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Txcell : "Les cellules CAR-Tregs représentent un marché potentiel considérable"

Stéphane Boissel, TXCELLStéphane Boissel, TXCELL

(Tradingsat.com) - Introduite en Bourse en 2015 au prix de 5,58 euros, l’action TxCell a touché en août de nouveaux plus bas historiques sous 1,7 euro. Spécialisée dans les immunothérapies cellulaires pour le traitement de maladies inflammatoires et auto-immunes sévères, la société de biotechnologie n’est pourtant pas inactive et prépare des annonces pour avant la fin de l’année. Le point avec Stéphane Boissel, son directeur général.

Tradingsat : TxCell est entrée en 2015 dans la course aux cellules "CAR-T"; une technologie qui constitue un formidable espoir dans le traitement du cancer. Qu’en est-il dans les maladies inflammatoires et auto-immunes ?

Stéphane Boissel : Les technologies CAR - pour récepteur antigéniques chimériques - sont très récentes. Leur développement clinique s’est accéléré au cours des dernières années grâce à des résultats spectaculaires en oncologie [cancérologie, ndlr] avec des taux de réussites assez exceptionnels sur certaines formes de leucémies ou de lymphomes. Nous utilisons exactement les mêmes technologies issues du génie génétique mais sur une population cellulaire différente. Au lieu d’introduire le récepteur d’antigène chimérique sur des cellules T dites "effectrices" comme en oncologie, nous l’introduisons sur des cellules T dites "régulatrices", aux propriétés différentes, voire opposées, en ce sens qu’elles "calment" le système immunitaire.

Tradingsat : Qu’apporte la technologie CAR ? Vous utilisiez au départ des cellules T régulatrices non modifiées génétiquement avec votre premier produit Ovasave.

Stéphane Boissel : Les cellules T régulatrices sont en quelque sorte le gendarme du système immunitaire. Parfois, celui-ci dysfonctionne et se retourne contre l’hôte, créant des symptômes inflammatoires et provoquant des maladies dites auto-immunes, telles que la sclérose en plaques, la maladie de Crohn, la polyarthrite rhumatoïde… Nous avons intégré la technologie CAR sur notre plate-forme de thérapie cellulaire de seconde génération ENTrIA pour rendre ces cellules T régulatrices spécifiques d’un antigène choisi. L’on créé donc des thérapies ciblées, même personnalisées, puisque le sang prélevé puis réinjecté - une fois introduits les fameux CAR - est celui du patient. Grâce à quoi nous espérons contrôler, voire éliminer la maladie. Notre technologie initiale (plate-forme ASTrIA), utilisée pour Ovasave, avait un champ d’indication plus restreint en se limitant aux cellules T du système immunitaire naturellement dotées de certains antigènes pertinents.

Tradingsat : Comment vous situez-vous par rapport à la concurrence ?

Stéphane Boissel : Nous sommes pionniers, TxCell est la seule société au monde à ne faire que des CAR-Tregs. Nous pensons que ce domaine va prendre un essor similaire à celui des CAR-T en oncologie dans la mesure où il s’adresse potentiellement à des pathologies qui représentent un marché considérable. Si nous parvenons à démontrer que ces technologies sont utilisables efficacement sur ces populations cellulaires dans ce type de pathologies, alors nous ne devrions pas longtemps rester seuls.

Tradingsat : Vous en êtes pour l’instant au stade préclinique, quand pensez-vous pouvoir démarrer des essais sur l’homme ?

Stéphane Boissel : Pour les cellules CAR-T régulatrices modifiées génétiquement, qui sont aujourd’hui notre priorité, nous visons l’entrée en phase clinique en fin d’année prochaine. Ce serait une première mondiale. Il n’y a jamais eu d’essai clinique sur des CAR-Tregs. Bien sûr nous n’allons pas rester inactifs d’ici là. Nous préparons la publication de données supplémentaires de validation préclinique qui nous permettrons d’asseoir un peu plus notre propriété intellectuelle, ce qui devrait aiguiser l’appétit de nos concurrents et des grands laboratoires pharmaceutiques.

Tradingsat : A quel type d’annonces faut-il s’attendre ?

Stéphane Boissel : Nous ferons je l’espère des annonces scientifiques d’ici la fin de l’année qui viendront confirmer les "preuves du concept", à commencer par l’utilisation des CAR-Tregs dans la transplantation, puis dans d’autres indications. Notre programme le plus avancé est focalisé aujourd’hui sur le traitement des troubles inflammatoires liés à la transplantation ; ce domaine représente à lui seul un marché de plus de 5 milliards de dollars, avec un besoin médical non satisfait considérable : la plupart des patients transplantés reçoivent à vie des traitements immunosuppresseurs à l’efficacité relative et aux effets secondaires importants. Une solution d’immunothérapie efficace pourrait rapidement s’imposer comme un nouveau standard. Mais il faut avoir conscience que le gros potentiel de la technologie réside dans le traitement de maladies inflammatoires et auto-immunes sévères telles que la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde, ou encore les maladies bulleuses de la peau, etc. Ces marchés concentrent plus de patients (morbidité) que l’oncologie et les maladies cardiaques réunies et les besoins médicaux non satisfaits sont ici aussi considérables. Sur ces sujets, nous avançons rapidement et nous espérons pouvoir rapidement revenir vers le marché avec des éléments de preuve supplémentaires et une "guidance" stratégique.

Tradingsat : Pourquoi l’utilisation des CAR-Treg dans la transplantation est-elle votre priorité ?

Stéphane Boissel : C’est dans ce programme que nous pouvons aller le plus vite vers la preuve du concept en clinique car nous disposons déjà de données précliniques robustes et pensons que douze à dix-huit mois "seulement" seront nécessaires pour obtenir les résultats d’une étude clinique dans cette indication. En effet, compte-tenu du besoin médical et de l’existence de biomarqueurs bien établis, une première étude sur 15 à 20 patients pourrait nous donner le signal d’efficacité suffisant pour valider non seulement le potentiel de ce produit mais également, compte-tenu des objectifs cliniques de cette étude, valider l’ensemble de la plateforme. Des essais cliniques dans d’autres indications pourront aussi être envisagés à court terme, mais cela dépendra de nos finances.

Tradingsat : Quelle est votre visibilité financière ?

Stéphane Boissel : Notre position de trésorerie nous donne de la visibilité au moins jusqu’à la fin de cette année et au-delà si nous décalons certaines dépenses. En effet, la consommation de trésorerie de la Société est relativement faible si aucune étude extérieure n’est réalisée. Par ailleurs, nous avons émis des bons de souscriptions (BSA) qui peuvent être exercés jusqu’au 26 février 2018 : 4 BSA donnent le droit de souscrire à trois actions nouvelles moyennement le versement d’un prix de souscription de 2,60 euros par action nouvelle. Nous espérons que les annonces prochaines auront un impact positif sur le cours et donc que les BSA seront exercés. L’exercice de l’intégralité des BSA nous apporterait 10,8 millions d’euros, de quoi nous financer jusqu’à l’obtention de l’autorisation réglementaire, prévue dans la deuxième partie de 2018, d’une première étude clinique chez l’homme avec un CAR-Treg. Enfin, et même s’il est très difficile de se prononcer sur un timing, nous discutons avec des partenaires stratégiques potentiels qui pourraient nous apporter des moyens supplémentaires dans le cadre d’accords de type R&D et/ou licence.

Tradingsat : La performance boursière de TxCell est décevante depuis un an. Cela vous inspire-t-il des commentaires ?

Stéphane Boissel : Je n’ai pas pour habitude de commenter les cours de bourse. Néanmoins, nous faisons face à une situation assez extrême et donc je me permets de sortir de cette réserve : j’ai tendance à croire que le cours de bourse de TxCell reflète les accidents de parcours rencontrés dans le passé avec notre première plate-forme de thérapie cellulaire. Même si le chemin est encore long, j’estime que la transformation opérée depuis un an (passage d’ASTrIA à ENTrIA) est d’ores et déjà un véritable succès. Celui-ci n’est pas reflété dans le cours car le marché attend logiquement des données supplémentaires de preuve de concept. Nous espérons pouvoir les apporter rapidement, même si nous devons être prudents et ne pas sortir trop tôt car les enjeux en termes de propriété intellectuelle sont majeurs dans notre domaine.

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