Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

TWITTER

TWTR - US90184L1026 SRD PEA PEA-PME
- -

Twitter : Pourquoi les investisseurs commencent à douter que l'offre se concrétise

jeudi 28 avril 2022 à 10h40

(BFM Bourse) - Après un coup de pouce de 5% lundi à l'annonce de la signature d'un accord en vue de son rachat par Elon Musk, l'action Twitter a effacé ce gain depuis. Mercredi, le titre a même clôturé plus de 10% en dessous du prix offert par le fondateur de Tesla. Un écart qui traduit un certain scepticisme quant au fait que le projet aille à son terme.

À l'annonce d'un projet d'offre publique sur une société cotée, son cours de Bourse tend à se rapprocher du prix envisagé par l'initiateur, sans tout à fait l'atteindre. C'est ce qu'on appelle le coût du portage, un mécanisme qui s'apparente à celui de l'escompte.

Si le marché table sur le fait qu'une action sera rachetée à coup sûr 100 euros dans trois mois à la faveur d'une OPA, aucun investisseur n'a intérêt à l'acheter immédiatement à ce prix (sauf évidemment s'il spécule sur une surenchère), puisque les 100 euros investis ne lui rapporteraient rien pendant les trois mois de délais jusqu'à la concrétisation de l'OPA ("tender offer" aux USA). Plus simplement: donner 100 aujourd'hui pour récupérer 100 dans trois mois n'intéresse personne. Le cours de la valeur cible d'une d'une offre à venir présente donc une décote, qui est fonction d'une part des taux rémunérant la trésorerie à court terme (compensant ce que l'investisseur gagnerait en plaçant 100 euros sur le marché monétaire sur trois mois), de l'autre du degré de certitude quant à la réalisation effective d'une OPA.

Or mercredi au terme d'une deuxième séance de recul, Twitter a clôturé à 48,64 dollars, plus de 10% en dessous du prix de 54,20 dollars que propose Elon Musk. C'est une décote inhabituellement élevée (beaucoup plus importante que le strict coût de portage pour une opération prévue dans le courant de l'année), qui montre que les investisseurs s'interrogent clairement sur l'aboutissement du projet. (À titre de comparaison, au même moment l'écart entre le cours d'Alleghany et le prix de 848,02 dollars par action proposé par Berkshire Hathaway n'est que de 1,4%).

Le terme déterminant de l'équation est en fait la valeur de Tesla, la principale réussite d'Elon Musk et la source quasiment exclusive de sa fortune, comme le soulignent les éditorialistes de Reuters, Laurent Silva Laughlin et Gina Chon. Le montage financier de l'offre à 44 milliards de dollars sur Twitter est fortement "leveragé" et garanti sur les actions Tesla qu'il détient, Musk n'ayant pas le premier de ces 44 milliards en poche. Autrement dit, si le rachat tourne mal et que le dirigeant ne parvient pas à rendre Twitter suffisamment rentable pour rembourser le montant engagé, il devra piocher dans sa participation dans Tesla pour honorer ses crédits, avec le risque de faire baisser le cours en vendant ses titres, donc de devoir en vendre encore plus pour répondre aux échéances suivantes etc.

Le repli du cours du constructeur automobile montre que les investisseurs redoutent ce scénario, Tesla ayant perdu plus de 22% depuis l'annonce de son intérêt initial début avril et 11,7% rien que sur les deux dernières séances.

Selon Reuters, l'accord conclu avec Twitter comprend une clause d'indemnisation d'un milliard de dollars si Elon Musk se retire de l'opération. Mais cet abandon devrait rassurer le marché quant à Tesla et ramener sa capitalisation à un niveau proche d'avant l'annonce des modalités du rachat de Twitter, ce qui regonflerait le patrimoine de Musk bien au-delà du milliard perdu (potentiellement plusieurs milliards, voire dizaines de milliards de dollars).

Par ailleurs, l'absolutisme revendiqué par Elon Musk en matière de liberté d'expression risque de se heurter à la réalité de ses ambitions pour Tesla en Chine. Or Twitter est dans le collimateur des autorités chinoises, la plate-forme ayant récemment défié le pouvoir chinois au sujet du traitement des contenus liés aux manifestations à Hong-Kong, rappellent les éditorialistes de Reuters. Alors que Tesla produit désormais la moitié de ses véhicules en Chine, le groupe est très exposé à de représailles si le dirigeant poursuit son ambition de faire de Twitter un sanctuaire de la liberté d'expression...

Guillaume Bayre - ©2025 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur TWITTER en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+335.50 % vs +54.97 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour