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Vallourec : L'État français pourrait voler au secours du parapétrolier Vallourec

mardi 7 avril 2020 à 11h13
La BPI prête à monter au capital de Vallourec

(BFM Bourse) - Bpifrance s’est dit prête à monter au capital de Vallourec en participant à l’augmentation de capital "quand les cours boursiers se seront stabilisés". Lors de l'AG extraordinaire qui s'est tenue à huis clos lundi, le parapétrolier a annoncé la suppression de 900 postes en Amérique du Nord pour faire face à la chute des cours sur fond de pandémie.

Assemblée générale à huis clos et à fort enjeu pour le fabricant français de tubes en acier sans soudure lundi. Si le nouveau président du directoire Édouard Guinotte a souligné que Vallourec était aujourd'hui un groupe "beaucoup plus agile et beaucoup plus compétitif" que lors du précédent bas de cycle pétrolier en 2015, le dirigeant a également annoncé la suppression de 900 emplois en Amérique du Nord pour faire face à "la chute importante et brutale d'activité" liée au plongeon des cours du brut sur fond de pandémie.

Celle-ci "génère une destruction complète du panorama économique, qui se traduit très concrètement par une chute supplémentaire de la demande de pétrole et de gaz et qui elle-même alimente la dégradation du prix du baril" explique-t-il. Pour le nouvel homme fort du groupe, qui a pris ses fonctions le 15 mars, "il est impossible à ce stade de quantifier de manière très précise l'effet et les impacts sur (les) activités du groupe pour l'ensemble de l'année 2020, en particulier en Amérique du Nord". Pour rappel, le groupe avait déjà suspendu mi-mars dernier les objectifs qu'il avait annoncés mi-février.

Les pétroliers réduisent leur capex, nouveau plan d’économies chez Vallourec

Les compagnies pétrolières indépendantes, qui exploitent aux Etats-Unis du pétrole et du gaz de schiste et sont clientes du groupe, ont annoncé des baisses de leurs budgets d'investissements "très rapides et très violentes", jusqu'à 50%, voire plus, a annoncé le dirigeant pour justifier le plan de réduction des effectifs de Vallourec “de plus d’un tiers” en Amérique du Nord. Le groupe s'attend aussi à une réduction de l'activité d'exploration et de production des grandes compagnies pétrolières et des compagnies nationales dans les autres régions où il opère.

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le dirigeant a relevé que "partout dans le monde, nos usines fonctionnent", y compris en Chine et en France, en conformité avec les exigences sanitaires

Vallourec a par ailleurs annoncé un nouveau plan d'économies de 200 millions d'euros supplémentaires sur les années 2021 et 2022, qui vient s’ajouter au programme de 200 millions en cours sur 2019-2020.

“Des fondamentaux favorables, pas en 2020 mais à plus long terme”

Malgré ce contexte éprouvant, le nouveau président du directoire du parapétrolier, dont c'était la première apparition publique dans ses nouvelles fonctions, a mis en avant les perspectives offertes par "des fondamentaux de marché favorables (...) certes pas en 2020, mais à plus long terme". De fait, il estime que la demande de pétrole et de gaz devrait continuer à progresser “de 1% en moyenne par an d'ici 2030”, tandis que “la diminution de la ressource devrait amener les compagnies à continuer à investir”.

Le parcours mené depuis 2016 avec un vaste plan de relance et de restructuration se traduit par "un groupe complètement rééquilibré et bien plus compétitif", a-t-il également assuré, prenant pour exemples le Brésil et la Chine, qui pèsent désormais respectivement 30% et 20% du chiffre d’affaires du groupe.

Le titre en chute libre

Le directeur financier et membre du directoire Olivier Mallet a indiqué de son côté que le projet d'augmentation de capital de 800 millions d'euros, pour désendetter le groupe, était différé, compte tenu des conditions de marché actuelles. Enfin, l'assemblée générale a approuvé un regroupement d'actions à raison d'une action nouvelle pour 40 (!) actions anciennes.

Ce regroupement intervient alors que le titre Vallourec, à l'équilibre mardi vers 10h45 (+0,5% à 1,17 euro), abandonne (encore) près de 60% depuis le 1er janvier (-59,6%). Alors qu'il se négociait à plus de 90 euros il y a de cela 10 ans, celui-ci est devenu un "penny stock" le 12 mars dernier, touchant même un plus bas historique à 65 centimes d'euro en séance le 16 mars, avant de parvenir à s'extirper de ce plancher (+11% sur la semaine) et à abandonner ce statut peu enviable sur fond de rebond des cours de l'or noir. Le groupe ne vaut toutefois plus que 530 millions d'euros.

Une ONG s'oppose à une recapitalisation de l'État sans condition

La banque publique d’investissement Bpifrance s’est dit prête à monter au capital de l’entreprise en participant à l’opération de recapitalisation "quand les cours boursiers se seront stabilisés". Alors que "cette aide de l’Etat intervient au moment où Vallourec, en déroute financière depuis plusieurs années, est directement touché par la chute des cours du pétrole, les Amis de la Terre France qui alertent depuis plusieurs années sur les risques financiers, environnementaux et sociaux liés à l’industrie des pétrole et gaz de schiste en Amérique du Nord, dans laquelle Vallourec est fortement impliquée, demandent que cette montée au capital ne se réalise pas sans condition sur le plan environnemental et social".

"Depuis plusieurs années, Vallourec a fait le choix de ne pas se diversifier et s’est entêté dans le pétrole et le gaz malgré l’urgence climatique. Pas un euro d'argent public ne doit donc être versé aujourd’hui au parapétrolier sans exiger de stratégie de diversification de ses activités pour sortir des énergies fossiles et assurer une transition juste à ses salariés" poursuit le communiqué de l'ONG. "Soutenir à bout de bras un business chancelant, c'est rendre les salariés du secteur encore plus vulnérables aux prochaines crises" estime également Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre France.

"Répondre à la chute vertigineuse des cours boursiers et au ralentissement brutal de l’activité économique par des aides massives et sans condition au bénéfice des banques et multinationales polluantes, ce serait renforcer un peu plus le système nocif à l’origine de la crise actuelle" poursuit et conclut Cécile Marchand.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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