(BFM Bourse) - Le célèbre analyste de Wedbush voit l'indice vedette de la tech atteindre ce seuil inédit dans les prochains mois, citant l'enthousiasme toujours intact pour les valeurs liées à l'IA.
L'essor de l'intelligence artificielle (IA) est la grande thématique qui a inspiré les investisseurs ces dernières années. Plusieurs actions liées à cette révolution technologique d'ailleurs ont gagné près de 900% entre 2021 et 2025...
Et ce n'est pas Nvidia, le porte-étendard de cette mutation technologique, mais des actions appartenant à la chaine logistique de l'IA, comme des éditeurs de logiciels, des producteurs de semi-conducteurs, des fabricants de hardware (matériel informatique) qui affichent ces performances stratosphériques.
Cet enthousiasme a été quelque peu douché à l'automne dernier, les investisseurs s'inquiétaient de la viabilité des méga-dépenses d'investissements ("capex") des géants américains de la tech dans les infrastructures d'IA. Or, ces inquiétudes se sont quelque peu évanouies après une solide saison des résultats de ces acteurs liés à cette thématique.
Objectif 30.000 points
Cet accueil chaleureux a d'ailleurs servi de catalyseur à l'indice Nasdaq qui a atteint vendredi 8 mai de nouveaux records, à plus de 26.200 points, gagnant près de 13% depuis le début de l'année.
Optimiste devant l'éternel, Dan Ives, le célèbre spécialiste de la tech officiant chez Wedbush, voit beaucoup plus loin pour l'un des indices vedettes de la place américaine.
"Le Nasdaq atteindra les 30 000 points l'année prochaine, car cette saison des résultats exceptionnels continue d'alimenter l'enthousiasme pour les valeurs liées à l'IA", a déclaré lundi Dan Ives, directeur général chez Wedbush Securities, à l'émission Squawk Box Europe de CNBC. Le Nasdaq doit encore progresser de 14% aux cours actuels pour que la prévision de Dan Ives se vérifie.
Au prémices de la révolution de l'IA
Pour Dan Ives, les derniers résultats d'entreprises ont accrédité la "thèse haussière sur l’IA". "La demande et l’offre sont de 10 pour 1 pour les puces. Nous n’en sommes encore qu’aux prémices de la révolution de l’IA. Les détracteurs continueront de critiquer, et nous le savons", a-t-il poursuivi.
Cette déclaration est une réponse à peine voilée à Michael Burry, rendu célèbre par le film "The Big Short", qui a prévenu en fin de semaine dernière, que l’engouement du marché boursier pour l’IA commençait à ressembler aux dernières phases de la bulle Internet.
Dan Ives ne l'entend pas de cette oreille, estimant que la vague de l’IA devrait se poursuivre pendant encore deux ans.
"C’est un super-cycle de la mémoire", a-t-il déclaré, faisant référence à la demande sans précédent de puces mémoire suscitée par le développement rapide des infrastructures d’IA. "En ce qui concerne SK Hynix [et d’autres fabricants de mémoire], nous sommes très optimistes quant à ce que nous observons", a-t-il fait valoir à CNBC.
En compagnie de Samsung Electronics, SK Hynix est le grand carton de la Bourse de Séoul, une place qui a elle-même dans sa globalité été portée par l'IA ces derniers mois.
Le groupe est un important producteur de puces de mémoires vives dans le monde, avec une part de marché de 30% dans la DRAM, un type de mémoire souvent utilisé dans les PC et tablettes, et de 20% dans la NAND, une mémoire flash.
"Il s’agit de miser sur les hyperscalers — bien sûr les puces, mais il faut aussi miser sur les logiciels, la cybersécurité, les infrastructures [et] l’énergie. On ne peut pas se contenter de détenir un seul sous-secteur, il faut également détenir les titres dérivés", a aussi ajouté Dan Ives.
Dans sa dernière enquête mensuelle auprès des gérants d'actifs, publiée mi-avril, Bank of America notait que 59% des investisseurs jugeait que les "actions IA" n'évoluaient pas dans une bulle, un taux en nette progression par rapport aux deux précédents mois (50% en mars et 45% en février).
