(BFM Bourse) - Le premier promoteur immobilier français a annoncé des résultats mitigés, faisant apparaître une nette baisse de ses réservations au premier semestre. Pour autant, Nexity confirme viser une amélioration de son résultat opérationnel courant en 2026.
Le secteur de l'immobilier est très sensible à la conjoncture économique. A fortiori lorsque l'on s'appelle Nexity, et qu'on est le premier promoteur français. Dans son point d'activité semestriel, la direction de Nexity n'a pas éludé évoluer "dans un environnement de marché encore sous pression, marqué par l'attentisme lié au contexte géopolitique".
Cet attentisme de ses clients se matérialisent encore dans les chiffres dévoilés par le promoteur immobilier au titre de son premier semestre.
Nexity fait part d'un recul de 18% de son chiffre d'affaires, pour atterrir à 1,057 milliard d'euros, sur les six premiers mois de l'année 2026, ce qui est inférieur aux attentes d'Oddo BHF, qui attendait des revenus de 1,179 milliard d'euros.
Ce repli des ventes est le reflet de la baisse d'activité en Aménagement et Promotion (-22% à 857 millions d'euros), signale Allinvest Securities qui ajoute qu'elle a été partiellement compensée par la stabilité des Services (+1% à 198 millions d'euros, dont Exploitation +9%).
Sur le front commercial, Nexity a enregistré 3.858 réservations de logements neufs sur l'ensemble du premier semestre et ont reculé de 10% en volume, et de 13% en valeur, à 809 millions d'euros.
"Cette évolution laisse apparaitre un deuxième trimestre à -15% (après un premier trimestre à +1%) ce qui est un peu décevant (nous retenions une baisse au deuxième trimestre de 10%) mais reste cohérent avec une offre commerciale en déclin de 9%, avec volonté du management d’être sélectif dans ses opérations", précise Oddo BHF.
"Le chiffre d'affaires de Nexity s'ajuste rapidement à la baisse des réservations observée ces dernières années et aux lancements commerciaux axés sur des projets à plus forte marge", abonde de son côté le bureau d'études indépendant Alphavalue.
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"Du mieux et du moins bon"
Les ventes au détail ont représenté sur le premier semestre 2.230 réservations, en recul de -9% en volume dans un marché en repli de 15% sur la même période, avance Nexity. Le promoteur met en avant "une bonne dynamique" des investisseurs individuels avec une hausse de 16% sur un an.
Elle intègre, selon le groupe, la montée en puissance du dispositif Jeanbrun, un nouvel avantage fiscal visant à inciter les particuliers à investir dans la pierre pour louer, mis en place sur le premier trimestre avec environ 200 réservations sur la période.
En revanche, les ventes aux primo-accédants ont plongé de 26% par rapport au premier semestre 2025.
"La guerre au Moyen-Orient a pesé sur les deux tiers du premier semestre et a entraîné un regain de crainte de hausse de l'inflation", provoquant "un réel attentisme de la part des primo-accédants", a expliqué Véronique Bédague, PDG du groupe, lors d'une conférence citée par l'AFP. "La reprise attendue se décale", a-t-elle ajouté.
Un peu plus bas dans les comptes, le résultat opérationnel courant "New Nexity" - son périmètre issu du plan de réorganisation du promoteur - a doublé sur un an, passant à 12 millions d'euros, après 6 millions d'euros l'an passé, et ressort légèrement supérieur aux attentes d'Oddo BHF qui tablait sur 10 millions d'euros pour cet indicateur.
La rentabilité a été portée par la recomposition des marges de la promotion résidentielle, la contribution récurrente de l'activité Services. Elle a aussi été soutenue par son plan visant à économiser 100 millions d'euros à fin 2026, et dont Nexity en a réalisé la quasi-intégralité (92%) dès 2025.
La marge correspondante progresse aussi à 1,2% au premier semestre 2026, contre 0,5% à fin juin 2025.
Le résultat net est resté négatif à -31 millions d'euros, contre une perte de 44 millions d'euros au premier semestre 2025.
La copie de Nexity comporte "du mieux et du moins bon", pour reprendre l'intitulé du commentaire de marché d'Allinvest Securities. L'endettement net hors norme comptable IFRS 16 atteint 394 millions d'euros, en hausse de 66 millions d'euros par rapport à fin 2025. Cette progression semestrielle reflète la saisonnalité habituelle de l'activité du groupe. Le premier semestre traditionnellement moins générateur de cash que le second semestre, rappelle le bureau d'études.
"Les indicateurs opérationnels, hors dette, affichent une amélioration mesurée sur ce semestre, sans pour autant traduire une sortie du bas de cycle, comme en témoigne le recul persistant des réservations. L'enjeu de court terme reste le désendettement, dans un environnement qui ne s'y prête pas", ajoute-t-il.
À la Bourse de Paris, l'action Nexity chute de 7,5% ce vendredi 24 juillet vers 14h40 après ce point d'étape semestriel.
Des perspectives confirmées
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Nexity reconduit ses perspectives. Le promoteur table sur une amélioration de la rentabilité opérationnelle, avec un résultat opérationnel "New Nexity" soit hors activités cédées et hors activités à l’international, en "hausse".
Le groupe travaille aussi à la poursuite de la baisse du ratio de levier (dette nette/EBITDA) avec le retour le plus rapidement possible à un niveau inférieur à 3,5x au plus tard en 2027.
Oddo BHF retient l'hypothèse d'une une quasi-stabilité de la dette nette, par rapport à fin 2025 (328 millions d'euros)
"A l’évidence, le contexte géopolitique actuel reste défavorable et l’évolution des taux d’intérêt reste un sujet de vigilance. Néanmoins, l’amélioration graduelle de la profitabilité est un atout important pour permettre une revalorisation en Bourse et les réservations pourraient être plus soutenues au second semestre", espère le bureau d'études qui reconduit son opinion à surperformance et son objectif de cours de 14 euros.
Alphavalue qui reste à vendre sur le dossier se montre plus pessimiste que son confère, estimant que les indicateurs de Nexity pointent toujours davantage vers une augmentation du risque que vers une réduction.
"Bien que le redressement du groupe soit en cours, nous pensons que ses performances économiques au second semestre 2026 – et, dans une moindre mesure, au premier semestre 2027 – seront absolument déterminantes ; ces perspectives sont actuellement compromises par un marché final toujours en difficulté, avance-t-il.
"Compte tenu des commandes du premier semestre 2026, nous anticipons une nouvelle baisse du chiffre d'affaires pour l'exercice 2027. Les niveaux de profits pour 2027 et 2028 dépendront en partie de la solvabilité des acheteurs, que nous estimons vulnérables aux facteurs externes. En résumé, le marché final demeure très volatil et nous ne pensons pas que Nexity soit encore tirée d'affaire", redoute l'intermédiaire financier.
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