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Lvmh : Le luxe européen sous pression avec la crise ukrainienne

La crise ukrainienne met le secteur européen du luxe sous pressionLa crise ukrainienne met le secteur européen du luxe sous pression

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les grandes griffes de luxe comme Louis Vuitton (groupe LVMH), Gucci (Kering) ou Cartier (Richemont) seraient lourdement impactées par d'éventuelles mesures de rétorsion des Occidentaux contre la Russie dans le contexte de la crise ukrainienne.

En Bourse, les valeurs du luxe ont clôturé lundi en net repli, comme l'ensemble des places européennes : LVMH a perdu 2,82%, Kering et Richemont 1,7%, Hermès 1,2%.

En Crimée, le chef de la flotte russe de la mer Noire a ordonné aux forces ukrainiennes de déposer les armes d'ici mardi matin. L'Ukraine a mobilisé ses réservistes dimanche et Washington a menacé d'isoler économiquement la Russie, dont le parlement a autorisé l'envoi de troupes si nécessaire.

En cas de rétorsions internationales contre Moscou, le luxe serait surtout touché via les dépenses des touristes russes hors de Russie, car ceux-ci représentent la deuxième clientèle touristique du luxe derrière les Chinois, selon le spécialiste de la détaxe Global Blue.

"Milan, Paris et Rome sont les principales destinations des acheteurs russes en Europe (...) Si, par exemple, la délivrance de visas devait être limitée, l'impact serait immédiat sur les produits de luxe mais aussi sur les hôtels et les restaurants", a déclaré à Reuters Arjen Kruger, senior vice-président de Global Blue.

La clientèle russe, qui aime surtout dépenser ses roubles à l'étranger, représente environ 5% à 7% du marché mondial des produits de luxe (hors hôtels, restaurants et services), selon les estimations d'Exane BNP Paribas.

"Des sanctions, si elles devaient affecter les voyages des touristes russes en Europe, auraient un impact négatif sur les groupes de luxe", souligne son analyste Luca Solca.

Avec un panier moyen de 356 euros par achat mais un nombre de transactions très élevé, les Russes représentaient en 2013 le quart des transactions détaxées relevées par Global Blue dans le monde (Europe, Asie-Pacifique et Amérique latine).

Le marché local, qui pourrait être impacté par une baisse de la confiance des consommateurs en cas de conflit en Ukraine, reste quant à lui encore relativement limité.

En Russie, les boutiques monomarques des grands noms du secteur représentent moins de 2% de l'ensemble de leur réseau mondial de magasins, selon Luca Solca.

Selon des estimations d'analystes, Louis Vuitton compte quatre boutiques en Russie sur un total de 470 au niveau mondial, Hermès deux (sur 305) et Gucci 5 (sur 408).

Kering a précisé que Gucci avait six magasins en Russie et un en Ukraine.

La croissance des dépenses des touristes russes a déjà nettement décéléré en 2013, avec une hausse de 13% nettement inférieure aux 30% enregistrés en 2012, en raison de la forte baisse du rouble face à l'euro et du ralentissement économique en Russie.

En janvier et février de cette année, le niveau de leurs dépenses était inchangé par rapport à la même période de 2013.

(Edité par Dominique Rodriguez)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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