(BFM Bourse) - Le groupe de spiritueux a vu ses revenus reculer de 0,9% en données comparables sur le trimestre allant de juillet à fin septembre, lesté par des ajustements de stocks en Chine et aux États-Unis. Mais le groupe a fait part d'indicateurs avancés encourageants et a indiqué réfléchir à une potentielle introduction en Bourse de Pernod Ricard India.
Le bout du tunnel pointe-t-il à l'horizon pour Pernod Ricard? Le groupe de spiritueux et pensionnaire du CAC 40 a été pénalisé ces dernières années, au même titre que le numéro un mondial du secteur Diageo, ou que Rémy Cointreau, par la faiblesse de la demande en Chine et aux États-Unis.
À l'euphorie de la reprise post-Covid a succédé une période de hausses des stocks chez les détaillants, se traduisant par une chute des revenus des groupes de spiritueux.
Ce qui a poussé les entreprises du secteur à s'adapter. Constatant que les ménages consommaient à davantage d'occasions des spiritueux mais dans de moindres quantités tout en baissant en gamme, Diageo a affiné son architecture de prix, notamment sur le whisky. Rémy Cointreau a de son côté présenté un plan stratégique axé sur des "innovations de rupture" et les pays émergents, avec la création d'une entité dédiée à ces marchés.
Pernod Ricard a, lui, envisagé de se rapprocher de l'américain Brown-Forman avant d'y renoncer.
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Signal encourageant en Chine
L'activité du premier trimestre publiée ce jeudi 15 octobre par le pensionnaire du CAC 40 illustre encore la faiblesse des deux grands marchés. Avec toutefois quelques signaux avancés encourageants.
Sur le premier trimestre de son exercice 2026-2027, période qui s'étire de juillet à fin septembre, Pernod Ricard a généré des revenus de 2,24 milliards d'euros en baisse de 6,3% en données publiées et de 0,9% en données comparables. La différence s'explique par un effet périmètre négatif dû à des cessions, notamment celle d'Imperial Blue, une marque de whisky indien, finalisée en juillet 2025.
Les ajustements de stocks ont pesé aux États-Unis, où les ventes ont baissé de 10% en données comparables, ainsi qu'en Chine, où le chiffre d'affaires a plongé de 25%.
Toutefois, Pernod Ricard note que dans ce dernier pays, à l'approche du festival de la mi-automne, les "depletions" ont renoué avec la croissance. Ces "depletions" traduisent les ventes des grossistes vers les distributeurs et les bars, constituant un indicateur avancé de la demande finale.
Barclays note que la direction a indiqué, lors de la conférence téléphonique avec les analystes, que les déstockages avaient probablement atteint leur pic durant ce trimestre.
"Les signes sont encourageants, mais un retour à la croissance durable a encore besoin de confirmation", tranche le bureau d'études indépendant Alphavalue.
Une introduction en Bourse en Inde pour se désendetter
L'annonce la plus saillante de Pernod Ricard ne concerne toutefois pas son activité. La société a indiqué que son conseil d'administration avait engagé des "travaux préparatoires en vue d’une éventuelle introduction en Bourse de Pernod Ricard India sur le marché indien", l'Inde représentant autour de 13% des revenus de l'entreprise, selon UBS, son deuxième marché après les États-Unis (autour de 19%).
"Toute décision de procéder à cette introduction en Bourse reste soumise à l’approbation du conseil d’administration", a complété le groupe.
Barclays rapporte que la direction a précisé que, dans le cas où le conseil d'administration donnerait son aval, une introduction en Bourse pourrait survenir en l'espace de quelques mois. Les investisseurs spéculent depuis le début de l'année, à la suite d'indiscrétions de Bloomberg qui rapportait que le groupe songeait à vendre cette division.
UBS estimait que les activités indiennes de Pernod Ricard pourraient être valorisées entre 9,8 milliards et 12,8 milliards d'euros (contre une capitalisation boursière de 16,9 milliards d'euros actuellement pour Pernod Ricard dans son ensemble) et pourrait considérablement réduire la dette nette de la société.
À fin juin, le ratio de dette nette sur résultat brut d'exploitation de Pernod atteignait 3,7, un chiffre largement supérieur à celui de ses rivaux, Diageo se situant sous 3.
Oddo BHF écrit que les investisseurs voient d'un bon œil cette potentielle mise en Bourse puisqu'elle permettrait d'alléger le bilan de l'entreprise et donc de se désendetter.
Le courtier a toutefois un avis bien différent. "Pour notre part, nous continuons à considérer l'introduction en bourse en Inde comme une erreur à long terme, car elle suggère que le groupe n'a pas d'autre option que de vendre les bijoux de sa couronne", développe Pernod Ricard.
À la Bourse de Paris, l'action Pernod Ricard a débuté la séance en hausse de près de 4% avant de modérer sa progression. En fin de journée, le titre gagnait encore 0,7%.
L'Inde constitue la planche de salut de la croissance de la société. Les revenus de l'entreprise ont bondi de 19% dans ce pays en données comparable sur le trimestre, même si une partie de cette croissance s'explique par des effets de stocks. Mais en excluant ces impacts, la croissance demeure dans une fourchette haute à un chiffre (entre 7% et 9%), a expliqué la direction aux analystes.
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