MARSEILLE (Reuters) - L'implantation de dépôts d'importation de produits pétroliers finis aurait un "impact aggravant" sur le raffinage français et européen, estime l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
Confronté à une baisse de la demande, le secteur du raffinage français perd environ 150 millions d'euros par mois en France depuis mars 2009.
"Dans le contexte actuel de surcapacité, créer une activité de stockage basée sur l'importation massive de produits finis fabriqués hors zone Europe aurait un impact aggravant sur le raffinage français et européen", a déclaré Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip.
"C'est un avertissement aux pouvoirs publics. L'idée de construire de vastes dépôts d'importation ne peut pas être sans conséquence", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.
Cette question devrait être évoquée lors d'une table ronde sur l'avenir du raffinage français, le 15 avril, organisée à la suite de la grève qui a frappé les raffineries françaises du groupe Total le mois dernier.
"Globalement, il y aura moins de brut traité en Europe. C'est inévitable", a souligné Jean-Louis Schilansky.
Il estime que de 10 à 15% des 114 raffineries européennes devront "se restructurer, se modifier, pour certaines fermer, afin de revenir à un équilibre entre la demande et le débouché".
Sans préciser de date, il a jugé que l'arrivée de nouvelles directives européennes en 2013 "pourraient précipiter les choses".
"Ce n'est pas une évolution que nous n'avons pas vu venir", a-t-il précisé. "La crise de 2008 a rapproché le phénomène de trois, quatre ans. Cette instantanéité a créé une situation particulièrement tendue, qui risque de ne pas être terminée".
La France compte douze raffineries, dont quatre sur le bassin de L'Etang de Berre (Bouches-du-Rhône) qui assurent plus du tiers des capacités du raffinage français (32%).
La consommation française de produits pétroliers a baissé de 2,8% en 2009 par rapport à 2008.
"En 2009, on a eu la même consommation pétrolière qu'en 1982. C'est une réalité avec laquelle notre industrie doit vivre", a conclu le président de l'Ufip.
Jean-François Rosnoblet, édité par Sophie Louet
Copyright © 2010 Thomson Reuters