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Janvier 2019, très mauvais cru pour les introductions en Bourse

dimanche 10 février 2019 à 12h00
L'introduction en Bourse de la FDJ est remise en cause

(BFM Bourse) - Seulement 3,7 milliards d'euros de capitaux ont été levés en Bourse à travers le monde lors du mois de janvier 2019, contre 13,64 milliards l'an dernier. En Europe, le montant a été divisé par 11, à 100 millions d'euros, par rapport à janvier 2018. Et des doutes subsistent quant à la privatisation de la Française des jeux.

L'année 2019 démarre très mal pour les introductions en Bourse. Le mois de janvier est même le pire depuis 2015 avec seulement 3,7 milliards d'euros levés contre 13,64 milliards l'année dernière, soit une baisse de 72%, et la tendance est mondiale. Aux États-Unis, historiquement très dynamique, les rares sociétés à avoir fait leurs premiers pas en Bourse ont récolté 2 milliards de dollars, contre 7,9 milliards de dollars en janvier dernier. Cette baisse très nette est au moins en partie imputable à la paralysie des services de l'administration fédérale américaine (le "shutdown") qui a également concerné la Securities and Exchange Commission et entravé le processus d'examen par le gendarme boursier des dossiers de candidats à une introduction en Bourse.

L'Asie a mieux résisté, avec des capitaux levés "seulement" divisés par deux, passant de 4,6 à 2 milliards de dollars. Les conditions n'ont toutefois pas été idéales comme en témoigne l'introduction en Bourse de Maoyan, filiale de Tencent Music et numéro 1 de la billetterie en Chine, début janvier. Celle-ci a été introduite dans le bas de la fourchette de prix et n'a récolté que 250 millions de dollars, largement en-deçà des 350 millions escomptés.

100 millions seulement en Europe

Sur le Vieux Continent, les introductions en Bourse sont quasiment à l'arrêt depuis le début de l'année 2019 avec seulement 100 millions d'euros levés contre 1,1 milliard l'année dernière à la même époque. Traditionnellement néanmoins, les groupes européens attendent généralement d'avoir publié leurs résultats annuels avant de se présenter face au marché. C'est donc à l'issue de la saison des publications, à partir de la fin du mois de février, que le rythme des introductions en Bourse s'accélère. Ce premier mois de l'année ne présage donc pas nécessairement des onze prochains mois.

"L'optimisme reste de mise. Les conditions de marché sont, jour après jour, plus favorables. 70% des entreprises américaines qui ont publié leurs résultats ont battu les attentes des analystes, signe que l'impact du ralentissement au quatrième trimestre a été bien absorbé. La Fed a assuré le maintien de conditions accommodantes. Les discussions entre la Chine et les Etats-Unis progressent" a expliqué Cyril Court, le responsable primaire actions Europe continentale pour HSBC au journal Les Échos.

Des pipelines bien remplis

Au pays de l'oncle Sam, le pipeline est bien rempli avec de nombreuses licornes (Uber, Lyft, Palantir ou encore Airbnb) attendues en 2019. En Allemagne aussi, de nombreux projets sont dans les tuyaux et, parmi ceux-ci, le plus scruté par les opérateurs est sans doute l'introduction de Traton, la division poids lourds et utilitaires de Volkswagen pour laquelle le géant allemand de l'automobile pourrait céder entre 5 et 6 milliards d'euros d'actions. Il devrait, sauf surprise, s'agir de la plus grosse IPO de l'année. Autres projets d'envergure, les arrivées sur la cote de la banque belge Belfius (créée après le rachat par l'État de la division bancaire belge de Dexia en 2011) ainsi que celui de Cepsa, une compagnie pétrolière espagnole.

En France, la privatisation de la FDJ remise en cause

Cela fait maintenant des mois -depuis octobre 2018 et l'annonce par l'État français de sa volonté de céder une grande partie des 72% du capital de la Française des jeux qu'il détient- que les opérateurs parisiens attendent de pied ferme l'introduction de la FDJ. Seulement voilà, depuis mardi et dans le cadre de l'examen de la loi Pacte, ce projet de privatisation a été retoqué par le Sénat. Si le projet n'est pas mort à ce stade puisque c'est aux députés qu'incombe la décision finale -et ceux-ci peuvent revenir sur le vote du Sénat- les investisseurs craignent maintenant que la pression politique contraigne le gouvernement à jeter l'éponge et à renoncer à cette opération estimée à plus d'un milliard d'euros.

Cette nouvelle est d'autant plus mal accueillie par la Bourse de Paris que fin janvier dernier, déjà, le logisticien Gefco avait suspendu sine die son projet de cotation. Celle-ci était pourtant attendue avec impatience par le marché qui comptait sur elle pour tourner la page d'une année 2018 noire sur Euronext Paris. De fait, quatre introductions avaient été annulées en 2018 (Novares, Autodis, Consolis et Delachaux) et l'opération la plus importante (celle de Neoen, le développeur de parcs solaires et éoliens) avait déçu en ne permettant de lever "que" 628 millions d'euros en octobre.

Alors que le PDG d'Euronext, Stéphane Boujnah, jugeait encore mi-janvier dernier "excellent" le pipeline d'opérations à venir, Arcure (capteurs industriels) est actuellement le seul candidat déclaré à la cotation parisienne en ce début d'année 2019. L'opération se fera sur Euronext Growth, marché alternatif pour les entreprises de taille moyenne.

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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