Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Pour remplir ses objectifs climatiques, la France doit stimuler la finance verte

samedi 15 décembre 2018 à 08h00
Décidé à lutter contre le réchauffement climatique, l'État français se dit prêt.

(BFM Bourse) - Trop peu de financements privés se consacrent à la transition écologique en France. Pour y remédier, un rapport remis vendredi à François de Rugy et Bruno Le Maire assure que la création d'un fonds public d'un milliard d'euros pourrait générer par effet boule de neige 10 milliards d'investissements privés.

"La France accumule progressivement un déficit d'investissement significatif (entre 10 à 30 milliards d'euros par an) au regard de ses objectifs" climatiques et les financements publics seuls sont insuffisants, note le rapport piloté par Pascal Canfin, président du WWF France, et Philippe Zaouati, président de Finance for tomorrow et directeur général du fonds Mirova. Ce rapport a été remis, vendredi après-midi, aux deux ministres concernés, François de Rugy et Bruno Le Maire.

L'enjeu : réorienter massivement les flux de capitaux privés, notamment dans le financement de filières encore émergentes ou de projets perçus comme risqués ou insuffisamment rentables, comme la rénovation énergétique des bâtiments, les véhicules bas-carbone, la méthanisation agricole ou encore la filière agro-écologique.

Selon les auteurs du rapport, mandatés l'été dernier par les deux ministères suscités, il suffirait de mobiliser 1 milliard d'euros pour permettre d'investir 10 milliards d'euros avec des investisseurs privés. Leur principale recommandation consiste à faire travailler les sphères publique et privée ensemble pour financer la transition énergétique. Et pour ce faire, "il manque un outil de garantie publique qui puisse financer les investissements privés" pour Pascal Canfin. L'ancien ministre de François Hollande propose donc de créer un "Plan Juncker à la Française" et d'utiliser l'effet de levier pour financer les investissements.

"France Transition"

Ce fonds d'un milliard d'euros pourrait être piloté par une nouvelle entité qui serait baptisée "France Transition" et regrouperait des équipes venues des principaux acteurs du financement de la transition écologique (Ademe, Caisse des dépôts et consignations, Bpifrance et l'Agence française de développement), sous la tutelle de Bercy ainsi que du ministère de la Transition écologique et de Bercy.

La création cette "étiquette commune" permettrait d'accélérer la mobilisation des acteurs privés, assure le rapport, qui préconise aussi que l'Etat établisse un "plan de financement" précis, "affiné secteur par secteur", à partir des objectifs de la feuille de route énergétique de la France et de sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Comme la Banque européenne d'investissement (BEI), "France Transition" aurait vocation à développer des critères communs en matière de garantie publique. Les projets financés viseraient en priorité les technologies matures mais "dont le déploiement apparaît encore risqué aux yeux d'investisseurs privés". Par exemple, les unités de méthanisation d'exploitations agricoles ou les bornes de recharge électriques.

Un milliard d'euros de fonds propres nécessaires

S'il suffit de mobiliser 1 milliard d'euros pour espérer réunir un total de 10 milliards avec l'apport d'investisseurs privés selon Pascal Canfin et Philippe Zaouati, encore faut-il trouver ce milliard, alors que le gouvernement devrait déjà avoir du mal à boucler le budget 2019 après les promesses d'Emmanuel Macron aux "gilets jaunes". Les rapporteurs estiment qu'il serait possible d'obtenir du Fonds européen pour les investissements stratégiques la moitié de ce montant d'amorçage, l'autre moitié étant effectivement tirée du budget de l'État mais à raison de 166 millions par an sur les trois années à venir.

Fin novembre, à l'occasion du Climate Finance Day, Bruno Le Maire avait déclaré que, sur la question de l'action climatique, "personne n'y arrivera tout seul, ni les citoyens, ni les États, ni les entreprises, ni les gestionnaires d'actifs... Il faut que, tous ensemble, nous avancions dans la même direction et conjuguions nos efforts. Et je souhaite que la finance joue pleinement son jeu [son rôle] dans ce domaine." Philippe Zaouati avait corroboré les propos du ministre de l'Économie en affirmant -également lors du Climate Finance Day co-organisé par l'association "Finance For Tomorrow" qu'il préside- que "sans la mobilisation de la finance privée, nous ne parviendrons pas à atteindre les objectifs climatiques".

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+332.10 % vs -2.43 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat