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Comment inciter les jeunes à acheter des actions

dimanche 25 novembre 2018 à 12h00
Les jeunes sont peu nombreux à détenir des actions

(BFM Bourse) - Les moins de 40 ans ont envie et besoin de contribuer au monde de demain. Pourtant, ils placent rarement leur épargne dans les marchés actions.

"Millennials", "Xennials": les jeunes générations d'actifs épargnent mais investissent peu dans les entreprises. "Après la crise, on a constaté une baisse du nombre d'actionnaires individuels", rappelle Blandine Fischer, commissaire générale du salon Actionaria, d'où la nécessité selon elle de cibler les jeunes, "actionnaires de demain".

Une étude menée par Actionaria avec le groupe Air Liquide montre que "Millennials" (18-34 ans) et "Xennials" (35-41 ans) ne font pas le lien entre leur épargne et la possibilité d'investir dans des projets d'entreprises.

"On est face à une population qui a envie et besoin de contribuer au monde de demain", observe Blandine Fischer. Pourtant, les 18-41 ans sont moins d'un quart à vouloir placer une partie de leur épargne dans une entreprise qui développe les innovations qui leur paraissent utiles.

Beaucoup n'ont pas les moyens d'investir

Même constat chez Stéphane Toullieux, président d'Athymis gestion qui a lancé un fonds pour les entreprises dont les produits ciblent les "Millennials". "C'est une génération connectée, en quête de bien-être, qui mange mieux, fait plus de sport", énumère-t-il. Pour autant, les actionnaires d'Athymis Millennial qui investissent dans ces secteurs ont souvent plus de 50 ans. Les 18-41 ans n'investissent pas là où ils consomment. "Ils n'investissent pas tout court, ils n'ont pas toujours les moyens", notamment à cause du prix des études, relève Stéphane Toullieux.

"Il y a un deuxième paradoxe entre les projets de ces générations, pour qui l'acquisition d'un logement est par exemple très importante, et les produits qu'ils choisissent pour épargner", analyse Patrick Renard, directeur du service actionnaires du groupe Air Liquide.

Près de deux tiers des 18-41 ans privilégient en effet les livrets ou des produits à faible rendement pour placer leur épargne quand celle-ci doit rester disponible, selon l'étude Air Liquide-Actionaria.

La Bourse est plutôt pour les actionnaires plus âgés

Les supports privilégiés diffèrent toutefois pour l'épargne dont ils n'ont pas besoin avant au moins cinq ans: ils préfèrent alors l'épargne logement ou l'assurance vie, les livrets arrivant tout de même en troisième position, loin devant l'investissement boursier qui est, lui, privilégié par les actionnaires plus âgés.

Pourtant, les jeunes générations ne sont pas forcément "risquophobes": elles n'hésitent par exemple pas à participer à des opérations de financement participatif (crowdfunding) ou à acheter des cryptomonnaies.

"Le +crowdfunding+, c'est un besoin de participer à une aventure, du mécénat mais pas de l'épargne", tempère Patrick Renard. "Sur les cryptomonnaies, on voit qu'il y a une désaffection depuis la chute du bitcoin. De plus les entreprises ne peuvent pas encore être financées par les cryptomonnaies en France.

Les banquiers frileux

S'ils investissent dans les cryptomonnaies, c'est parce que les jeunes sont relativement mieux informés sur le sujet que sur l'investissement en entreprise. L'étude Air Liquide-Actionaria 2017 montrait qu'ils se tournent en effet d'abord vers leur banquier ou vers leurs proches avant de s'informer directement grâce à la presse spécialisée, à internet ou aux salons.

Si les actionnaires parmi leurs proches sont de bons conseils, selon Patrick Renard, les banquiers sont beaucoup plus frileux à proposer l'achat d'actions ou de produits plus risqués mais plus rentables.

L'Autorité des marchés financiers l'avait démontré après avoir effectué des "visites mystères" dans des banques: un jeune actif intéressé par les entreprises, propriétaire et souhaitant investir 22.000 euros, était plus souvent redirigé vers des contrats d'assurance vie ou d'épargne bancaire que vers l'investissement direct en actions.

"Il y a des blocages liés aux interlocuteurs et aux outils", explique Patrick Renard, "on ne s'adresse pas aux jeunes sur le même ton et sur les mêmes supports: il faut être un peu décalé, utiliser les outils numériques et les réseaux sociaux". Les quatre piliers qui sont selon lui nécessaires pour capter les jeunes sont repris dans le programme des ateliers du salon Actionaria qui se tenait jeudi et vendredi: performance et sens social de l'investissement, pédagogie et accompagnement de l'actionnaire.

(Avec AFP)

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