(BFM Bourse) - Le groupe de luxe a publié son chiffre d'affaires du troisième trimestre, ce lundi 12 octobre, inaugurant le bal des publications du CAC 40.
Grand baromètre du luxe en raison de la diversité de ses métiers (maroquinerie, bijouterie, parfums…), LVMH livre en premier sa publication alors que son secteur traverse une passe difficile en Bourse.
L'indice paneuropéen "Stoxx Europe Luxury 10" chute ainsi de 25% depuis le début de l'année. Les acteurs ont subi les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui ont retranché environ 1 point de pourcentage de croissance à l'ensemble du secteur au deuxième trimestre, selon Deutsche Bank.
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Plus récemment, la Chine a connu autour de l'été un gros accès de faiblesse. Barclays rapportait que les ventes s'étaient détériorées par rapport au deuxième trimestre.
Dans une note publiée lundi, Bank of America juge que la demande mondiale de produit de luxe s'est réduite de 4 points de pourcentage au troisième trimestre par rapport au deuxième.
Plongeon des ventes en Asie
C'est dans ce contexte que LVMH a communiqué ce lundi 12 octobre ses ventes pour le troisième trimestre, inaugurant par la même le bal des publications du CAC 40.
Au vu des éléments décrits ci-dessus, les analystes s'attendaient à une copie sans relief de la part du groupe aux 75 maisons.
In fine, LVMH a généré des ventes de 18,5 milliards d'euros, traduisant une progression de ses ventes en données comparables de 1% après une progression de 3% au deuxième trimestre.
Dans la seule division mode et maroquinerie, qui représente environ 70% du bénéfice opérationnel de la société, le chiffre d'affaires a chuté de 5% en données comparables, alors qu'elle était revenue en croissance au deuxième trimestre (+1%).
Selon un consensus Visible Alpha cité par Bank of America, les analystes tablaient sur des revenus au niveau du groupe de 18,487 milliards d'euros, avec une hausse des revenus de 1,4% en données comparables.
Pour la seule division mode et maroquinerie, le consensus retenait une baisse de 2% mais certains analystes, comme Bank of America, étaient plus pessimistes, anticipant une chute de 4% en données comparables.
"LVMH n'a pas répondu aux attentes pour le troisième trimestre 2026 dans la division clef de la mode et maroquinerie", écrit Bernstein.
Parmi les autres divisions, la croissance a été portée par les "montres et joaillerie" (+6%), et la distribution sélective qui englobe notamment Sephora (+8%). Les vins et spiritueux ont affiché une croissance de 6% en données comparables tandis que les parfums et cosmétiques ont progressé de 1% en données comparables.
Par région, en Asie hors Japon, qui inclut la Chine, les revenus ont chuté de 5% en données comparables, après une hausse de 4% au deuxième trimestre.
Goldman Sachs optimiste
Le groupe a pu être pénalisé par une polémique en Chine liée à une bataille judiciaire avec la chaîne de thé locale Molly Tea. LVMH accuse l'entreprise d'avoir utilisé un motif floral trop proche de celui de sa marque Louis Vuitton.
Si le groupe français a eu raison devant la justice chinoise, les internautes chinois ont pris la défense de l'entreprise locale, des médias rapprochant la fleur du monogramme Vuitton de motifs visibles sur des objets datant notamment de la dynastie Tang. Certains internautes ont dès lors accusé la maison française de chercher à s’approprier, voire à "monopoliser", un symbole appartenant au patrimoine chinois.
Dans sa note "preview", Bank of America évaluait à un point de pourcentage l'impact de cette polémique sur les ventes trimestrielles de la division mode et maroquinerie.
"En net, il est juste de dire que cela (la controverse, NDLR) a eu un impact négatif au moins au début de la période (le troisième trimestre, NDLR)" même s'il "est difficile d'évaluer un impact précis", a déclaré la directrice financière, Cécile Cabanis, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.
Dans les autres régions, la croissance s'est établie à 5% aux États-Unis, après 6% au deuxième trimestre, à 6% au Japon (après 14%). La croissance a par ailleurs rebondi de 4% en Europe (après 0%).
"Dans l'ensemble, cette publication confirme un ralentissement de la dynamique de reprise, déjà fragile, observée en début d'année, et les questions qui se posent désormais portent sur la mesure dans laquelle ce phénomène est spécifique au secteur ou aux marques de la division mode et maroquinerie de LVMH", commente Royal Bank of Canada, dans une note.
La Bourse de Paris réagira mardi matin à l'ouverture aux chiffres communiqués par le géant mondial du luxe.
À la Bourse de New York, l'ADR - des certificats de dépôts qui permettent aux investisseurs américains de spéculer sur des groupes étrangers - de LVMH recule de 2,3% vers 18h.
La semaine dernière, dans une note dans laquelle la banque a initié sa couverture à l'achat sur la valeur, Goldman Sachs se montrait optimiste sur le potentiel du groupe à moyen terme. L'établissement américain table sur un rebond de la croissance de la division mode et maroquinerie à 4% l'an prochain après 0,9% en 2026.
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