(BFM Bourse) - La banque a abaissé son opinion sur le groupe hôtelier à "conserver" contre "acheter", jugeant que le rebond de l'activité dû à la fin du conflit au Moyen-Orient était largement intégré dans les cours.
L'information est un peu passée inaperçue mais Accor a signé jeudi un plus haut historique en Bourse, son action touchant 52 euros.
Le groupe hôtelier a repris en trois mois près de 25%, après avoir, certes, chuté en mars.
Le propriétaire des marques Ibis, Sofitel ou Novotel bénéficie de la fin du conflit au Moyen-Orient, une région à laquelle Accor est particulièrement exposé. Cette zone représentant environ 10% de ses revenus contre 6% pour le britannique InterContinental Group.
Jeudi, Barclays a relevé son objectif de cours à 62 euros sur le titre, qualifiant Accor de "gagnant de la paix". La banque britannique indiquait percevoir une forte croissance du bénéfice par action du groupe hôtelier à moyen terme.
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La reprise au Moyen-Orient largement intégrée
Ce vendredi, Jefferies vient de son côté calmer le jeu. La banque a abaissé son opinion à "conserver" contre "acheter" et réduit son objectif de cours à 52 euros contre 55 euros.
À la Bourse de Paris, l'action Accor cède 1,7% en réaction à ce changement d'opinion.
"Si la reprise au Moyen-Orient pourrait soutenir la dynamique des bénéfices jusqu’à l’exercice 2027, celle-ci semble déjà largement anticipée par les marchés, et nous estimons que les perspectives de 're-rating' (appréciation des multiples boursiers, NDLR) sont limitées compte tenu du profil de risque plus élevé et de la sous-performance de l’activité principale", résume Jefferies.
La banque pointe plus exactement la performance de l'activité principale d'Accor à savoir "management & franchise", qui revient à gérer la perception de redevances sur le parc hôtelier en franchise ou en contrats de management. Dans ce dernier type de contrats, Accor joue un rôle plus actif dans la gestion quotidienne, avec davantage de redevances.
Jefferies souligne que cette division, qui représente 78% du résultat brut d'exploitation (Ebitda), a sous-performé ses objectifs ces deux dernières années, avec une croissance de l'Ebitda 6,3% en données publiées, contre une fourchette de 9 à 12% visée.
La banque note également que la hausse du revenu par chambre disponible (RevPAR) chez Accor "n'a pas entraîné de hausse de l'algorithme de croissance des commissions et n'a généré qu'un effet de levier opérationnel limité".
La stratégie de croissance de la division "Luxe & Lifestyle" n'a par ailleurs pas porté ses fruits, épingle Jefferies. La croissance du réseau, c'est-à-dire le nombre de nouvelles chambres ouvertes, s'est avérée inférieure aux attentes de la direction.
Le segment tradtionnel du groupe, qui englobe les hôtels premium, de milieu de gamme et économique, a de son côté vu sa marge d'Ebitda reculer (73,8% en 2022, 73,2% en 2025) malgré l'accent mis sur "l'industrialisation et la mise à l'échelle du modèle (services, activités, processus) ainsi que sur l'efficacité des performances opérationnelles".
La conclusion de Jefferies est qu'Accor sous-performe ses rivaux en matière de performance opérationnelle. En conséquence, la banque applique, dans son modèle de valorisation, une décote de 20% par rapport aux multiples de bénéfices du concurrent InterContinental Group.
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