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Lvmh : Prada, LVMH, Hermès... Ces groupes de luxe qui s'en sortent le mieux en Bourse

dimanche 31 juillet 2022 à 07h00
Imperméable à la crise et à l'inflation, la demande pour le luxe se porte très bien

(BFM Bourse) - LVMH, Kering, Hermès ou Moncler, les géants du luxe européens ont annoncé cette semaine des résultats semestriels exceptionnels marqués par des ventes et des bénéfices en hausse de l'ordre de 20 à 30%. Malgré les hausses des prix, la demande pour les produits de luxe reste intacte, sa fidèle clientèle étant insensible à l'inflation et à la dégradation de l'environnement économique.

Les grands groupes de luxe poursuivent leur ascension, comblant le ralentissement des ventes en Chine par des hausses en Europe et aux États-Unis, dans un secteur où ils ont pu monter les prix sans perdre leur clientèle, imperméables à la situation économique mondiale incertaine.

LVMH, Kering, Hermès, L'Oréal, Prada, Moncler: les groupes de luxe ont annoncé cette semaine des résultats semestriels exceptionnels, avec des ventes mondiales qui grimpent de 20 à 30% et des bénéfices dans la même lignée. "La demande est là", explique à l'AFP Arnaud Cadart, gérant de portefeuille chez Flornoy.

Une croissance plus forte du côté du sellier Hermès

Le groupe de luxe Hermès a annoncé vendredi un bénéfice de 1,64 milliard d'euros au premier semestre, en hausse de 39,7% sur un an grâce à une progression des ventes dans toutes les régions. Les ventes du sellier-maroquinier s'élèvent quant elles à 5,475 milliards d'euros, en hausse de 29% par rapport au premier semestre 2021, selon un communiqué. La marge opérationnelle courante est de 42,1%, "plus haut niveau historique", selon le gérant du groupe Axel Dumas.

De son côté, Kering s'est félicité jeudi de "très bonnes performances" au premier semestre affichant un bénéfice net qui frôle les deux milliards, en progression de 34% sur un an, grâce à des hausses de ventes en Europe et aux Etats-Unis, compensant le ralentissement en Chine. Les ventes du groupe dirigé par François-Henri Pinault ont totalisé entre janvier et juin 9,93 milliards d'euros, en hausse de 23% sur un an. Le résultat opérationnel courant de Kering s'élève à 2,82 milliards et sa marge opérationnelle courante est de 28,4% (contre 27,8% en 2021).

Le numéro un du luxe LVMH a pour sa part affiché un bénéfice de 6,5 milliards au premier semestre, soit un bond de 23% sur un an. Les résultats grimpent encore par rapport à la même période de 2021 dont les performances avaient déjà été qualifiées de "record" par le groupe.

Les ventes du groupe de Bernard Arnault, première fortune française selon le magazine Challenges et deuxième mondiale selon Forbes, se sont établies entre janvier et juin à 36,7 milliards d'euros (+28%). Le groupe aux "75 maisons" est porté par sa division phare, Mode et Maroquinerie, qui réalise à elle seule 18 milliards d'euros de ventes (+31%). Si le groupe ne détaille pas les performances financières de ses marques, il assure que "Louis Vuitton, Christian Dior, Fendi, Celine, Loro Piana et Loewe gagnent partout des parts de marché et atteignent des niveaux records de rentabilité".

Une clientèle du luxe moins sensible à l'inflation

Contrairement à la grande distribution, la clientèle du luxe est composée de personnes aisées, "les CSP+", des catégories "plus aisées qui sont moins sensibles à l'inflation, au risque de récession et aux craintes liées au ralentissement du marché du travail", selon lui.

Géographiquement, "tous les marchés sont en hausse, sauf la Chine qui est un peu en baisse", selon l'analyste. Ce que confirment les groupes : le luxe voit ses ventes augmenter aux États-Unis, au Japon et en Europe, compensant un rythme plus mou en Chine dû aux confinements pour lutter contre le Covid-19 au deuxième trimestre.

Les ventes de Prada ont bondi de 89% en Europe et de 42% pour Moncler grâce au retour des touristes, notamment des Américains qui bénéficient d'un dollar fort par rapport à l'euro.

"En Europe, on a aujourd'hui un quadruplement des ventes aux Américains par rapport à l'année dernière et on est au-dessus de 2019", a confirmé Jean-Marc Duplaix, directeur financier de Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga...) lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

La hausse du cours du dollar par rapport à l'euro est une aubaine pour l'industrie du luxe, qui produit majoritairement en Europe (en euros), en particulier en France et en Italie, mais qui vend partout dans le monde (en dollars).

Des "petits ajustements" sur les prix

"Nous estimons qu'en moyenne la zone euro représente (seulement) environ 15% du chiffre d'affaires total des entreprises européennes du luxe", estime une note HSBC mi-juillet. Le secteur bénéficie ainsi "d'un fort soutien des changes grâce à la dépréciation de l'euro".

Le numéro un mondial du luxe LVMH a vu son chiffre d'affaires décoller de 28% au premier semestre par rapport à la même période de 2021, franchissant ainsi les 36,7 milliards d'euros sur la période de janvier à juin. Un quart de cette progression est due à l'effet de change, selon le groupe. Face à la hausse du coût des matières premières et du transport, le secteur peut aussi se permettre de relever ses prix.

"Pour l'instant, les clients sont insensibles à cette hausse. Les ventes en France ont augmenté de 41%, un record", souligne Pierre Michaud, gérant chez Monocle, en évoquant la situation de la clientèle du groupe Hermès.

Chez LVMH, propriétaire entre autres de Louis Vuitton, Dior, Tiffany, "la plupart des marques ont augmenté leurs prix (...) de 3% à 7%", a expliqué le directeur financier Jean-Jacques Guiony, "principalement au premier trimestre". "Quand il y a récession, nous ajustons, et nous nous adaptons", explique-t-il.

Augmentation des coûts

Dans la même veine, un "petit ajustement, entre 3 et 5%" a été opéré chez Hermès "sur la bijouterie et l'horlogerie" pour tenir compte de "l'augmentation très forte du cours de l'or et de certains métaux", a expliqué le gérant Axel Dumas lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. Pierre Michaud, chez Monocle, remarque auprès de l'AFP que chez le sellier-maroquinier, "la hausse des prix dépasse largement la hausse des coûts".

Malgré un avenir économique mondial incertain, les grands groupes de luxe se disent confiants. Kering a même annoncé en juin vouloir doubler ses ventes Yves Saint Laurent à moyen terme pour atteindre les 5 milliards d'euros annuels et multiplier par 1,5 celles de sa marque-phare Gucci pour atteindre les 15 milliards d'euros.

Dans le même temps, Ferrari indiquait viser un chiffre d'affaires jusqu'à 6,7 milliards d'euros en 2026, ce qui constituerait un bond d'environ 40% par rapport aux recettes de quelque 4,8 milliards d'euros attendues cette année.

Prada en tête en Bourse

Malgré ces bons résultats et les rebonds de ces derniers jours, les groupes de luxe ont souffert en Bourse depuis le début de l'année, même si Prada s'en sort le mieux.

Voici les performances des grandes groupes cotés du luxe depuis janvier:

  • - Prada: -6,1%
  • - LVMH: -7,7%
  • - Hermès: -13,5%
  • - L'Oréal: -13,6%
  • - Richemont: -16,9%
  • - Kering: -21,3%
  • - Moncler: -24,3%

(Avec AFP)

S. S. - ©2022 BFM Bourse
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