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Nexity : "l'immobilier neuf va connaître plusieurs mois difficiles"

(Tradingsat.com) - Bruno Corinti est président-directeur général de l'Immobilier résidentiel du promoteur Nexity. Pour LaVieImmo.com, il commente l'évolution des ventes de logements neufs en France et dresse les perspectives du secteur.

Tradingsat.com : Les derniers chiffres du ministère de l'Ecologie font état de 103 300 ventes de logements neufs en France en 2011, soit sensiblement plus que ce qui était anticipé par les professionnels, Nexity y compris…

Bruno Corinti : Effectivement, le consensus était plutôt de 98 000 à 100 000 ventes. On savait que la perspective de la réduction de l'avantage fiscal du dispositif Scellier au 1er janvier 2012 soutiendrait l'activité en fin d'année ; l'accélération s'est révélée un peu plus forte qu'anticipé. Pas suffisamment, cela dit, pour qu'on puisse en tirer une quelconque conclusion sur l'état du marché. D'autant qu'il faudra encore attendre la fin du trimestre pour voir quelle part de ces ventes seront effectivement menées à terme. Les décisions d'achat prises un peu à la hâte - pour bénéficier d'un dispositif fiscal plus favorable, par exemple - sont généralement assez fragiles.

Tradingsat.com : Pour 2012, Nexity prédit 70 000 à 80 000 ventes de logements neufs en France, soit un niveau comparable aux plus bas des années 2008 et 2000. N'est-ce pas un peu pessimiste ?

Bruno Corinti : Ce n'est encore qu'une estimation, mais l'idée est que le secteur touchera un point bas cette année. Les premiers chiffres dont nous disposons pour 2012 montrent que le ralentissement touche l'ensemble de la production : non seulement l'investissement locatif après le rabot du Scellier, mais aussi la primo-accession, qui pâtit de la réforme du mécanisme de prêt à taux zéro.

Tradingsat.com : Le PTZ+ est pourtant maintenu pour l'accession dans le neuf…

Bruno Corinti : Certes, mais pas en l'état. Les emprunteurs qui souscrivent un prêt à taux zéro pour faire une acquisition dans le neuf ont la possibilité, selon le niveau de leurs revenus, la durée de leur emprunt et l'endroit où ils achètent leur logement, de différer le remboursement d'une partie de leur crédit. Jusqu'à fin 2011, cette part était, au maximum, de 45 % ; aujourd'hui elle n'est plus que de 15 %. Inutile de dire que cette modification réduit le nombre de candidats finançables. On assiste donc, depuis le début de l'année, à un tassement très net de l'ensemble de la production de logements neufs, qui a toutes les chances de se poursuivre jusqu'aux élections législatives, au mois de juin, voire au vote du budget 2013 à la rentrée.

Tradingsat.com : Un autre point bas pourrait donc être touché en 2013 ?

Bruno Corinti : Probablement pas, non. Des mesures seront prises par le prochain gouvernement, quel qu'il soit, pour soutenir le secteur de la construction - premier secteur d'emploi non-délocalisable de France - et résorber le déficit de logements. C'est inévitable. Le redémarrage du secteur suivra. Le problème, c'est que ce redémarrage sera d'autant plus lent à se manifester que la période d'attentisme actuelle durera. Les logements qui sont construits aujourd'hui ont été vendus il y a dix-huit mois. Même si l'activité repart fortement au second semestre, le retard accumulé jusque là ne sera pas rattrapé.

Tradingsat.com : Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy d'augmenter pour trois ans les droits à construire de 30 % ?

Bruno Corinti : Cette mesure met l'accent sur l'offre, et tranche avec les politiques de soutien de la demande menées en France depuis une trentaine d'année. L'idée est qu'en permettant de construire plus dans les zones en pénurie de logements, on fera baisser le niveau des prix ce qui rendra l'immobilier accessible aux ménages les moins aisés. La démarche est évidemment louable, mais en l'état, le projet n'est pas dénué de risque – en termes de coût du foncier, notamment. Ainsi, si on autorise demain la construction de 130 logements sur un terrain qui ne peut en accueillir que 100 aujourd'hui, il y a toutes les chances que son propriétaire augmente ses prétentions d'autant, ce qui se répercutera immanquablement dans le prix final des logements. Il faudrait prévoir des mesures d'accompagnement, tel que réinstaurer le PLD (Plafond légal de densité) pour que cette sur-constructibilité ne fasse pas qu'accroitre la rente foncière ; et qu'une partie de la valeur créée soit orientée vers les collectivités locales.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

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