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Futuren : "Notre capitalisation est loin de refléter la valeur créée"

Fady KhalloufFady Khallouf

(Tradingsat.com) - Après avoir longtemps défrayé la chronique lorsqu’il s’appelait Theolia, Futuren est aujourd’hui un groupe aux finances assainies, avec un modèle économique devenu vertueux, affirme son Directeur Général Fady Khallouf, pointant la faible valorisation de l’entreprise en Bourse.

Tradingsat.com : Theolia n’a pas laissé que des bons souvenirs aux actionnaires. Futuren est-il vraiment différent ?

Fady Khallouf : La société était en situation de faillite technique en 2010. Elle perdait de l’argent à cause de coûts de structure trop importants, les activités opérationnelles n’avaient pas de synergies entre elles en raison d’une accumulation d’acquisitions faites de manière désordonnée dans des secteurs d’activité différents. Plus des deux tiers du chiffre d’affaires provenaient de la vente de projets éoliens, activité très cyclique, alors que les ventes d’électricité étaient très minoritaires. La situation d’aujourd’hui est à l’exact opposé avec des ventes d’électricité très rentables qui représentent 86% de nos revenus en 2015. Futuren affiche un profil prévisible avec un chiffre d’affaires largement récurrent, basé sur des prix garantis sur 15 à 20 ans.

Tradingsat.com : Sans dévoiler les résultats 2015, Futuren est-il rentable ?

Fady Khallouf : La pente de nos résultats opérationnels est positive depuis 2010. Nous sommes passés d’un EBITDA négatif à un EBITDA largement positif, avec une marge qui atteint aujourd’hui 54%, parmi les meilleures du secteur. Au premier semestre, la marge de la seule activité de vente d’électricité dépassait 70%. Elle compense ainsi la rentabilité plus faible des activités de développement par définition consommatrices d’investissement. D’une manière générale, la production d’électricité est une activité à forte intensité capitalistique, qui nécessite de mobiliser des fonds propres. C’est pour répondre à cette contrainte que nous avons créé en 2011 un véhicule d’investissement (TUIC), détenu à 40%, les 60% restants étant détenus par des groupes d’utilités à capitaux publics suisses et allemands. En retrouvant de la flexibilité financière, nous avons pu mettre en service de nouveaux parcs éoliens et faire croître nos ventes d’électricité.

Tradingsat.com : A combien se monte votre endettement aujourd’hui ?

Fady Khallouf : Sur la base des comptes semestriels 2015, après donc la restructuration intervenue en décembre 2014, qui a permis de diviser par deux la dette obligataire, l’endettement net de Futuren s’élevait à 128 millions d’euros, avec un endettement brut de 117 millions d’euros de dette de financement de projets et 67 millions d’euros de dette obligataire. Notre endettement ne constitue plus un problème aujourd’hui. Il représente environ 4 fois l’Ebitda alors qu’il est communément admis que ce ratio peut aller jusqu’à 7 ou 8 dans le secteur des infrastructures dont la rentabilité et le rendement sont appréciés sur 20 ans. La dette qui finance les parcs qui produisent de l’électricité est adossée aux actifs et est garantie par les cash flows d’exploitation de ces parcs. Dans le passé, ce qui posait un problème, c’était cette dette obligataire, en face de laquelle il n’y avait pas d’actifs.

Tradingsat.com : Vous devez pourtant encore payer des échéances sur la dette obligataire restante.

Fady Khallouf : La restructuration de la dette obligataire s’est effectuée de deux manières. D’une part, les 60 millions d’euros de l’augmentation de capital réalisée sont allés en totalité au remboursement de la moitié de la dette obligataire. En parallèle, nous avons négocié avec la masse des créanciers un échelonnement du remboursement de ce qui restait sur cinq ans. Les échéances ne devraient pas poser de difficulté si Futuren poursuit sur cette même lancée de redressement de ses résultats.

Tradingsat.com : Les progrès du premier semestre 2015 seront-ils confirmés par la suite ?

Fady Khallouf : Pour la première fois de son histoire depuis sa création en 1999, le groupe a pratiquement atteint l’équilibre en termes de résultat net au premier semestre 2015, avec une perte ramenée à -400 000 euros. Ce n’est pas conjoncturel, mais le strict effet de l’amélioration de notre modèle économique. Cela veut dire aussi que plus on développera l’activité de vente d’électricité pour compte propre, plus la rentabilité s’améliorera. Nous sommes par conséquent sur la bonne trajectoire pour réaliser des profits et l’on peut raisonnablement penser que le second semestre 2015 a vu notre rentabilité s’améliorer avec notamment les premières contributions positives d’un nouveau parc de 21 mégawatts. La tendance devrait encore s’accélérer en 2016 avec la mise en service de nouveaux projets : un chantier est en cours de construction pour 18 mégawatts et un deuxième de 13 mégawatts devrait ouvrir dans quelques semaines.

Tradingsat.com : L’éolien peut-il vraiment devenir (très) rentable ?

Fady Khallouf : Chez Futuren oui. Nous avons su imaginer la croissance à coûts de structure constants. Dans le modèle économique des sociétés d’infrastructure, toute hausse du chiffre d’affaires s’accompagne d’une croissance des coûts structurels - à ne pas confondre avec les coûts d’exploitation, de maintenance. Le modèle mis en œuvre par Futuren depuis 2010 est un modèle de groupe intégré. Les équipes des filiales en Allemagne, en France, en Italie, au Maroc sont intégrées. Les achats de turbines, le processus industriel, le contrôle de gestion, le savoir-faire des ingénieurs, tout est intégré. Les coûts de structure de Futuren n’ont cessé de diminuer depuis 2010 alors que le parc éolien s’est développé. C’est une réalité que le marché boursier n’a pas encore bien perçue.

Tradingsat.com : Futuren est sous-valorisé selon vous ?

Fady Khallouf : Le décalage entre l’amélioration des fondamentaux de l’entreprise et la façon dont le marché la valorise est de plus en plus important. Nous pâtissons toujours en termes d’image des mésaventures de l’ancien Theolia, des mauvaises décisions d’investissement passées, qui ont nuit fortement à la rentabilité du groupe et à son image. Aujourd’hui, la capitalisation boursière de l’entreprise est loin de refléter la valeur créée au cours des dernières années. L’action Futuren est malmenée malgré la régularité et la visibilité démontrée de notre activité.

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