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Pétrole WTI

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Pétrole wti : Statu quo à l'Opep+, le baril de WTI à son tour proche des 90 dollars

mercredi 2 février 2022 à 16h32
Le WTI tutoie à son tour les 90 dollars le baril

(BFM Bourse) - Après le baril de Brent de mer du Nord, la référence nord-américaine de pétrole brut tutoie également le seuil des 90 dollars ce mercredi, en réaction à la nouvelle augmentation marginale de l'offre décidée par les pays membres de l'Opep et leurs alliés.

Qu'importe la flambée actuelle des cours, les pays producteurs de pétrole s'en tiennent à leur accord conclu en juillet dernier, prévoyant une augmentation de leur production de 400.000 barils par jour, chaque mois, entre août 2021 et septembre 2022. Bien qu'anticipée par le marché, cette réouverture très progressive des vannes, qui intervient pour rappel après une coupe historique de près de 10 millions de barils par jour au plus fort de la crise sanitaire, continue d'alimenter la poussée des cours pétroliers, dans un marché qui semble toujours structurellement déficitaire.

Depuis la dernière réunion mensuelle de l'organisation, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) a pourtant grimpé de plus de 17% et celui du Brent de plus de 14%, les deux références mondiales de brut ayant ainsi atteint en janvier des sommets inédits depuis plus de sept ans.

Vers 15h30 ce mercredi, la référence européenne de mer du Nord se traite à 89,7 dollars le baril pour livraison en avril, en hausse de 0,7% par rapport à la veille, quand celui de "light sweet crude" texan (pour livraison en mars) se négocie à 88,6 dollars (+0,5%). Un peu plus tôt, ce dernier avait frôlé le seuil des 90 dollars peu après l'annonce de l'Opep+, un niveau inédit depuis l'été 2014.

Une production déjà à la peine

"Le WTI semble prêt à reprendre sa tendance haussière tant que les Saoudiens ne créent pas la surprise lors de la réunion de l'Opep+ en faisant pression pour une augmentation plus importante de la production" expliquait Edward Moya, analyste chez Oanda ce mardi. "Les Saoudiens constatent que les foreurs américains (de schiste, mis à la mal par la crise, NDLR) commencent à investir dans de nouveaux puits, ce qui pourrait susciter des craintes quant aux parts de marché" avançait-il également.

Après avoir refusé de céder aux pressions de Joe Biden qui réclamait un geste plus important pour freiner la hausse des cours en novembre dernier, les pays producteurs ont donc fait fi des tensions géopolitiques, notamment en Ukraine, faisant planer une menace sur l'approvisionnement.

L'explication réside sans doute, au moins en partie, dans le fait que les membres de l'Opep+ ne parviennent toujours pas à atteindre ses objectifs de production. Selon une enquête de l'agence Bloomberg, le volume total de l'Opep+ n'a en effet augmenté que de 90.000 barils par jour. "Un certain nombre de pays, comme l'Angola et le Nigeria, ne sont tout simplement pas en mesure d'augmenter davantage leur production", déplore Carsten Fritsch de Commerzbank. Et les autres États ne souhaitent pas combler l'écart... ou ne le peuvent pas.

La Russie, qui fait partie du cartel élargi Opep+, "ne produit pas non plus les quantités qui lui ont été attribuées, et ce depuis plusieurs mois, ce qui soulève des questions quant à sa capacité à atteindre ses objectifs de production" soulignait déjà Benjamin Louvet, expert matières premières chez Ofi Asset Management début janvier.

L'Arabie saoudite, l'acteur au centre du jeu

Même si l'augmentation annoncée est une nouvelle fois modeste, le marché craint donc "que l'Opep+ ne soit pas en mesure" d'atteindre ses objectifs de production, explique Bjornar Tonhaugen, analyste chez Rystad Energy. Pour sa collègue Louise Dickson, l'alliance des 23 détient pourtant la clé pour équilibrer "un marché pétrolier en mal d'offre" et stopper la surchauffe des prix. "La seule solution à court terme devra être pilotée par l'Arabie saoudite, le producteur qui dispose de la plus grande capacité de réserve", estime-t-elle. Selon l'EIA, le pays disposait en réalité de la 2e plus grande réserve mondiale d'or noir à fin 2020, avec 256 milliards de barils (15% des réserves mondiales dites "prouvées"), derrière le Venezuela et ses quelque 300 milliards de barils gisant sous terre - mais impossibles à extraire dans les années qui viennent en raison d'un sous-investissement chronique dans les infrastructures.

En attendant que Riyad ne rouvre plus largement son robinet, les tarifs pétroliers devraient donc continuer de s'apprécier, jusqu'à peut-être toucher les 100 dollars en cas d'exagération du marché, qui pourrait être liée à des "outages", soit des interruptions non programmées de production" selon Benjamin Louvet.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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