en effet que les indicateurs d’activité cyclique mettent en évidence une pente très négative pour l’industrie exportatrice et même une contraction pour le secteur manufacturier de l’Allemagne par exemple. La chute de l’euro n’a jamais été souhaitée par la Bundesbank, mais ceci ne semble plus gravé dans le marbre dans le contexte actuel. La meilleure illustration de cette détérioration cyclique est la pente fermement baissière et largement négative du rendement obligataire à 10 ans de l’Allemagne.

10 ANS ALLEMAND – source TradingView

La guerre des monnaies est entrée au mois d’août dans une nouvelle étape avec la Chine qui laisse désormais se déprécier la valeur du Yuan Renminbi (CNY), une hausse du taux USD/CNY pour compenser en partie les tarifs douaniers. À partir du 15 décembre prochain, ce sont en effet 95% des produits chinois exportés par les Etats-Unis qui seront taxés.

La BCE de Mario Draghi a toujours cherché à agir sur le cours de l’euro par un "verbe" bien approprié et cela est à nouveau une réalité depuis le discours de Draghi lors du Forum monétaire de Sintra au mois de juin dernier. L’affrontement douanier entre la zone euro et les États-Unis est encore marginal mais le change est déjà un enjeu primaire. Chaque camp y va de ses propres communications et outils pour agir sur la dynamique du cours de l’euro dollar, la tendance baissière pour la BCE et la tendance haussière pour le couple Fed - Trump. C’est d’ailleurs la source principale d’une neutralisation de la tendance du taux EUR/USD depuis de plus d’une année, dans un étroit range compris entre 1.11$ et 1.15$.

Mais le rentrée 2019 conjugue plusieurs risques fondamentaux baissiers pour le taux EUR/USD :

A] Le risque politique : Les grandes tendances politiques en Europe ont une forte influence sur le cours de l’euro dollar. En 2017 par exemple, la victoire de Macron (et la défaite des extrêmes) avait généré une tendance haussière appuyée pour l’euro. A la rentrée, c’est le risque politique italien qui devrait peser, avec des élections générales anticipées qui pourraient donner carte blanche budgétaire à la Ligue de Salvini ; un dérapage budgétaire important de l’Italie serait baissier pour le taux de change de l’euro. Gardons aussi à l’esprit la forte probabilité d’un Hard Brexit, entraînant des dégagements sur la Livre Sterling (GBP/USD) et par corrélation positive, sur le taux EUR/USD.

B] Le risque macro-économique : Si l’Allemagne n’est pas encore en récession sur une année complète, les agrégats industriels du second et du troisième trimestre rendent ce scénario de plus en plus probable. L’allure négative du commerce mondial pénalise fortement le PIB allemand, c’est ici la source principale de la lente baisse du cours de l’euro dollar ces derniers mois.

C] Une Banque Centrale Européenne (BCE) ultra accommodante : Conséquence des deux premiers risques, la BCE devrait annoncer des mesures monétaires ultra-accommodantes lors de sa réunion du mois de septembre, à commencer par une baisse de taux (vers un taux de refinancement négatif) et surtout, le lancement d’un Quantitative Easing 2 (QE2). Une création monétaire qui représente un facteur de baisse pour le taux de change de l’euro.

CONCLUSION : Les mois de septembre et octobre devraient voir le taux EUR/USD basculer sous 1.10$ et tendre vers 1.08$, un niveau franchi à l’époque suite à l’élection de Emmanuel Macron en France. Le seul facteur d’incertitude sur ce scénario est l’action que pourrait mener le couple Trump - Fed pour faire remonter le cours de l’euro dollar.

Cours de l’euro dollar – source TradingView

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