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Marché : Cette crise bancaire majeure qui menace l'Arabie Saoudite

Face au grippage de ses banques, l'Arabie Saoudite veut rassurer les investisseurs.Face au grippage de ses banques, l'Arabie Saoudite veut rassurer les investisseurs.

(Tradingsat.com) - Un indice boursier au plus bas, des injections de capitaux inefficientes, et des déposants qui retirent leur argent. L’Arabie Saoudite subit une vraie panne de son système financier, qui atteint désormais des points critiques.

L’Arabie Saoudite est-elle en train de rejouer la crise bancaire post-Lehman Brothers ? La question se pose alors que depuis plusieurs mois le système financier saoudien en son entier semble être pris de phases de grippage. L’indice boursier local, le Tadawul, perd 21% depuis le début de l’année, au plus bas depuis 5 ans.

Le secteur bancaire du pays a littéralement la tête sous l’eau. Il est rattrapé en réalité par la forte baisse du pétrole, depuis le milieu de l’année dernière. Cette onde de choc arrive avec effet retard, car elle a paralysé un par un les relais de croissance d’un pays qui dépend précisément à 60% pour son PIB des industries pétrolières et bancaires.

Tensions récurrentes

Et cette vague avec effet retard frappe de plein fouet un secteur bancaire déjà en situation de fragilité, face à la défiance des investisseurs, notamment internationaux, qui redoutaient depuis des mois l’impact-pétrole. Résultat, l’indice Tadawul sectoriel des banques cède 23% depuis le 1er janvier, après déjà avoir essuyé de lourdes pertes l’année précédente.

Les premiers signes sont apparus en février dernier, avec des tensions sur le marché interbancaire, et des indices qui montraient clairement que certaines banques, même parmi les plus grosses, connaissaient des problèmes de liquidité. En gros, presque plus d’argent en caisse pour assurer les opérations courantes.

Le pays rattrapé par la baisse des prix du pétrole

Cela a conduit la banque centrale du pays à une première série d’injections au printemps. Le système bancaire du pays a de nouveau respiré, mais des signes de blocages sont encore apparu pendant l’été.

Les raisons de ces blocages sont claires. Un pétrole moins cher signifie une forte baisse des rentrées d'argent pour le Royaume, ce qui a provoqué d’importantes coupes budgétaires ces derniers mois. Mais le résultat, c'est que tout cela a mis à terre le secteur public, très gros contributeur au PIB, et réduit la croissance à quasiment zéro. Les économistes prévoient tout au plus 1% de croissance cette année, la plus faible depuis 7 ans. 

Prêts d’urgence

Et le Royaume, pour assainir ses finances, retire des masses d'argents considérables des banques dans lesquelles il possède des comptes. Ce qui du coup provoque aussi une forte baisse des dépôts des particuliers, et au final une vraie panne sèche de liquidité pour les banques du Royaume.

La Banque Centrale a donc décidé de réinjecter de capitaux dans le système financier à la fin de la semaine dernière, 5.3 milliards de dollars à travers des prêts d'urgence à 1 mois. Là encore le soulagement aura été de court terme, et l’indice Tadawul a encore signé de nouveaux plus bas ces dernières heures, juste avant les fêtes du nouvel an islamique.

Effet boule de neige

"Dans le sillage, tous les secteurs domestiques sont touchés" dit Abdulhamid Al-Ameri, économiste de marché saoudien. "Les biens de consommation, l’électricité, les médias, les transports… tout ce qui est touché de près ou de loin par la panne de crédit". Certains titres ont même dû être révisés à la baisse tellement ils baissaient.

Les économistes sont très divisés sur le diagnostic, alors que le pays a en plus décidé d’une grande réforme économique à long terme, pour être moins dépendant du pétrole, mais qui aura des conséquences structurelles à long terme.

Soif de capitaux

L'Arabie Saoudite attend donc beaucoup de sa première très grosse émission obligataire, qui doit avoir lieu ces prochaines semaines, pour désenclaver son système bancaire. L’ouverture partielle du capital du pétrolier national, le géant Saudi Aramco, apportera elle aussi des capitaux bienvenus.

Mais en attendant le pays reste dans une situation économique précaire, et compte bien profiter de la stabilisation des prix du pétrole du côté des 50 dollars.

On comprend mieux dès lors la position un peu plus souple du pays dans ses négociations avec les autres pays de l'OPEP, qui ont amené à l’accord historique d’Alger.

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