(BFM Bourse) - Le numéro un français de la volaille a publié des comptes annuels nettement supérieurs aux attentes, portés par l'appétit des consommateurs français pour la viande de volaille et des œufs. LDC a profité de cette publication annuelle pour dévoiler sa feuille de route à cinq ans.
En 2025, la volaille est devenue la viande la plus appréciée dans l'Hexagone puisque chaque Français en a consommé en moyenne 31,7 kilogrammes sur l’année, dont 25,6 kilogrammes de poulet, selon les chiffres de l’association interprofessionnelle ANVOL.
Et cette appétit toujours plus grandissant pour la viande de volaille profite à LDC qui a dévoilé des comptes annuels "largement" supérieurs aux attentes, apprécie Oddo BHF.
Sur l'ensemble de son exercice passé, soit la période couvrant les mois de mars 2025 à fin février 2026, la société qui détient les marques Loué ou Marie a vu sa rentabilité s'apprécier sur un an.
À fin février, le résultat brut d'exploitation de LDC a progressé de 40% pour atteindre 719,7 millions d'euros, dépassant l'objectif de son plan quinquennal initialement fixé à 560 millions d'euros pour 2026-2027. Oddo BHF remarque aussi que le spécialiste de la volaille a explosé le consensus (la prévision moyenne des analystes) logé à 630 millions d'euros.
Le résultat opérationnel courant suit le même chemin, et affiche une hausse de 34,5% sur un an, à 427 millions d'euros contre 317,6 millions d'euros un an auparavant.
La marge correspondante est ainsi ressortie à 5,9% sur la base d'un chiffre d'affaires, déjà publié en avril, de 7,28 milliards d'euros à fin février 2026. Ce qui représente une nette amélioration par rapport à la marge de 5% dévoilée sur le précédent exercice, et surtout elle dépasse aussi largement les anticipations du marché (5,2%).
L'international en soutien
Dans le détail, le résultat opérationnel courant du pôle Volaille France a progressé de 17% en 2025-2026, à la faveur des revalorisations tarifaires. "L’activité bénéficie notamment du décalage de quelques mois entre les revalorisations tarifaires et leur répercussion progressive aux acteurs de la filière avicole", ajoute Oddo BHF.
À l'international, le résultat opérationnel courant de LDC a fortement progressé, passant de 40 millions d'euros en 2024-2025 à 100 millions d'euros à fin février 2026.
Le spécialiste de la volaille met en avant "une bonne tenue de la consommation de volaille en Europe associée à la croissance des volumes vendus, à la hausse des prix de vente et aux bonnes performances industrielles".
Du côté du pôle Traiteur, la performance s'avère "plus décevante", remarque TP ICAP Midcap, bien que conforme à ses attentes avec un résultat opérationnel courant de 35 millions d'euros en hausse de 5,5 millions d'euros mais dont 10,7 millions d'euros proviennent de Pierre Martinet, intégré au groupe depuis le 1er juin 2025.
Un peu plus bas dans les comptes, le résultat net part du groupe est en progression de 32% à 321 millions d'euros contre 304,4 millions d'euros à période comparable.
Autre motif de satisfaction, la génération de cash, avec un flux de trésorerie libre à 227 millions d'euros contre 131 millions d'euros l’an passé, apprécie TP ICAP Midcap qui pointe une dégradation de la trésorerie nette, en raison des acquisitions de Pierre Martinet et de Green Label sur la période.
"Si nous espérions une bonne surprise, nous ne l’attendions pas d’une telle ampleur", s’enthousiasme l'intermédiaire financier qui n'avait pas feint son optimisme à la veille de cette publication. Le bureau d'études avait alors estimé que LDC était en mesure de "surprendre positivement" le marché à l'occasion de ses résultats annuels.
À la Bourse de Paris, le titre du propriétaire des marques Marie, Le Gaulois ou Loué progresse encore de 5,6% à 118 euros, vers 11h30 ce jeudi 28 mai.
Cap sur les 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires
Pour l'exercice 2026-2027, LDC vise un chiffre d'affaires de 7,7 milliards d'euros et une marge opérationnelle courante supérieure à 5,5%.
Le groupe se dit vigilant, citant une prudence imposée par le contexte géopolitique actuel et son impact sur le prix des carburants et des principaux intrants (matières premières, emballages, …).
"Des revalorisations de prix ont été obtenues, en France au début d’année, de l’ordre de 3% en volaille, toujours en soutien à la filière avicole et de 1 à 1.5% pour l’activité traiteur avec une reprise de référencements de la marque Marie dans les plats préparés qui devrait soutenir les volumes du pôle cette année", détaille Oddo BHF.
TP ICAP Midcap indique se positionner "au-dessus de ces objectifs" et se dit confiant pour que le groupe les dépasse".
LDC a aussi profité de l'annonce de ses résultats pour formuler ses ambitions pour les cinq prochaines années. Ce nouveau plan doit permettre à LDC de franchir le cap des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et d'afficher un résultat opérationnel courant de 550 millions d'euros à l’issue de l’exercice 2030-2031.
"Ces objectifs sont légèrement supérieurs à nos attentes alors que le groupe a pour habitude de présenter des objectifs prudents", fait valoir LDC.
Cette feuille de route s'appuie sur un net développement du pôle Amont, en vue de dépasser les 800 millions d'euros de chiffre d’affaires consolidé dont 500 millions d'euros dans les activités œufs.
LDC prévoit que son pôle Volaille dépasse les 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et une croissance de 20% ainsi qu'un doublement des revenus à l’International à cette échéance. Le groupe entend mener des opérations de croissance externe, en renforçant sa présence sur les marchés dans lesquels il est déjà implanté sans exclure d’éventuelles opportunités dans de nouveaux pays en Europe.
Pour TP ICAP Midcap, qui reste à l'achat sur le dossier, l'enjeu sera concentré sur le pôle Traiteur qui vise 1,5 milliard d'euros de chiffre d’affaires avec une transformation de l’organisation et une volonté de se diversifier dans les pâtes fraiches.
Selon Oddo BHF, LDC devrait maintenir une stratégie de croissance rentable, aidée par le développement des capacités, l’amélioration des performances industrielles et l’expansion géographique via des opérations de croissance en Europe, en priorité sur ses marchés existants.
"La valorisation fait ressortir une prime limitée d’environ 3% en cours/bénéfice par action par rapport à la moyenne sur 10 ans, ce qui nous paraît insuffisant au regard du renforcement des fondamentaux et de perspectives globalement rassurantes", pointe le bureau d'études qui maintient sa recommandation à surperformance, tout en remontant son objectif de cours augmenté à 130 euros après cette publication et les messages "rassurants" de la direction sur les perspectives à court et moyen terme.
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