par Ellis Mnyandu
NEW YORK (Reuters) - Wall Street pourrait poursuivre sur sa lancée au cours des prochains jours à condition que le président de la Fed, Ben Bernanke, se montre rassurant sur la reprise et que les groupes de grande distribution publient des résultats solides.
Les investisseurs attendent des précisions sur la politique monétaire de la Fed après l'annonce surprise jeudi d'un relèvement de son taux d'escompte, celui auquel elle accorde des prêts en urgence aux banques, une décision qui marque un début de réorientation de la politique ultra-accommodante menée depuis le début de la crise.
Pour la banque centrale, ce relèvement traduit le fait que le secteur financier est désormais suffisamment assaini pour se passer d'un accès exceptionnellement bon marché à des liquidités. Mais certains observateurs craignent un retrait plus rapide d'autres dispositifs de soutien à l'économie.
Dans ce contexte, les auditions semestrielles de Ben Bernanke par le Congrès sur la politique monétaire (mercredi à la Chambre des représentants, jeudi au Sénat) seront écoutées encore plus attentivement qu'à l'ordinaire.
"On sera à l'affût d'une confirmation de la voie choisie par la Fed", explique John Praveen, responsable de la stratégie d'investissement de Prudential International Investments Advisers. "On espère obtenir des éclaircissements sur le calendrier de (la stratégie de sortie de crise)."
La hausse du taux d'escompte "est-elle le reflet de sa confiance dans la stabilisation des marchés et dans la reprise économique, ou (la Fed) est-elle très préoccupée par l'inflation, ce qui la conduit à relever les taux ?", s'interroge-t-il.
LA CONSOMMATION SURVEILLÉE DE PRÈS
Autre rendez-vous clé pour Wall Street cette semaine: la publication des résultats de plusieurs grands noms du secteur de la distribution, parmi lesquels Home Depot, Target et Macy's.
S'y ajouteront une nouvelle série d'indicateurs économiques, comme l'indice de confiance du consommateur et les ventes de logements neufs.
La consommation des ménages représentant deux tiers environ de l'activité économique globale aux Etats-Unis, tout élément tendant à confirmer la reprise des dépenses contribuerait à rassurer les investisseurs sur les perspectives de profits des sociétés cotées.
L'optimisme sur la reprise a déjà permis à l'indice Standard & Poor's 500 de gagner 3,1% sur la semaine écoulée tandis que le Nasdaq progressait de 2,8% et le Dow Jones de 3%.
Cette hausse, favorisée par l'optimisme quant aux perspectives de reprise, a permis au S&P 500 de ramener à 3,6% son recul par rapport au pic du 19 janvier, alors qu'il accusait le 8 février un repli de 8%.
Outre des indicateurs encourageants, cette remontée a été alimentée par des résultats de sociétés globalement solides: sur les 422 entreprises du S&P 500 qui ont publié leurs comptes, 72% ont dépassé les estimations des analystes, 10% les ont égalées et 18% seulement ont publié des chiffres moins bons qu'estimé, selon les statistiques de Thomson Reuters.
Le pourcentage de résultats meilleurs qu'attendu est nettement supérieur à celui de 61% enregistré en moyenne depuis le début de ce suivi en 1994.
Pour Tomas Lee, responsable de la stratégie actions de JPMorgan à New York, la hausse récente des actions trouve son explication dans le fait que "les chiffres publiés pour le quatrième trimestre sont globalement bons, que la visibilité s'améliore et que l'on commence à observer une stabilisation des défauts de crédit".
"Les tendances macroéconomiques évoluent toutes dans la même direction", ajoute-t-il.
Marc Angrand pour le service français
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