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NVIDIA

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Nvidia : Malgré 8 milliards de dollars de revenus effacés par les restrictions américaines, Nvidia rassure Wall Street avec ses objectifs

jeudi 29 mai 2025 à 10h31
Nvidia grimpe à Wall Street

(BFM Bourse) - Le spécialiste des processeurs graphiques a livré des résultats supérieurs aux attentes au titre du trimestre allant de février à avril. Pour le trimestre en cours, Nvidia a indiqué que 8 milliards de dollars de revenus seraient perdus en raison des restrictions américaines à l'exportation de puces vers la Chine. Mais le groupe devrait tout de même afficher une croissance de près de 50%.

Le marché n'attendait pas la publication de Nvidia avec la plus grande des sérénités. Les résultats du spécialiste des processeurs graphiques (GPU) sont toujours âprement suivis par les investisseurs, car ces comptes permettent de prendre le pouls de la demande pour les technologies d'intelligence artificielle (IA). Les GPU de Nvidia donnent la puissance de calcul nécessaire à l'entraînement et au développement des grands modèles de langage d'IA générative (LLM), tels que ChatGPT ou Gemini.

L'envolée de l'utilisation de ces technologies a permis à Nvidia de multiplier, en trois ans, ses revenus par près de cinq et ses bénéfices par 7,5.

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Toutefois, l'ascension de Nvidia s'est dernièrement heurtée aux tensions géopolitiques. Le 9 avril dernier, l'administration Trump a introduit des restrictions à l'exportation des puces H20 de Nvidia, des puces d'IA moins puissantes à destination du marché chinois. Nvidia a désormais besoin d'une licence de l'administration américaine pour pouvoir exporter ces puces, ce qui revient concrètement à interdire ces exportations.

En raison de ces restrictions qui se traduiront par des milliards de dollars de pertes de revenus pour la société, Bank of America redoutait, la semaine dernière, que Nvidia communique des perspectives décevantes pour le deuxième trimestre de l'exercice 2025-2026. La banque prévenait que la société pourrait livrer une cible de revenus de seulement 41 milliards de dollars, loin, très loin des attentes du marché, logées autour de 45-46 milliards de dollars.

In fine, ce scénario noir ne s'est pas produit et l'entreprise fondée par Jensen Huang a, au contraire, rassuré les investisseurs. "Wall Street attendait avec impatience les résultats de Nvidia, et le titan de l'IA n'a pas déçu", résume Stephen Innes de Spi AM. Dans les échanges post-marché à New York, l'action a repris 4,9% après la publication de ses résultats. En préouverture ce jeudi, le titre prend 5%.

Une charge de 4,5 milliards de dollars

Sur le premier trimestre de son exercice 2025-2026, Nvidia a généré des revenus de 44,1 milliards de dollars, en hausse de 69% sur un an et de 12% en rythme trimestriel. Les revenus de sa division de centres de données, celle qui bénéficie de l'essor de l'IA, ont eux bondi de 73% sur un an à 39,1 milliards de dollars. Nvidia explique que les restrictions sur ses puces H20 ont retranché 2,5 milliards de dollars à son chiffre d'affaires.

La marge brute est tombée à 61% contre 78,9% un an plus tôt mais cette dégringolade est due à une charge exceptionnelle de 4,5 milliards de dollars de dépréciation de stocks de puces H20, que la société ne peut donc plus vendre en Chine. Le bénéfice par action s'est établi à 81 cents, en hausse de 33% sur un an. Sans la charge précédemment évoquée, ce chiffre serait monté à 96 cents.

Nvidia a dépassé les attentes sur les revenus, logées à 43,4 milliards de dollars, selon un consensus cité par Bank of America. Pour le bénéfice par action, les analystes tablaient sur 88 cents, un chiffre qui ne prenait toutefois pas suffisamment en compte l'impact des restrictions sur les puces H20. Bank of America retenait de son côté 75 cents.

Concernant ses prévisions pour le deuxième trimestre, le point qui cristallisait donc les craintes du marché, Nvidia a indiqué anticiper des revenus de 45 milliards de dollars, un chiffre, certes, inférieur aux 46,4 milliards de dollars sur lesquels tablaient les analystes.

Toutefois, ce montant demeure largement au-dessus des 41 milliards de dollars redoutés par Bank of America. Et Nvidia reste en croissance. Cette cible de 45 milliards de dollars implique une progression des revenus de 49% sur un an et de 2% en rythme trimestriel.

Surtout, Nvidia a indiqué que les restrictions sur les puces H20 se traduiraient par une perte de revenus de 8 milliards de dollars sur ce trimestre. Les analystes, eux, attendaient un impact plus proche de 2 milliards.

La mise en garde de Jensen Huang

Autrement dit, les perspectives livrées par la société sont franchement rassurantes. "En supposant que les restrictions imposées par Trump à la Chine n'aient jamais eu lieu, les chiffres pour ce trimestre seraient d'environ 53 milliards de dollars, ce qui témoigne de la demande historique massive que Nvidia voit se manifester à l'échelle mondiale dans le cadre de la révolution de l'IA", s'enthousiasme Dan Ives de Wedbush.

Gene Munster, gérant chez Deepwater AM, rappelle que le consensus attendait, avant les annonces sur les puces H20, 48 milliards de dollars de revenus, soit bien moins que 53 milliards de dollars.

Jensen Huang, le directeur général de la société, a assuré que la demande restait "forte" et même "incroyable" pour Blackwell, la nouvelle architecture de processeurs graphiques, plus puissante et plus économe en énergie.

"En résumé, le trimestre exceptionnel de Nvidia a apporté exactement ce que les marchés espéraient : la confirmation que, malgré l'intensification des tempêtes géopolitiques, le monarque en titre des puces d'IA reste résistant, agile et fermement ancré en tant que pierre angulaire incontestée de la mégatendance de l'IA", conclut Stephen Innes de Spi AM.

À l'occasion de la publication de ces résultats, Jensen Huang s'est exprimé au sujet des restrictions américaines. Le dirigeant a profité de l'occasion pour adresser une mise en garde au sujet des prouesses technologiques de la Chine en matière d'intelligence artificielle.

"La question n'est pas de savoir si la Chine aura l'IA. C'est déjà le cas. La question est de savoir si l'un des plus grands marchés de l'IA au monde fonctionnera sur une plateforme américaine", a-t-il déclaré. "La moitié des chercheurs d'IA est basée là-bas (…) La Chine est un tremplin pour la réussite mondiale. Aujourd'hui, toutefois, le marché chinois de 50 milliards de dollars est, dans les faits, fermé à l'industrie américaine", a-t-il également affirmé.

Or "l'IA chinoise avance avec ou sans les puces américaines. Elle a la puissance de calcul pour entraîner ou développer des modèles avancés", a-t-il prévenu. "Protéger les fabricants de puces chinois de la concurrence américaine ne fait que les renforcer et affaiblit la position des États-Unis. Les restrictions à l'export ont stimulé l'innovation et l'envergure de la Chine", a encore clamé le dirigeant.

"Les États-Unis ont basé leur politique sur l'hypothèse que la Chine ne peut faire des puces d'IA. Cette hypothèse a toujours été discutable et, maintenant, elle est clairement erronée, la Chine a d'énormes capacités manufacturières", a encore asséné Jensen Huang, ajoutant que le "leadership mondial des États-Unis dans les infrastructures d'IA est en jeu". Pour lui, les restrictions devraient renforcer les plateformes américaines d'IA et non pas "conduire la moitié des talents d'IA dans le monde vers des rivaux".

"Ses remarques franches soulignent un dilemme stratégique permanent : alors que Nvidia domine aujourd'hui le champ de bataille des puces d'IA, une politique trop agressive risque de donner plus de pouvoir à ses futurs rivaux à l'étranger", observe Stephen Innes.

Julien Marion - ©2025 BFM Bourse
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