(BFM Bourse) - Le groupe au losange a publié un chiffre d'affaires qui a dépassé les attentes des analystes, grâce notamment aux ventes aux partenaires et à son activité de financement des ventes.
Renault fait face à un environnement bien compliqué depuis le début de l'année. Comme le rappelle régulièrement Citi, le groupe au losange est perçu comme la plus importante victime de l'offensive des constructeurs automobiles chinois sur le Vieux continent.
"Les investisseurs estiment globalement que Renault ne parviendra pas à atteindre ses objectifs de marge en raison de la concurrence inévitable sur les prix exercée par la Chine (et Stellantis) en Europe", développait la banque américaine, début mars.
L''éclatement de la guerre au Moyen-Orient n'a guère amélioré la situation. "Le conflit avec l'Iran entraîne une volatilité des coûts des intrants (pétrole, aluminium, électricité et nombreux autres prix des matières premières), ce qui accroît la complexité et les coûts logistiques, et fait baisser les ventes dans la région et à l'échelle mondiale (confiance des consommateurs, pouvoir d'achat)", expliquait le mois dernier Morgan Stanley.
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Des soucis logistiques chez Dacia
La banque américaine estimait alors que le secteur automobile faisait face à "une tempête parfaite" et s'attendait à ce que plusieurs constructeurs abaissent leurs objectifs pour 2026, dont Renault.
Cela ne sera pas pour ce jeudi. Le constructeur au losange a confirmé ses cibles pour 2026 après avoir dévoilé des revenus supérieurs aux attentes au titre de son premier trimestre.
De janvier à fin mars, Renault a généré des revenus de 12,53 milliards d'euros, en progression de 7,3% en données publiées, et de 8,8% hors effets de changes.
Les seuls revenus tirés de l'automobile ont grimpé de 8% hors effets de changes, à 10,807 milliards d'euros.
Le groupe au losange a assez nettement battu le consensus, c'est-à-dire la prévision moyenne des analystes. Ces derniers attendaient des revenus de 9,99 milliards d'euros pour la division automobile, avec un repli de 1,5%, et anticipaient un chiffre d'affaires global de 11,7 milliards d'euros.
Renaut est parvenu à augmenter son chiffre d'affaires dans l'automobile, malgré un impact négatif des volumes au premier trimestre, d'environ 2,1 points de pourcentage, lié à la baisse des immatriculations de 3,3%.
Le gros de la chute de ces volumes est dû un impact ponctuel chez Dacia. La marque roumaine a vu ses immatriculations plonger de 16,3% sur la période en raison de problèmes survenus sur le début de l'année.
"Les mois de janvier et février ont été fortement perturbés par des difficultés logistiques exceptionnelles, liées à des conditions météorologiques sévères ayant affecté le trafic maritime dans le détroit de Gibraltar", explique Renault.
"Cette situation a entraîné des retards d’approvisionnement et de livraison ainsi que des pertes de production, qui devraient être progressivement rattrapées au cours du premier semestre 2026", poursuit l'entreprise.
Les ventes aux partenaires comme facteur de soutien
Si les volumes ont donc été négatifs, les ventes aux partenaires du groupe ont contribué positivement à la croissance à hauteur de 5,9 points de pourcentage, grâce à la production de véhicules, boites de vitesse et moteurs pour Nissan, ou la distribution de véhicules du chinois Geely au Brésil.
Les prix ont eu un impact positif d'un point de pourcentage tandis que le "mix produit", c'est-à-dire la répartition des ventes vers des véhicules plus cher et mieux margés, a tiré les revenus à hauteur de 2,6 points de pourcentage.
Les services financiers de Renault ont par ailleurs dégagé des revenus de 1,72 milliard d'euros , en hausse de 13% sur un an, grâce notamment à la récente hausse des taux d'intérêt des dernières années.
À l'issue de ce trimestre, le groupe a confirmé ses objectifs pour 2026, à savoir une marge opérationnelle d'environ 5,5%, avec une rentabilité supérieure au second semestre par rapport au premier, et un flux de trésorerie libre d'environ 1 milliard d'euros.
La société a par ailleurs indiqué avoir enregistré des prises de commandes à deux chiffres depuis le début de l'année 2026.
"Le chiffre d'affaires a dépassé les prévisions du marché, et les commandes sont bonnes, notamment au sein de la division Dacia, dont les ventes ont été négatives au premier trimestre 2026, bien qu'elles aient été positives en mars. Le ton semble positif et devrait soutenir le cours de l'action", écrit Bernstein dans une note.
"Malgré un premier trimestre difficile en termes d'immatriculations en raison de facteurs ponctuels chez Dacia, Renault bénéficie d'une dynamique de produits solide sur l'ensemble de ses marques, soutenue par une progression à deux chiffres des prises de commandes depuis le début de l'année, tirée par les nouveaux produits et motorisations, avec une accélération significative dans le domaine des véhicules électriques", constate de son côté Citi.
"Les prix restent fermes sur les marchés internationaux malgré la pression en Europe", poursuit la banque américaine qui s'attend également à une réaction positive du marché.
Effectivement, Renault progresse de 2,36% à en début de séance à la Bourse de Paris, ce jeudi 23 avril.
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