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Lvmh : Un signal fort d'hermès, mais un schéma loin d'être acquis

lundi 6 décembre 2010 à 13h59
BFM Bourse

par Pascale Denis et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - En décidant de sécuriser leur participation au sein d'une holding, les actionnaires familiaux d'Hermès montrent leur détermination à défendre l'indépendance du groupe face à LVMH, mais optent pour un schéma dont le succès est loin d'être acquis.

La famille Hermès a annoncé dimanche vouloir créer une société holding regroupant plus de 50% du capital du groupe de luxe, destinée à sécuriser leur participation face à l'irruption de LVMH dans son capital. Cette société aurait par ailleurs un droit de préemption sur les actions familiales qui resteraient détenues en direct, assurant ainsi la liquidité aux membres qui voudraient vendre leurs titres.

Cette riposte répond, selon une porte-parole d'Hermès, à la volonté de "faire passer un message fort à LVMH sur le fait qu'elle (la famille) entend conserver le contrôle capitalistique de la société à très, très long terme".

Elle montre aussi, s'il en était besoin, à quel point l'irruption de LVMH - qui a révélé le 23 octobre à la stupeur générale avoir pris 17% du capital d'Hermès - a été prise au sérieux par les héritiers d'un groupe considéré comme le joyau incontesté du luxe français.

Mais Hermès va devoir déposer sous peu auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) une demande de dérogation d'OPA - cette dernière étant obligatoire au-delà du seuil de 33% du capital -, invoquant une opération de "reclassement interne".

Or une dérogation semble loin d'être acquise.

ARGUMENT "DISCUTABLE"

Un "reclassement" consiste à considérer que la participation de la famille passe d'une détention directe des titres à une détention indirecte.

"Je pense que l'argument du reclassement est assez discutable. Toute la question est de savoir s'il peut s'appliquer au cas d'Hermès car il suppose un contrôle préexistant qui, en l'espèce, ne semble jamais avoir été allégué", a déclaré à Reuters un avocat d'affaires qui a souhaité garder l'anonymat.

Selon lui, le caractère "familial" de la détention du capital n'est pas un concept juridique.

Les trois branches héritières du fondateur Thierry Hermès, Dumas, Puech et Guerrand, détiennent environ 73% du capital du groupe, une participation disséminée entre une soixantaine de personnes qui ne sont liées par aucun droit de préemption ou pactes d'actionnaires.

Ce contrôle du capital est distinct du verrouillage opérationnel de l'entreprise, exercé par l'associé commandité, Emile Hermès SARL, uniquement contrôlé par les familles.

Or, selon cet avocat, il ne suffit pas qu'il y ait commandite pour qu'on puisse considérer que l'associé commandité exerçait déjà une sorte de "contrôle de fait" sur le capital de l'entreprise. Car le propre d'une commandite, c'est justement de permettre de dissocier le contrôle de la gestion du contrôle du capital, ajoute-t-il.

Dans la pratique de l'AMF et sa jurisprudence, il n'y a pas eu dans le passé de situation véritablement équivalente.

En tout état de cause, une décision de l'AMF ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines.

UN CONTRÔLE QUI CHANGE DE MAINS, SELON L'ADAM

Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), a quant à elle clairement fait savoir qu'elle ferait appel de toute dérogation.

Elle réfute l'idée d'un contrôle capitalistique préexistant, Hermès ayant toujours indiqué au marché, selon elle, "qu'il n'existait pas d'actionnaire contrôlant seul ou de concert le capital de la société".

Si l'AMF devait confirmer l'existence de ce contrôle, elle le contesterait au motif qu'il aurait changé de mains, a-t-elle déclaré à Reuters lundi matin.

"Avec une holding à 51% du capital, les actionnaires qui y participeront ne seront pas les mêmes que ceux qui en détenaient auparavant 73%. Il y aura donc prise de contrôle par un groupe d'actionnaires différents et obligation de lancer une OPA", a-t-elle dit.

En cas de refus de dérogation, la famille Hermès peut renoncer à créer une holding et opter pour de simples accords de droits de préemption. Elle peut aussi confirmer la création d'une holding et lancer une OPA sur les 27% du capital qu'elle ne détient pas, qui se révèlerait extrêmement coûteuse compte tenu de la valorisation du titre en Bourse.

Selon un analyste, sur la base d'un prix moyen de 180 euros par titre, le montant de l'opération qui porterait ainsi sur 28 millions de titres, s'élèverait à quelque 5,0 milliards d'euros.

En faisant l'hypothèse que LVMH n'apporte pas ses 17%, elle atteindrait encore 1,8 milliard d'euros.

A la Bourse de Paris, le titre Hermès a ouvert en forte baisse lundi après l'annonce de la décision familiale.

Très volatil depuis que son flottant à été ramené à environ 10% avec l'arrivée de LVMH, le titre subit de très violentes variations depuis une semaine. Il perd 2,7% à 146,50 euros vers 13h15, dans un marché en recul de 0,2%.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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