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Vexim : "nous évoluons sur un marché à forte création de valeur"

(Tradingsat.com) - Vexim est une société de haute technologie, spécialisée dans l'instrumentation médicale, et plus particulièrement dans le traitement mini invasif des fractures vertébrales. Elle s'introduit en bourse (souscription jusqu'au 25 avril 2012) avec de fortes ambitions sur le marché du rachis, le second segment le plus important des dispositifs médicaux de l'orthopédie. Vincent Gardes, le directeur général du groupe, répond à nos questions.

Tradingsat.com : Vous arrivez en Bourse avec un produit, SpineJack, présenté comme très novateur.

Vincent Gardes : C'est un tout petit implant en alliage de titane, qui fait environ 5 mm de diamètre et pèse à peine plus d'1 gramme, qui va se déployer dans le corps de la vertèbre, un peu à l'image de ce que pourrait faire un cric de voiture. Cet implant, expansible jusqu'à 17 mm de hauteur, va donc permettre à une vertèbre aplatie, affaissée, de se redresser et de retrouver sa forme et son volume naturel, en somme de restaurer son anatomie. Un tube en titane permet ensuite de réaliser une injection de ciment dans le corps vertébral afin de maintenir la hauteur restituée par l'implant.

Tradingsat.com : A quel type de population de patients s'adresse cet implant ?

Vincent Gardes : Des personnes de tous âges et des deux sexes puisque un évènement traumatique tel qu'une chute, un accident ou tout autre évènement entraînant une surcharge ou sur-contrainte sur le corps vertébral peut être à l'origine de fracture vertébrale. Mais la cause principale d'un tassement vertébral est d'abord l'ostéoporose, le vieillissement naturel de l'os, qui perd de sa densité et de sa rigidité, une pathologie qui touche davantage la population féminine après la ménopause. Les fractures vertébrales sont causes de douleurs chroniques au dos, induisant une détérioration de la qualité de vie, avec diminution progressive de la taille, réduction de la fonction pulmonaire et in fine augmentation du risque de mortalité.

Tradingsat.com : Quelle est la concurrence ?

Vincent Gardes : Le SpineJack revendique une technologie de rupture par rapport à la gamme de traitements existants, qui va des traitements sans intervention chirurgicale comme le port du corset ou la prise d'anti-inflammatoires, à la cyphoplastie par ballonnets, la technologie la plus évoluée jusqu'à présent, en passant par la cimentoplastie. La cyphoplastie consiste en l'insertion dans le corps de la vertèbre fracturée de un ou plusieurs ballons, qui sont ensuite gonflés avant d'être enlevés. La cavité ainsi créée est remplie de ciment, mais le temps de dégonfler le ballon et de le retirer, la vertèbre a tendance s'affaisser de nouveau. Les études montrent ainsi que le gain de hauteur observé pour un traitement par cyphoplastie reste limité. Il ne dépasse que très légèrement celui obtenu par cimentoplastie, technique qui consiste simplement à injecter du ciment dans la vertèbre fracturée afin d'éviter l'aggravation du tassement initial.

Tradingsat.com : A combien chiffrez vous votre marché ?

Vincent Gardes : Le marché de la vertébroplastie, c'est-à-dire des traitements non chirurgicaux peu invasifs, guidés par imagerie, utilisés pour traiter les fractures de tassement des vertèbres dues à l'ostéoporose, à un traumatisme ou à un cancer, représente globalement 850 millions d'euros sur le plan mondial. La cyphoplastie par ballonnets et la cimentoplastie constituent deux sous-segments de ce marché. Notre ambition est d'atteindre d'ici 3 ans environ 10% du marché actuel de la cyphoplastie en Europe qui est estimé à 150 millions d'euros.

Tradingsat.com : Quel est votre plan de développement commercial ?

Vincent Gardes : Le SpineJack est déjà en vente en France et sur pratiquement tous les marchés européens. La commercialisation a débuté il y a 18 mois. Six commerciaux et un directeur des ventes s'occupent du marché français. La même structure est en cours de recrutement en Allemagne après la création d'une filiale en début d'année. Nous avons pris la décision stratégique de constituer notre propre force de ventes en France et en Allemagne, qui représentent 80% du marché européen, avant de nous attaquer au Royaume-Uni et à l'Italie en 2013.

Tradingsat.com : Qui sont les clients ?

Vincent Gardes : Les cliniques, les hôpitaux, et, au sein de ces établissements, les chirurgiens orthopédistes, les neurochirurgiens ou encore les radiologues interventionnels. Outre les visites traditionnelles, la stratégie commerciale repose sur l'organisation de journée de formations pour former les praticiens à la technique de restauration anatomique d'une vertèbre. Or l'on constate que dans les 6 mois qui suivent cette journée de formation, environ 70% de ces praticiens sont devenus des utilisateurs du produit. Il y a donc un taux de conversion ou un taux d'adoption qui est très élevé pour notre technologie.

Tradingsat.com : Quid du marché américain ?

Vincent Gardes : Nous l'envisageons à un horizon de moyen terme, d'ici 5 ans. Avant d'y commercialiser SpineJack, la Food & Drug Administration exige en effet que nous menions aux Etats-Unis une étude clinique à grande échelle qui porterait sur 300 à 400 patients. Nous avons rencontré la FDA à plusieurs reprises et avons défini avec eux le type de protocole requis pour cette étude. Dans la mesure où la cyphoplastie par ballonnet est déjà agréée aux Etats-Unis, le plus dur est fait. A partir du moment om un produit ou une technique y sont autorisés, la FDA est en effet tenue d'accorder l'agrément à tout nouvel acteur qui arrive avec un produit ou une technique au moins aussi efficace.

Tradingsat.com : Ce qui est votre cas avec SpineJack.

Vincent Gardes : Nous sommes effectivement confiants sur le fait que notre produit ne pourra pas faire moins bien que la cyphoplastie par ballonnet. Nous chercherons donc à démontrer sa supériorité telle que nous l'avons déjà constatée par des études biomécaniques comparatives. Notre principale revendication porte en effet sur la meilleure restauration de l'anatomie de la vertèbre obtenue avec notre technologie, qui permet une expansion contrôlée de la poussée dans l'axe souhaité par le praticien, très supérieure à celle offerte par un ballon.

Tradingsat.com : Quand doit commencer cette étude américaine ?

Vincent Gardes : Nous n'irons pas seul aux Etats-Unis. Nous allons d'abord mener selon le même protocole une étude similaire de taille réduite en Europe. L'étude comparative pilote va débuter à la fin de cette année. Les bons résultats que nous obtiendrons nous donnerons la légitimité pour aller chercher un ou plusieurs partenaires aux Etats-Unis qui nous aideront à financer cette étude clinique à grande échelle, en échange de quoi nous pourrons éventuellement nous mettre d'accord sur les modalités de distribution du produit…

Tradingsat.com : Quels moyens financiers vous confère votre introduction en bourse aujourd'hui ?

Vincent Gardes : Vexim affiche aujourd'hui 3 millions d'euros de trésorerie, auxquels l'introduction en bourse devrait ajouter entre 10 et 15 millions d'euros, soit un montant total qui doit nous permettre de tenir jusqu'à l'atteinte de l'équilibre financier d'ici fin 2014 début 2015 selon les analystes. Notre levée de fonds est bien « calibrée » pour atteindre le point mort et commencer à générer des bénéfices sans faire de nouveau appel au marché.

Tradingsat.com : A combien est valorisée Vexim?

Vincent Gardes : Environ 32 ou 33 millions d'euros, alors que les analystes nous valorisent entre 50 et 55 millions d'euros. Il faut comprendre que nous évoluons sur un marché à forte création de valeur. Par exemple, la société américaine Kyphon, qui a inventé la cyphoplastie par ballonnet, s'est fait racheter en 2007 pour plus de 4 milliards de dollars par Medtronic. Kyphon a créé ce marché qui n'existait pas il y a 15 ans, ce qui nous évite les investissements initiaux très lourds d' « évangélisation » pour imposer notre technologie. C'est un marché déjà établi, toujours en forte croissance auquel Vexim apporte une évolution technologique majeure qui, nous l'espérons, nous permettra de gagner assez rapidement des parts de marché.

Propos recueillis par François Berthon

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